♥ Harry Potter and the Philosopher’s Stone – J. K. Rowling

[Chronique de janvier 2015]

Mr and Mrs Dursley, of number four, Privet Drive, were proud to say that they were perfectly normal, thank you very much.

 HP1Il est toujours plus facile de pointer les faiblesses que les qualités, mais dans le cas d’Harry Potter, si je veux pointer les qualités, je dois montrer le livre en entier… Alors essayons !

Revenons au commencement du mythe : la famille Dursley est parfaitement heureuse dans son train-train ordinaire, sans histoire. Leur vie bien rangée est tout à coup bouleversée, suite à une journée étrange où des feux d’artifice éclatent dans tout le pays, des hiboux et des chouettes sortent en plein jour, des énergumènes mal attifés inondent les rues. Le lendemain, Vernon et Petunia trouvent sur leur seuil leur neveu Harry, du même âge que leur fils Dudley. Et ce qu’ils craignent va se réaliser dix ans plus tard : lors du onzième anniversaire de Harry, un homme immense et bourru vient lui délivrer une lettre et lui annonce que tout comme ses parents, il est un sorcier, et qu’il est attendu à l’école Poudlard…

Ces premiers chapitres me procurent toujours des frissons. Je me revois à l’âge de Harry (ou presque), en train de découvrir ce roman pour la première fois, m’émerveiller, et espérer tellement, tellement fort recevoir la même lettre (si Poudlard est trop loin je veux bien aller à Beauxbâtons, mais j’anticipe sur les livres là). Le premier tome de la saga magique de J. K. Rowling sait toujours aussi parfaitement me replonger en enfance, bien qu’à l’époque je lisais la traduction et que cette énième relecture s’est faite en VO. Dès la première page, on est saisie par l’humour de J. K. Rowling et par sa façon de raconter les histoires. Son style est vivant, détaillé juste ce qu’il faut, précis dans les mots choisis, et absolument délicieux. C’est un vrai bonheur à lire.

Before we begin our banquet, I would like to say a few words. And here they are: Nitwit! Blubber! Oddment! Tweak! Thank you.

HP1 2J’avais déjà constaté en relisant le dernier tome en anglais que son écriture n’est pas du tout « facile » comme certains de ses détracteurs veulent le faire croire. Ça se sent peut-être un peu moins dans la traduction, mais je trouve ça très clair dans la VO. Elle fait des phrases bien construites, utilise du vocabulaire varié et adapté, quelquefois familier (Blimey !) et d’autres fois beaucoup plus soutenu. C’est en tout cas so British et ça j’adore ! C’est pour cette raison que je voulais absolument une édition britannique et non pas américaine vu que les éditeurs outre-Atlantique ont jugé utile de modifier certains passages pour livrer une langue plus américaine qu’anglaise, ce que je pense être une aberration… Et j’ai choisi Bloomsbury parce que 1) les couvertures sont canons et 2) c’est l’éditeur original de la saga. Bref, sans ce style propre à J. K. Rowling, sans ses talents d’écrivain et de conteuse, Harry Potter ne serait pas ce qu’il est. Elle n’a pas « seulement » eu de bonnes idées pour son histoire, elle a également su l’écrire à la perfection.

I hope you’re pleased with yourselves. We could all have been killed — or worse, expelled.

Harry Potter 1Passons à l’intrigue, également parfaite (comment ça cette chronique n’est absolument pas objective ? Et alors ?) Comment ne pas être pris dans les mailles du filet dès le premier chapitre ? Elle sème des miettes de l’univers des sorciers, présente trois persos majeurs, l’environnement qui sera celui d’Harry pendant 10 ans… J’avais été kidnappée lors de ma première lecture, et les nombreuses relectures n’y changent rien, je suis toujours ensorcelée par cette histoire. Chaque chapitre apporte de nouveaux éléments. On ne s’ennuie pas une seconde, pas une phrase. La galerie des personnages est diversifiée, et ses éléments sont si bien croqués qu’on en vient rapidement à oublier qu’ils n’existent pas. Ils font partie de nous, t c’est en grande partie pour cela qu’on a tant de mal à se détacher de cette saga. Comment oublier l’humour des jumeaux Weasley, Hagrid et sa manie des bestioles, la malice de Dumbledore, l’amitié qui lie Harry, Ron et Hermione ? Chaque fois que je dois poser le livre, chaque fois que je finis un tome, chaque fois que je pense à cette série, j’ai toujours un pincement au cœur et une bouffée de joie qui m’envahissent, et l’envie me prend de replonger dans les livres.

There are some things you can’t share without ending up liking each other, and knocking out a twelve-foot mountain troll is one of them.

Je ne m’en étais pas rendue compte lors de mes premières lectures et relectures vu que je n’avais pas de vues d’ensemble sur la saga, mais J. K. Rowling a vraiment parfaitement organisé ses sept tomes. Rien n’est laissé au hasard, et dès le premier tome, des éléments nécessaires à la compréhension du dernier sont donnés. Quant à l’idée de suivre les personnages sur cette année, de suivre Harry sur son adolescence (grosso modo), n’est pas originale mais elle est tellement bien exploitée… Certes, je n’ai pas découvert ce livre étant adulte, mais j’ai vraiment du mal à croire que si je l’avais découvert cette année seulement, je l’aurais moins aimé. Au contraire, je suis persuadée que j’aurais adoré, et que je me serais collé des baffes de ne pas l’avoir lu étant jeune, pour être encore davantage émerveillée. De toute façon, je ne comprends pas que certaines gens apprécient d’autres lectures de l’Imaginaire mais pas cette saga.

It does not do to dwell on dreams and forget to live, remember that.

LogolectureanglaisThe Philosopher’s Stone est magiquement dosé entre la découverte de l’univers, la présentation des personnages, le fantastique, l’aventure, le suspense, l’humour, l’émotion… Tout y est ! Sauf peut-être l’amour et le sexe, mais chaque chose en son temps, les héros ont 11 ans quand même. Voyons voir pour mes passages préférés… Quand Harry apprend qu’il est un sorcier. Quand il arrive à Poudlard. Quand il découvre son talent au Quidditch, et quand il joue son premier match (j’ai toujours adoré les chapitres consacrés aux matchs de Quidditch, moi qui ne suis pas sportive pour deux sous !). Quand il reçoit ses premiers cadeaux de Noël. Quand il contemple le miroir du Riséd. Quand il franchit une à une les épreuves pour atteindre la pierre aux côtés de Ron et Hermione. Quand Gryffondor gagne la Coupe. Tous ces beaux moments, je les vis par procuration grâce au talent inestimable de J. K. Rowling.

To the well-organized mind, death is but the next great adventure: filled with fun, majesty, and a bit of mischief.

Je prends de l’âge en même temps que le temps poursuit sa course, et de plus en plus je pense au moment où je pourrais faire découvrir ce livre, et les suivants, à mes enfants. Je n’ai pas été accompagnée dans ma découverte de la lecture, et encore moins dans celle d’Harry Potter, et cette solitude a en grande partie forgé ma personnalité. Pour rien au monde je ne manquerai le bonheur de lire ce premier tome avec mon fils ou ma fille. J’ai tellement hâte, vous n’avez pas idée. J’arrête là ma chronique, sinon je vais pleurer.

(Mon édition est celle de la première image, la réédition Bloomsbury (britannique) en collection jeunesse. J’ai beaucoup hésité à prendre la Scholastic (américaine) parce que les couvertures et le coffret sont magnifiques aussi, mais je me suis finalement tournée vers Bloomsbury parce que Scholastic modifie un peu le texte pour qu’il fasse plus « américain »…)

[En « bonus », ci-dessous, un article écrit après une relecture antérieure, en janvier 2012]

https://i0.wp.com/sans-grand-interet.cowblog.fr/images/HarryPotter/HarryPotter1stgeneration6.jpgBon, je n’ai pas de tome préféré dans Harry Potter, mais le premier a évidemment une place particulière dans mon cœur ! Rendez-vous compte (mais vous vous en rendez compte pour la plupart, je le sais), j’avais dix ans quand je l’ai lu, donc j’avais encore mes chances de la recevoir, cette fichue lettre par hibou postal ! Le contraste entre la vie monotone, insipide et tellement moldue des Dursley avec la découverte de la magie est tout simplement un trait de génie. L’écriture de J. K. Rowling tape juste à chaque fois. Quand elle décrit quelque chose, il y a un but précis. Par exemple, les traits physiques des personnages en disent long sur leur caractère. Ce qui me fait penser que nous devrions tous remercier Jean-François Ménard, le traducteur de la saga, qui a fait de l’excellent travail. Merci monsieur ! Dès le début, on découvre également une chose qui restera tout le long de la saga (même si c’est un peu moins présent dans les tout derniers tomes) : l’humour. Qu’est-ce que je peux rire en les lisant ! Des choses simples, de la vie de tous les jours, des petites chamailleries, des vannes, des situations cocasses, Ron qui parle la bouche pleine, Hermione qui en est outrée…

https://i2.wp.com/sans-grand-interet.cowblog.fr/images/HarryPotter/product9782070643028244x0.jpgDans ce premier tome, il ne semble pas y avoir de prime abord un fil conducteur, mais Poudlard est rythmé par différents évènements qui donnent toute sa saveur au roman. Halloween, le Quidditch, Noël, … C’est un livre court, mais il s’y passe tout de même plein de choses ! On nous décrit la fabrication d’une potion, la façon de lancer un sortilège (Wingardium Leviosa !), les règles du Quidditch… Impossible de ne pas trouver cela passionnant (à mon avis, hein). La tension monte à la fin, on se demande comment les trois héros vont s’en sortir, même s’ils se sont débarrassés d’un troll, là c’est autre chose, on sent, on devine que quelque chose de bien pire va se trouver tout près de la Pierre philosophale. Moi qui suis une quiche en logique et énigmes (je suis également très nulle aux échecs), je suis restée soufflée devant l’énigme de Rogue, avec ses potions. Très intelligent ! Dès ce premier tome, Hermione est l’un de mes personnages préférés. Peut-être parce que c’est une fille, tout simplement. A la fin, on en apprend plus sur la signification de la cicatrice de Harry, et tous les évènements étranges de l’année sont expliqués, grâce à Dumbledore. Ce schéma dans l’histoire se répète à peu près dans chaque tome : l’été chez les Dursley, l’année à Poudlard avec ses aventures, la résolution du mystère avec les explications du directeur de Poudlard et puis le retour par le train. Plus on avance dans les tomes, plus il y a d’accrocs dans ce schéma, mais quand même.

Pour moi, c’est un premier tome vraiment réussi, parce qu’il donne envie de lire la suite irrésistiblement. J. K. Rowling, en commençant à écrire HP, croyait faire de la littérature adulte, mais ce sont les jeunes lecteurs qui se sont emparés de ses livres. Sur ce coup-là, elle a été prétentieuse je trouve, mais ça explique que dès le premier tome il y ait des choses un peu effrayantes (attendez, la tête de Voldemort à l’arrière du crâne de Quirell, ça fout les chocottes !). Ce genre de choses n’empêche pas que ce soit de la littérature jeunesse. Je trouve que dans ce type de romans, les plus intéressants sont ceux qui intègrent ce genre d’éléments. Ainsi, ces livres aident à avancer doucement vers l’âge adulte, en confrontant le jeune lecteur avec l’idée de mort, de souffrance et autres trucs fort sympathiques. Je pense que je n’ai pas dit tous les commentaires que je pourrais avoir à en faire, mais tant pis.

https://i1.wp.com/sans-grand-interet.cowblog.fr/images/HarryPotter/affpjpgr640600b1D6D6D6fjpgqx20020807071510.jpgTant que je suis là, j’en profite pour vous dire (au cas où vous ne le sauriez pas) que les quatre premiers livres sont sortis en livres audio. La lecture est faite par Bernard Giraudeau, et il est absolument génial. Il adapte sa voix aux différents personnages, c’est un vrai plaisir de l’entendre. J’écoute souvent un chapitre quand j’ai un long trajet à faire à pied, ça fait passer très agréablement le temps ! Je suis très triste que cet excellent narrateur soit décédé. Apparemment les livres audio n’ont pas été continué, je n’ai jamais trouvé le 5. Bref, c’est une façon agréable de découvrir ou redécouvrir cette fantastique saga !

Maintenant, passons aux choses plus épineuses : le film. Nan je plaisante, le premier est très bien. Tout à fait sérieusement, je ne trouve rien à lui reprocher, rien rien rien. Certains disent qu’il est trop fidèle au livre, ce qui pourrait effectivement être ennuyeux si le livre était chiant ou très psychologique, ou qui ne tire son intérêt que de l’écriture de l’auteur (je pense notamment à Flaubert, avec Madame Bovary. Le roman est très intéressant, mais j’ai vu un film adapté, c’était à mourir d’ennui !). Mais là, le film retransmet parfaitement la magie du livre. On sent tout au long l’atmosphère de Poudlard. Et la musique composée par John Williams est absolument parfaite, aucune autre n’aurait collé aussi bien. Les lieux choisis pour tourner Poudlard sont magnifiques, sans eux impossible de recréer cette atmosphère particulière. Les jeunes acteurs, y compris Daniel Radcliffe (Harry Potter), Rupert Grint (Ronald Weasley) et Emma Watson (Hermione Granger), ne jouent pas toujours très bien, mais c’est compensé par le fait qu’ils ressemblent très exactement à la description du roman (hormis les yeux bleus de Daniel Radcliffe) (et ce qui ne sera pas forcément le cas quand ils auront grandi) et par les acteurs adultes qui sont géniaux. Je pense surtout à Richard Harris (Albus Dumbledore), malheureusement décédé en 2002, à Maggie Smith (Minerva McGonagall), cette fantastique écossaise, et à Alan Rickman (Severus Rogue), qui est un acteur que j’admire beaucoup. Je suis très contente que Chris Columbus ait tant aimé les livres et qu’il ait eu à ce moment des enfants encore jeunes, c’est ce qui fait qu’il est resté fidèle au livre. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui, dans les bonus du coffret blu-ray. Les bonus du premier film sont très sympathiques, ce sont surtout des scènes coupées (je les avais déjà vues mais c’est pas grave), les bandes-annonces et des entretiens avec le réalisateur, un producteur et le scénariste. J’ai pris beaucoup de plaisir à les regarder. Vous l’aurez compris, j’adore ce film.

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