Un heureux évènement (2011)

 

 

 

[Chronique de décembre 2011]

Voici un film que je suis allée voir seule, après avoir lu le livre cet été. Je m’y suis intéressée après avoir vu Le premier jour du reste de ta vie du même réalisateur, Rémi Bezançon, qui m’a beaucoup plu. J’ai vu que son nouveau film allait bientôt sortir, alors j’ai acheté le livre d’Eliette Abécassis, Un heureux évènement donc, dont s’inspire le film. L’article portera à la fois sur le livre et sur le film en fait. L’histoire m’intéressait car j’aime beaucoup les enfants, et c’est bien le sujet d’Un heureux évènement : l’arrivée d’un petit être dans la vie d’un couple.

Un heureux évènementLa lecture du roman m’avait laissée un peu (voire complètement perdue). Je m’y attendais pourtant, mais cela n’a pas suffi. L’histoire porte sur l’envers du décor, la façon dont cet « heureux évènement » aux dires de notre société peut s’avérer une véritable calamité pour le couple. Est abordée toute une facette de la maternité dont on ne parle jamais, ou peu, et à mots couverts. Il y a une phrase dans le livre qui dit clairement (même si les mots ne sont pas exactement les mêmes, je ne me souviens plus) « l’enfant tue le couple ». Ce n’est pas toujours vrai bien sûr, mais ça arrive, et c’est tu, parce qu’un enfant, c’est censé être la plus belle chose au monde, il n’est pas supposé apporté une quelconque souffrance (oui l’accouchement ce n’est « qu’un mauvais moment à passer », vite oublié apparemment, et le pire c’est que je pense vraiment que les femmes ont une sorte de capacité d’oubli pour ce type de souffrance, elles ne s’en rappellent que périodiquement, parce que ça vient dans la conversation !). Pourtant il y a effectivement des parents qui rompent après la naissance d’un enfant, ou qui se perdent eux-mêmes, oublient leur couple dans l’amour absolu et infini qu’ils portent au petit bout de chou. Il y a également de très beaux moments dans le film, plein d’amour et de tendresse, et de l’humour parfois aussi. Je regrette un peu que la grossesse soit assez mise de côté, comme s’il n’y avait pas de bons moments. L’accent est trop mis sur les côtés négatifs qui en découlent, ce qui n’est pas fait après la naissance de la petite. Ça aurait rendu le film encore plus réaliste de mettre à chaque fois les bonnes et les mauvaises choses, tout en insistant bien sûr sur les aspects négatifs puisque c’est le but. C’est plutôt un film « de fille », je n’ai vu aucun homme dans la salle qui ne soit accompagné d’une femme, les personnes venues seules voir le film était des femmes.

Le livre m’avait réellement heurtée malgré mon désir de le lire. En même temps, j’étais très seule à ce moment-là, et comme c’est un tout petit roman je l’avais lu d’une traite, un après-midi, ce qui a peut-être accentuée mon malaise. J’étais restée longtemps à réfléchir après l’avoir fini, et je pense que c’est tout  fait le but de l’auteure. La narration est faite par la mère, qui saute d’un moment à un autre, créant ainsi une confusion propre à nous faire comprendre ce qu’elle ressent. Les mots sont clairs, l’auteure va droit au but pour nous montrer cette facette ignorée (dans les deux sens du terme) des parents et futurs parents. Je ne pense pas que l’objectif est de dégoûter d’avoir des enfants, mais de prévenir, de prendre soin tout à la fois des différents membres de la famille qui se construit, et pas que de l’enfant. L’écriture est simple à suivre, ce qui la rendrait ennuyeuse si le texte n’était pas si court. Certains sentiments pourraient également être plus étudiés, mieux approfondis pour toucher davantage.

C’est bien le même genre que Le premier jour du reste de ta vie, mais je ne suis pas sûre qu’Un heureux évènement plaira à ceux qui avait aimé le premier film, car ce n’est tout de même pas un sujet identique, et ce n’est pas abordé de la même manière, bien que j’aie retrouvé le style de réalisation de Rémi Bezançon. Pio Marmai ne me convainc décidément pas. Son jeu est exactement le même dans Le premier jour du reste de ta vie et dans Un heureux évènement, alors que les deux rôles sont très différents. En revanche, Louise Bourgoin retranscrit tout à fait le malaise que j’avais ressenti à la lecture, dans ce récit d’une mère qui aime profondément sa fille, mais qui voit toute sa vie se déliter à caused e son nouveau centre du monde. Le film est en cela une très bonne adaptation, même si certains aménagements ont été pris par rapport au roman. Tout comme lui, il laisse mal à l’aise, à se demander si avoir un enfant est une si bonne idée, malgré tout le désir qu’on puisse ressentir.

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Une réflexion sur “Un heureux évènement (2011)

  1. J’ai vu le film il y a quelques mois, j’avais un ressenti assez similaire (il y a un mini billet ^^).
    Un film qui fait réfléchir ! Je dois encore lire le roman par contre !

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