Harry Potter & I

[Article publié pour la première fois en janvier 2012]

Cet article a pour but d’explorer mon rapport à Harry Potter, vous expliquer un peu pourquoi cette saga a une telle importance pour moi. Les trois premiers tomes m’ont été offerts alors que j’avais dix ans, durant l’été avant mon entrée au collège. Je m’en souviens très bien (alors que ma mémoire « personnelle » est très vague, voire défaillante en général), j’étais en vacances dans le Centre chez mes grands-parents. Mon grand-père était encore en vie, et avec ma grand-mère ils profitaient de leur retraite au soleil, avant tous les évènements qui ont amputé ma famille de plusieurs de ses membres. Je crois bien que c’était la première fois qu’on allait chez eux avec mon beau-père, mes parents devaient être des jeunes mariés à ce moment-là. Tout allait bien donc, sauf que j’étais angoissée par mon changement d’école et la situation avec mon père se dégradait. J’avais sauté une classe, passant directement du CE1 au CM1, j’allais donc perdre tous mes amis que je connaissais depuis la maternelle en arrivant au collège, j’en avais peur, je savais que ce ne serait pas pareil que dans notre toute petite école primaire communale. Quand ils entreraient, je serai en 5ème, ce ne serait plus pareil (et j’avais bien raison). Je m’ennuyais un peu là-bas, il n’y avait pas grand-chose à faire, et je me lassai vite de chercher des escargots dans les haies avec mon petit frère pour faire un élevage.

J’étais assise par terre, dans le salon-salle à manger, sur le tapis plein de motifs floraux et en arabesque, quand ma grand-mère m’a donné un paquet-cadeau. En l’ouvrant, je découvris les trois premiers tomes de Harry Potter dans la collection Folio junior, en petit format. Je ne connaissais pas, évidemment. Je ne lisais pas vraiment, très peu. J’avais lu quelques livres de la bibliothèque bleue, les Cadichon notamment, et quelques aventures du Club des Cinq, mais ça ne me passionnait pas plus que ça. Je ne sais pas pourquoi je les ai lus. Sûrement que j’y ai été encouragée, et que je m’ennuyais plus que je ne le croyais. Il a fallu deux chapitres pour que je plonge. Comme dans une drogue, je m’en souviens parfaitement. J’ai lu, lu, lu encore et encore. Deux jours plus tard, on remontait la France pour rentrer, et je terminais dans la voiture Le Prisonnier d’Azkaban. Ma mère s’inquiétait que je ne vomisse en route, elle-même ne peut pas lire en voiture sans avoir mal au cœur, mais je suis immunisée (ça a ses avantages d’avoir une mauvaise ouïe, car c’est le décalage entre ce qu’on voit et ce que nos oreilles perçoivent en voiture qui provoque les nausées apparemment).

Ma grand-mère, en me voyant dévorer ces livres, m’avait dit avant qu’on ne reparte qu’il existait un tome 4. En refermant le 3, je me sentais désespérée : je n’avais pas le 4, elle ne l’avait pas acheté parce qu’il n’existait encore qu’en grand format. Et puis un souvenir est remonté dans ma tête. Je voyais dans mon armoire un gros livre à la couverture orange. Quelqu’un de la famille de la copine actuelle de mon père me l’avait offert pour Noël. Je ne l’avais pas ouvert. Je ne me rappelais plus du titre, mais j’en étais certaine, c’était ça. Sans prendre le temps de récupérer mon sac d’affaires, j’ai couru à l’étage lorsque nous sommes arrivés à la maison. Et il était bien là. J’étais tellement, tellement heureuse ! Je n’avais jamais connu ça, cette exaltation, cette attente récompensée par un plaisir infini, cet abandon de soi dans un roman. J’ai dévoré ce quatrième tome, puis je me suis renseignée sur la suite. Malheureusement, il me fallut attendre encore deux ans pour que le tome 5 sorte. Mais j’étais partie dans le monde de la lecture, j’ai lu tout ce qu’on avait à la maison de livres jeunesse.

Quand j’ai eu tout fini, j’en ai demandé d’autres à ma mère, qui m’en a acheté quelques uns, puis voyant que je les lisais à une vitesse folle, décida de me donner de l’argent de poche une fois par mois, et que j’achèterai mes livres avec ça. Autant dire que je ne pouvais pas acheter grand-chose avec 50F, devenus 8€… Alors j’empruntai à la bibliothèque du collège, je m’y inscrivis au club des Incorruptibles qui était à un club de lecture, et je commençai à relire les Harry Potter. Quand les suivants sortirent, je les eus toujours le jour de leur sortie en France. Mon beau-père allait exprès dans la grande ville la plus proche de chez nous pour me l’acheter après son travail. Mes parents se moquaient de moi au lycée, quand j’attendais, toute frétillante, le prochain tome. Je me revois encore, assise dans l’escalier de l’entrée, à attendre qu’il rentre à la nuit tombée. Ils se moquaient, mais ils me l’ont toujours acheté. Je n’ai jamais payé un Harry Potter, c’était comme un contrat tacite entre nous. Le 7, ils me l’ont même acheté en anglais le lendemain de sa sortie au Royaume-Uni, à la Fnac de Caen, pendant les vacances d’été. Le 5, j’avais mis une nuit et un jour à le lire. Presque mille pages, je n’avais dormi que trois heures. J’avais cours en plus le lendemain. Je l’avais emporté au lycée, je n’étais même pas la seule ! Et le soir, je l’avais fini avant le repas. Evidemment, je suis arrivée encore en pleurs à table. Bon, aujourd’hui je ne pleure plus autant en les relisant (les premières fois, c’étaient de véritables crises de larmes à la fin du 5, du 6 et du 7), mais ils me servent toujours de catharsis. Ces romans ont été mon déclencheur, ils ont changé ma vie, ils sont mon doudou de lecture par excellence. Je ne sais pas combien de fois j’ai pu en attraper un parce que j’avais un chagrin profond, et combien de fois ils m’ont soulagée de ma peine. Malgré que j’aie toujours trouvé les films beaucoup moins bons, voire carrément nuls, je les ai tous vus au cinéma. J’avais la cassette du premier, le dvd collector du 2. A partir du 3, je ne les ai plus acheté ou demandé, je les trouve pas terribles, voire mauvais. Mais voilà, c’est Harry Potter. Alors plus tard, j’ai acheté la collection complète des blu-ray. Je n’ai pas pu avoir la boîte collector sortie quelques semaines avant Noël parce qu’elle s’est épuisée trop vite, et l’autre avec la Baguette de Sureau était à un prix légèrement excessif (170€ je crois), mais j’ai acheté le tout sur Amazon, qui vendait les 3 coffrets pour 80€. Bref, vous voyez, Harry Potter et moi, c’est une grande histoire. Je ne sais même pas expliquer à quel point cette saga est importante pour moi.

Quand j’y pense, toute une foule de souvenirs et de sensations remonte en moi, je ne vous en ai donné que quelques uns. Il y a aussi les jeux avec mon petit frère, on voulait faire des potions. Une fois, au début du printemps, il faisait encore froid, on avait voulu en faire une qui se trouve dans La Chambre des Secrets – sûrement le Polynectar. Mon frère a fait tombé le livre dans notre « chaudron ». Il était tout dégueu, mais je ne me souviens pas avoir été en colère contre lui. On l’a rentré, fait séché sur un radiateur, et depuis il est gondolé mais il a une belle couleur de vieux parchemin. J’ai essayé trente fois de les faire lire à mes petits frères (j’en ai deux en fait), mais rien n’y a fait pour l’instant. Mais le plus petit a regardé tous les films avec moi cet été, avant la sortie du dernier au ciné, et il est même venu avec moi le voir, en VO et en 2D, comme je le voulais, alors qu’il adore la 3D (bah oui, il est petit). Il a tout bien suivi, alors que ce n’est pas toujours facile de lire les sous-titres quand on est enfant. Bon allez, j’arrête mon roman-fleuve. A suivre, ce que j’ai à dire sur Harry Potter à l’école des sorciers, si vous supportez encore de me lire après tout ça ! Ce qui me fait penser que j’aimerais bien racheter la nouvelle édition de Folio junior, et qu’il me faudrait les 6 premiers tomes en anglais aussi, mais ne soyons pas excessifs, ils coûtent cher et je n’aurai jamais le temps de les lire en anglais. Même si j’y arriverais (j’ai bien lu le 7 !), c’est difficilement parce que je n’ai pas l’habitude de lire dans cette langue. Bref, à bientôt pour la suite !

LivresHP

[Depuis cet article, mes sentiments n’ont pas bougé d’un iota, j’ai acheté l’intégrale en anglais, dans la dernière édition Bloomsbury jeunesse, et je suis en cours de découverte de tous les tomes en VO. Je suis toujours aussi reconnaissante à J. K. Rowling pour avoir écrit ces livres, et je n’ai même pas honte d’avoir dépensé une fortune pour aller à l’expo Harry Potter à la Cité du cinéma et m’acheter des souvenirs !]

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6 réflexions sur “Harry Potter & I

  1. Hello, je suis tombée sur ton article sur Harry Potter et je l’ai lu avec un interet. Je ne dirais pas que je me suis reconnue partout mais a certains moments oui. J’ai egalement publié un article sur Harry Potter, si tu veux le lire et me dire si tu t’y retrouve.
    A bientot

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