« J’ai tellement envie de vous » – Henri IV

Ce livre regroupe des lettres d’Henri IV écrite entre 1585 et 1610 à ses maîtresses successives ainsi que quelques lettres à Marguerite de Valois, sa première épouse, Marie de Médicis qui fut la seconde et quelques autres personnes (sa sœur, le Dauphin…).

J'ai tellement envie de vousDans leur grande majorité, les lettres sont celles d’Henri. C’est dommage de ne pas avoir les réponses des femmes à qui il écrivait, mais comme souvent avec l’Histoire, il y a des aléas dans ce qui nous est parvenu au fil des siècles !

J’ai préféré l’introduction et les chapeaux des parties, qui nous parlent du roi et de ses relations avec les femmes, de leur place dans sa vie. Les lettres en elles-mêmes deviennent vite redondantes. Le roi y parle de tellement de choses différentes – potins de cour, mouvements de troupe, état de santé des uns et des autres – et il peut être si difficile de dater ces missives, que tout ça apparaît un peu décousu. Les lettres servent davantage à illustrer les propos de Françoise Kermina, qui pourtant les commente.

C’est tout de même un ouvrage intéressant pour découvrir la personnalité de ce roi dont on connaît tous les nom. J’ai appris pas mal de petits détails sur lui : un peu chouineur sur sa santé, très « famille », assez intransigeant en général mais manquant de courage pour affronter les conflits avec ses maîtresses, pas spécialement doué avec les femmes… Autant de choses qui détonnent avec l’idée qu’on se fait généralement de lui.

Le livre nous présente en particulier trois maîtresses : la comtesse de Gramont, dite Corisande, que je ne connaissais pas du tout ; Gabrielle d’Estrées ; et Henriette d’Entragues, marquise de Verneuil. À leurs histoires se mêlent celle des deux épouses royales, Marguerite de Valois (la fameuse « Reine Margot ») et Marie de Médicis. On ne les voit qu’en filigrane. pour en apprendre plus sur elles, je vous renvoie plutôt aux livres de Simone Bertière Les Années sanglantes  et Les Deux Régentes.

Le personnage qui m’a le plus intriguée, c’est au final Catherine de Bourbon, la sœur d’Henri. Le peu qui est dit d’elle m’a interpellée et m’a fait de la peine. Je suis curieuse d’en savoir plus (j’ai mis cet ouvrage dans ma wish-list de ce coup-là).

En bref, pas mon préféré de la collection La Lettre et la Plume, mais j’apprécie toujours autant le concept et j’ai passé un moment agréable à parcourir ces lettres et à en apprendre plus sur notre « bon roi Henri ».

Le roi à Gabrielle d’Estrées

Je ne sais de quel charme vous avez usé, mais je ne supportais point les autres absences avec tant d’impatience que celle-ci, il me semble qu’il y a déjà un siècle que je suis éloigné de vous. Vous n’aurez que faire de solliciter mon retour, je n’ai artère ni muscle qui à chaque moment ne me représente l’heur de vous voir, et ne me fasse sentir du déplaisir de votre absence. Croyez, ma chère souveraine, que l’amour ne me violenta jamais comme il fait. J’avoue avoir tout sujet de m’y laisser mener, aussi le fais-je avec une naïveté qui témoigne la réalité de mon affection, parce que je m’assure que vous n’en doutez pas.

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