Lire en anglais

Je caressais l’idée, comme d’autres blogueuses francophones, de revenir sur mon parcours qui m’a amenée, petit à petit, à lire en anglais. Grâce à plusieurs encouragements, je me lance ! N’hésitez pas à m’interroger en commentaire ou à me demander des éclaircissements si je suis confuse dans mes propos, cela me permettra d’enrichir cet article. Si vous ne souhaitez pas lire tout mon blabla sur mon expérience personnelle, vous pouvez vous rendre à la fin de cet article pour voir directement mes conseils.

Déjà, première chose : ce n’est pas parce que vous n’étiez pas bon en anglais à l’école que vous ne pourrez jamais lire en anglais. De mon côté, je n’étais pas mauvaise mais j’étais loin d’être une tête de classe dans cette matière. J’ai eu une bonne note au bac, puis je me suis pris une claque en prépa, mes notes étaient vraiment désastreuses, même pour ce type de cursus. J’ai eu de nouveau des « cours » d’anglais (je mets des guillemets, parce que bon, voilà…) en fac de droit. Au début de ma licence, j’avais un peu abandonné tout espoir de jamais comprendre cette langue correctement.

Il faut savoir que je ne regardais pas non plus de séries à l’époque, et peu de films, toujours en VF (quand j’y repense… argh !). Et puis j’ai rencontré mon compagnon fin 2009, et lui était un gros consommateur de séries qui ne passaient pas vraiment en France. Je me suis mise avec lui à regarder des séries en anglais, avec des sous-titres en français. Avec le temps, je me suis habituée aux sonorités de la langue, aux différences entre l’américain et l’anglais, et j’ai commencé à acquérir du vocabulaire, ce qui me faisait en fait le plus cruellement défaut.

À côté de ça, j’ai commencé à suivre un peu la blogosphère, et puis je vivais dans une grande ville avec une librairie anglaise (que je n’ai jamais fréquenté, hélas) où je croisais, au club de lecture notamment, des gens qui avaient vécu à l’étranger ou qui avaient fait des études de langues et qui nous présentaient des romans qu’ils avaient lus en anglais. L’idée a fait petit à petit son chemin : pourquoi pas moi ?

 Je ne me sentais pas encore capable de m’y mettre. Il a fallu attendre que je termine une énième relecture de Harry Potter pour sauter le pas. J’avais depuis longtemps le dernier tome en anglais, que mes parents m’avaient offert tant je trépignais en attendant la sortie française. Je l’avais commencé à l’époque, mais j’étais bien trop jeune, et j’avais abandonné après quelques chapitres. Mais cette fois, en juillet 2012 (merci les carnets de lecture !), je ne voyais pas pourquoi je n’y arriverai pas. Je connaissais la VF par cœur ou presque, c’était l’été, j’avais donc plus de temps, et puis je voulais vraiment finir en beauté ma relecture de la saga.

LogolectureanglaisAlors certes, ça n’a pas été très fluide, je galérais parfois, mais le plaisir que j’en retirais valait bien de me donner cette peine ! C’était beaucoup plus facile que ce que je craignais. On s’habitue au style de l’auteur, à la construction de ses phrases, à la langue elle-même. On retient plus facilement qu’on ne croit le vocabulaire qui nous fait défaut au début. J’ai ensuite lu un autre livre déjà lu une fois en français et d’un style encore plus simple (Eclipse de Stephenie Meyer, si vous voulez tout savoir). À l’automne de la même année, je me suis attaquée à quelque chose de beaucoup plus difficile : The Professor de Charlotte Brontë. Le livre est très court (moins de 250 pages dans mon souvenir), mais le style est compliqué, le vocabulaire soutenu, et même si j’ai aimé le livre, la lecture a été très ardue, ce qui explique sûrement pourquoi j’ai attendu mars avant de retenter l’expérience, avec cette fois l’outil qui allait changer ma lecture en anglais : la liseuse.

J’ai reçu un Kindle Paperwhite à Noël 2012. J’ai vite vu que ce type d’appareil permettait d’avoir accès à pleiiiiiin de choses géniales. Les œuvres tombées dans le domaine public par exemple, ou bien des nouvelles sorties exclusivement en format numérique, comme For I Have Sinned, de Darynda Jones, une petite nouvelle dans l’univers Charley Davidson lue en mars 2013. L’immense avantage des liseuse, c’est qu’elles contiennent des dictionnaires. Pas des dictionnaires de traduction, non, de vrais dictionnaires de définition. Quand on lit un mot inconnu, il suffit d’appuyer dessus et le dictionnaire anglais s’ouvre. Vous vous souvenez ce.tte prof que vous avez eu.e et qui vous gonflait en s’obstinant à vous donner la définition d’un mot en anglais au lieu de simplement vous dire la traduction française ? Il.elle avait raison ! C’est la meilleure manière d’apprendre. En essayant systématiquement de faire coller un mot anglais à un mot français, vous risquez de vous mélanger les pinceaux (faux-amis par exemple), de rater les subtilités du mot, les différents niveaux de lecture et de vous frustrer parce que vous n’arriverez pas à vous souvenir de l’équivalent exact, qui bien souvent n’existe pas. Ce sont des langues différentes, qui fonctionnent différemment. Il est beaucoup plus bénéfique de vous rappeler le contexte dans lequel vous avez lu le mot que la traduction qu’en aura donné même le meilleure dictionnaire sur le marché.

Depuis que j’ai ma liseuse, je lis de plus en plus en anglais. Après The Professor, j’ai retenu ma leçon et j’ai pris mon temps. J’ai lu la saga The Cahill Witch Chronicles, une série jeunesse, puis une nouvelle dans l’univers Divergent, donc plus YA/dystopie, le dernier tome de La communauté du sud (bit-lit), une romance… Des genres qui me semblaient plus faciles. Je suis repartie avec un style plus travaillé avec Daphne Du Maurier et Rebecca, que je connaissais déjà et que j’adore. Ça a été merveilleux. En 2014, j’ai lu en tout 15 titres en anglais. Plus d’un par mois. Une très belle victoire. En 2015, ça a été 21. Des titres « faciles » (je suis repartie dans les Harry Potter et j’ai découvert d’autres titres jeunesse) et des choses plus ardues : encore Daphne Du Maurier, Jane Austen… Là, je suis en train de lire Far from the madding crowd, et ce n’est pas facile, mais je savoure, c’est génial.

Je ne suis pas encore complètement à l’aise, je lis plus lentement qu’en français et je crois que ça ne changera jamais, mais les seuls livres qui me font peur dorénavant sont ceux que je crains de ne pas aimer ou qui sont des pavés. Comme ceux en français, en fait. Et concernant les films et séries, je ne regarde plus qu’en VO, et lorsque j’ai le choix des sous-titres, je les mets en anglais. Lors de mon voyage en Angleterre, j’étais heureuse de réussir à me débrouiller seule, à comprendre mes interlocuteurs et à me faire comprendre d’eux, même avec mon accent pourri et mes fautes de grammaire à tout bout de champ.


Conseils pour la lecture en anglais :

  • Ne vous pressez pas. JAMAIS. Prenez votre temps, vous apprécierez d’autant plus ce que vous lisez et serez fier.ère de vos efforts. Une langue ne s’apprend pas en quelques semaines ni même en quelques mois.
  • Si vous avez vraiment été éloigné.e de l’anglais pendant longtemps, habituez-vous à la langue de la manière qui vous convient le mieux et acquérez au passage le vocabulaire de base. J’ai parlé de regarder les films et séries en anglais, c’est la solution la plus facile, divertissante et efficace à mon goût, pour un coût très raisonnable puisqu’il vous suffit de changer la langue de votre DVD ou sur la télé (de plus en plus de chaînes le proposent, alléluia !). Sinon, vous avez aussi la possibilité d’aller chercher les paroles des chansons que vous aimez, ou même de profiter d’un voyage à l’étranger si ça vous est possible.
  • Commencez doucement : un livre doudou que vous aimez déjà d’amour et connaissez par cœur, pas trop épais de préférence, puis allez-y crescendo. Vous adorez l’urban fantasy et mourez d’envie de relire la saga qui vous a fait découvrir le genre ? Go ! Ou ce livre d’enfant qui vous a fait aimer la lecture ? C’est parti ! Cette histoire que vous avez adorée en film, pourquoi ne pas la redécouvrir via le roman dans sa langue originale ? Les nouvelles sont aussi un excellent moyen de se mettre à l’aise.
  • Ne sortez pas le dictionnaire anglais-français. S’arrêter dès que vous butez sur un mot pour chercher la traduction ne fait que frustrer. Si vous comprenez globalement ce qui se passe, continuez votre lecture. Si vraiment un mot est au cœur du paragraphe et que vous ne le saisissez pas, utilisez la fonction dictionnaire de votre liseuse, qui vous donnera la définition du mot en anglais, et non pas sa traduction, ce qui est beaucoup mieux pour apprendre (si si, croyez-moi). Ou si vous n’utilisez pas de liseuse, regardez sur un site comme Linguee, qui a le mérite de ne pas vous balancer à la tête une traduction sans explication, il donne un contexte. Si vraiment vous tenez à un dico, prenez en un bien, comme le Harrap, mais je vous préviens que vous perdrez beaucoup de temps à chercher le bon sens dans les nombreuses traductions proposées.
  • Admettez que dans un premier temps, sur de nouvelles lectures, vous passerez à côté de beaucoup de choses et ne profiterez pas à fond du texte. C’est normal, ça fait la même chose quand on commence sa carrière de lecteur dans sa langue maternelle, et même tout au long de la vie, en fait, des subtilités peuvent nous échapper. Et dites-vous que le bonheur des relectures sera possible !
  • Quand vous serez plus à l’aise, permettez-vous de regarder plus souvent la définition des mots même « inutiles ». Comprenez : ces mots qui ne sont pas essentiels pour vous permettre de comprendre l’action, mais qui enrichissent le texte. Ça vous donnera toujours plus de vocabulaire.
  • Enfin, l’essentiel : FAITES-VOUS PLAISIR. Il est inutile de vous forcer à lire en anglais si ça ne vous apporte rien, à vous, si c’est pour faire comme les autres. Je me sentais limitée par l’absence de traductions de certains livres ou les traductions elles-mêmes (parfois très mauvaises), alors j’ai voulu aller à la source. Et avec le temps, j’ai vraiment appris à aimer cette langue.

J’espère que cet article vous a plu ! Pour retrouver mes lectures en anglais sur ce blog, rendez-vous sur ce lien ! J’explique souvent si j’ai trouvé l’anglais « facile » ou non, si j’ai aimé le style, etc…

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13 réflexions sur “Lire en anglais

  1. Super article, vraiment. Le seul livre en anglais que j’ai lu était Harry Potter 6 et 7 car je ne pouvais pas attendre plus longtemps, j’avoue que depuis je n’ai pas retenté mais pourquoi pas, en fait. Par contre je ne sais pas trop quoi lire pour un début, aurais-tu un conseil ?

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup ! Je viens de regarder un peu ton blog (je vois que tu écris : copine ! et que tu aimes beaucoup Downton Abbey : COPIIIIIIIIIIIINE ! mais aussi Jane Austen… bref, tu m’as l’air d’être quelqu’un de bien !) et je peine un peu à trouver quoi te conseiller. Une austenerie peut-être ? J’avais beaucoup aimé Mr Tilney’s Diary, qui n’existe pas en français en plus. Sinon des auteurs comme Roald Dahl en jeunesse ?

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  2. J’adore ton article ! Merci pour avoir partagé ton expérience et pour tous ces conseils. J’ai aussi très envie de me mettre à la vo car j’aimerai découvrir mes livres préférés dans leur langue maternelle mais aussi d’enfin pouvoir en découvrir qui n’ont jamais été traduits !

    Aimé par 1 personne

  3. Oh merci beaucoup pour cet article. Disons que j’ai cette idée en tête depuis un moment. Je regarde déjà depuis plusieurs années des séries en sous titré français, et il est vrai que je m’habitue à la langue et au sonorité. Cette langue m’a toujours attiré, c’est pourquoi quand j’étais au chomage, j’ai repris des cours deux fois par semaine de 2h. J’ai ainsi pu passer le TOIEC où j’ai eu 385. Bon ce n’est pas énorme. Il me manque surtout énormément de vocabulaire. L’an passé j’ai voulu continuer ses cours en m’inscrivant à babbel. Le logiciel est très bien fait, dans un premier temps ça m’a amusé et après j’ai finit par abandonner. Manque de temps, de motivation…
    Depuis peu avec une amie qui habite en Irlande, avec qui ce correspond par lettre, nous avons décidé de nous écrire en langue étrangère. Elle m’a donc envoyé une lettre en anglais. Ma grande surprise a été de comprendre presque entièrement sa lettre. J’ai du regarder 5 mots dans un dictionnaire, mais un dictionnaire de traduction. Ton conseil est donc très intéressant.
    Il est vrai aussi que je n’avais pas penser à faire une relecture de livre et pourquoi pas partir sur un livre jeunesse, young adult où le vocabulaire est courant. ça me donne de bonnes idées. Plus qu’à me lancer.
    En tout cas, encore une fois un grand merci pour ton article.

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  4. Ton article est top ! Le fait que tu racontes ton parcours me rassure car tu n’es pas bilingue non plus de base et cela m’encourage. Je suis peu forte en anglais mais il faut vraiment que je m’y mette. Je lis plutôt des nouvelles pour le moment, notamment de Roald Dahl que j’aime beaucoup. J’essaie aussi de lire la presse et de voir en VO autant que je peux. Tes conseils m’aideront sûrement. Merci !

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