Jane Austen Mysteries, book 1: Jane and the unpleasantness at Scargrave Manor – Stephanie Barron

[Chronique de juin 2012]

Jane austen à scargrave manorPassons donc à ma première expérience de littérature para-austenienne. Résumé personnel : Jane Austen est venue passer les fêtes de fin d’année avec son amie Isobel Payne, devenue Lady Scargrave par son mariage depuis peu. Son époux, le comte de Scargrave, est bien plus âgé qu’elle. Alors qu’il donnait un bal en l’honneur de sa jeune épouse, il meurt subitement, quelques jours avant Noël. Très vite les soupçons se tournent vers Isobel et le neveu du comte, à qui cette mort pourrait bien profiter. Mais Jane est convaincue de l’innocence de son amie et va entreprendre de démêler l’écheveau de cette affaire en étudiant avec attention chaque personne alors présente à Scargrave Manor.

Jane austen and the unpleasantness at scargraveJe vais le dire d’entrée : j’ai beaucoup aimé, et j’ai mis tous les tomes déjà traduits en français dans ma wishlist. Parlons d’abord du côté janéite de la chose. Pour quelqu’un qui vient d’achever la lecture de tous les romans austeniens et qui s’en désespère, c’était vraiment très agréable de retrouver Jane Austen de cette manière. Un avant-propos nous explique que l’auteure, Stephanie Barron, a retrouvé dans les papiers d’un couple d’amis des manuscrits de Jane Austen, ses journaux, où elle racontait cette désastreuse aventure de Scargrave Manor, et qu’elle s’était contentée de les faire publier. Bien entendu, c’est faux, mais cela nous permet de nous immerger dans l’histoire avec délices (Choderlos de Laclos avait également prétendu que les lettres de ses Liaisons dangereuses étaient vraies, il s’agit d’un procédé littéraire assez fréquent). J’ai senti, dès le début, combien Stephanie Barron aimait et admirait Jane Austen, et ça me l’a tout de suite rendue très sympathique et m’a encouragée dans ma lecture. Au fil du roman, on entendra parler de Cassandra sa sœur, de George Austen père, de Cassandra Austen mère, de son frère Henry et de son épouse, et également cousine, Eliza de Feuillide, et de quelques autres encore. Retrouver tous ces noms qui me sont familiers depuis ma lecture de la biographie de Claire Tomalin m’a fait plaisir, surtout pour Eliza, qu’on voit un peu plus que les autres. Le récit est à la première personne, c’est Jane qui raconte, et elle parle peu d’elle. Il y a une allusion à sa brève histoire avec Tom Lefroy, certains de ses goûts comme la marche à pied ou la musique sont mis en avant, son mépris des inconvenances et de la sottise aussi. Dans l’ensemble, elle est assez effacée, car elle est toute tournée vers la résolution de l’affaire qui la chagrine beaucoup puisqu’elle touche de très près l’une de ses très chères amies. J’aimerais que dans les autres tomes sa vie soit davantage exploitée, qu’elle parle plus de sa nouvelle vie à Bath (l’histoire se déroule fin 1802 début 1803, au moment où la famille a quitté Steventon pour Bath, Jane a alors 27 ans) et de son entourage proche. Mais ce sont là des reproches assez minimes.

Sur l’intrigue policière en elle-même, je ne suis pas bien difficile, lisant peu de policiers à la base. Des plus fins connaisseurs que moi diront peut-être que c’était bof, pour ma part j’ai trouvé ça bien. Dès le début je voulais savoir qui était l’assassin, et certaines révélations m’ont étonnée. Je n’avais pas deviné qui c’était avant d’être très proche de la fin. On suit de toutes façons les réflexions de Jane Austen, c’est elle qui nous aiguillonne. J’aime mieux les policiers sans tout notre attirail moderne, donc suivre une enquête et les rouages de la justice au début du XIXème siècle en Angleterre m’a beaucoup plu ! Mon goût pur l’histoire a également été satisfait dans une certaine mesure, car on était alors dans une trêve dans la guerre contre Napoléon. Le contexte historique était donc bien respecté, ainsi que tout le contexte social. De ce point de vue-là, on voit bien que Stephanie Barron a fait des recherches pour ne pas raconter de bêtises, et j’apprécie ça.

Parlons un peu des personnages autre que la narratrice pour finir. J’ai beaucoup aimé Fitzroy Payne (c’est pas pour rien qu’il est censé ressembler à Darcy !) et Lord Harold Trowbridge, qui est très surprenant. À l’inverse, Madame Delahoussaye et sa fille Fanny m’ont beaucoup déplu. J’ai également eu beaucoup d’animosité envers Marguerite, la bonne. Le personnage de William Reynolds était sympathique et permettait d’en apprendre plus sur la conduite des affaires criminelles. Isobel était assez attachante, ou alors j’ai simplement suivi le mouvement quand la narratrice dit qu’elle lui voue une profonde amitié. Chacun avait son caractère, peut-être pas toujours assez fouillé, mais intéressant. J’étais contente d’apprendre leurs petits secrets au fur et à mesure, et j’étais parfois bien surprise (je suis un peu naïve aussi, hein).

Tout ça pour dire que oui, c’était bien, oui, je veux les autres tomes !

Challenge Austenien

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