Baroque’n’Roll – Anthelme Hauchecorne

[Chronique de novembre 2013]

Quand j’ai reçu Punk’s Not Dead, je me suis dit que ce serait dommage de m’y lancer sans avoir lu au préalable le premier « cercueil de nouvelles » d’Anthelme Hauchecorne, Baroque’n’Roll, qui traînait dans ma PAL depuis trop longtemps. J’ai donc décidé de lire les deux à la suite ! Voici mon avis sur Baroque’n’Roll et celui sur Punk’s Not Dead ne devrait pas trop tarder puisque j’en ai commencé la lecture.

Baroque'n'rollCertaines nouvelles datent de quelques années, certaines ont été remaniées, certaines non, certaines sont récentes… Mais dans toutes, j’ai retrouvé ce style propre à Anthelme Hauchecorne, et nombre de thèmes qui lui tiennent à cœur. Je ne partage pas toutes ses convictions, parfois j’avais envie de grincer des dents en voyant une idée poussée « trop loin », mais toujours le message passe, et on se frotte aux textes, on s’y pique, on est entraînés, peut-être malgré nous, à réfléchir à nos propres convictions. La lecture de ces nouvelles, c’est un lieu de friction entre l’esprit de l’auteur et celui du lecteur. On peut ne pas être d’accord, mais la confrontation des idées vaut largement le coup de se fritter…

J’ai pu constater que des petits dessins se glissaient entre chaque nouvelle, embellissant le livre et rendant la lecture plus amusante. L’objet livre est plutôt joli et agréable à tenir, mais je regrette que des coquilles se soient glissées de-ci de-là.

Rien que les backstages (coulisses) des nouvelles (« l’histoire de l’histoire », situées en début de livre, donnent l’eau à la bouche et sont truffées de références (j’avoue ne pas en connaître un grand nombre, ma culture musicale est très largement pauvre…). C’est une excellente idée de faire ça, le lecteur se trouve associé encore plus étroitement à ce qu’il lit, et on reconnaît déjà le style incisif de l’accoucheur de ces petites histoires. Je n’ai pas aimé toutes les nouvelles, quelques unes m’ont laissée perplexe ou n’ont pas réussi à me toucher, et la maîtrise de son écriture et de ses trames ne me semble pas encore totalement acquise par l’auteur, contrairement à Âmes de verre qui est un petit bijou de perfection. J’espère donc que Punk’s Not Deademportera plus largement mon adhésion ! Passons à mon ressenti nouvelle par nouvelle…

Nuage rouge : On commence le recueil avec beaucoup d’humour et de jeux de mots. Malheureusement, l’intrigue en elle-même ne m’a pas passionnée. J’ai voulu rapidement en finir la lecture pour passer à la suivante.

Permission de minuit : Voilà une nouvelle très amusante, que j’ai vraiment adoré. Si vous doutiez de la capacité d’Anthelme Hauchecorne à écrire aussi bien des textes plus légers que des histoires sombres et poisseuses, voici la preuve qu’il excelle dans les deux ! Elle plaira beaucoup à tous les enfants, pour qui elle a d’ailleurs été écrite. En plus, la chauve-souris était trop mignonne.

Jardin des Peines : Les backstages me l’avaient bien vendue celle-là… et je n’ai pas été déçue ! L’auteur avait prévenu : attention, histoire « immorale » ! Et j’ai beaucoup aimé ça, car Anthelme Hauchecorne n’a pas eu peur de rentrer dans le lard de sujets encore considérés comme intouchables par un large pan de la société. Les premiers paragraphes étaient un pur délice de contorsion et de détournement. Je préviens pour ma part : attention, histoire déprimante ! Mais véritablement une excellente nouvelle.

Courrières : Un twist historique où diableries et malfaisance humaine se rejoignent pour déclencher la catastrophe finale. J’ai été un peu gênée de ne pas réussir à m’attacher aux personnages, mais l’histoire m’a plu.

Madone Nécrose : Cette nouvelle quasi-post-apocalyptique m’a rappelé Âmes de verre par certains aspects, et m’a vraiment fait flipper… De l’horreur, de la vraie, qui vous remonte le long de l’échine !

Six pieds sous terre : Voici un étrange instantané de la vie d’Alban… Je ne sais pas trop quoi penser de cette histoire, sans véritable début ni fin, prise dans un espace-temps qui n’existe pas… C’était aussi pas mal beaucoup glauque, peut-être est-ce pour cela que je n’ai pas trop accroché.

Fée d’Hiver : Que n’était-elle pas plus longue, cette nouvelle-là ! J’étais triste de l’avoir si vite lue. J’ai beaucoup aimé les jeux de mots, essence même de cette histoire. Ç’aurait été encore meilleur si l’aspect historique avait été plus développé.

Le diable noir : Je retiens de cette nouvelle beaucoup de ténèbres, de tension, de questions, et un ennemi non-humain d’un nouveau genre… Je me demandais vraiment comment ça allait finir, la lecture a été rapide.

Cons comme les blés : Des personnages bien cons, en effet, et pour qui on ne se sent même pas désolés… C’est grave docteur ?

Noblesse oblique : Là, c’était me prendre par les sentiments, avec une nouvelle historique, une histoire tragique… Il faut en faire plus dans ce genre-là ! Et plus longues surtout, car ça se dévore trop vite.

Trêves de comptoir : Le vrai quotidien afterwork des super-héros, pas toujours si supers que ça, car après tout, que sont-ils, sinon des hommes ayant reçu un truc en plus que les autres, mais avec les mêmes faiblesses, reproduisant les mêmes erreurs ? Les changements de points de vue dynamisent le récit et permettent vraiment d’accrocher.

Logique d’ensemble : Une nouvelle sur le thème de la guerre, qui ne m’a pas plus emballée que ça, sans que je sache dire pourquoi. Je me fichais royalement de l’issue pour le protagoniste, mais n’était-ce pas un peu le but…?

Enjoy the Silence : Une nouvelle plus longue que les autres, mais qui ne méritait pas de tels développements selon moi. Je comprends et approuve le message, cependant je me suis ennuyée, j’avais hâte de passer à la prochaine.

L’Internat de Tatie Billot : Argh ! C’était horrible ! Trop pour mon petit cœur fragile et peureux ! Une ambiance franchement dégoûtante, une histoire immonde, j’avais l’impression d’être engluée dans cette histoire ! C’était super.

Fleurs de cimetière : Sur celle-là, je ne sais pas si c’est moi qui étais dans les choux (bien possible) ou autre chose, en tout cas j’ai l’impression de n’avoir rien compris, et j’ai tourné la dernière page avec les deux sourcils haut levés.

Un avis global plus mitigé que sur Âmes de verre que j’avais adoré, mais de véritables pépites se trouvent parmi ces quinze nouvelles. Je suis lancée avec enthousiasme dans Le Cercueil de nouvelles II ! Je ne le dirai jamais assez, merci à Anthelme Hauchecorne de me permettre de découvrir ses livres atypiques et dépaysants !

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2 réflexions sur “Baroque’n’Roll – Anthelme Hauchecorne

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