Kuruwa no Onna – Inoue Yuki

[Chronique d’août 2012]

D’abord, ce Mémoires d’une geisha rien à voir avec le film ni le livre dont il est tiré, Geisha de Arthur Golden. Ici nous ne sommes pas dans la fiction. L’auteure a rencontré Kinu, alors âgée de plus de quatre-vingt ans, qui lui a raconté ses souvenirs de la vie des geisha depuis l’ère meiji (qui a débuté en 1868, Kinu étant née elle-même en 1892). La narratrice est Yuki Inoue, mais souvent elle laisse la parole à Kinu ou indirectement aux paroles d’autres geishas, rapportées par Kinu.

Mémoires d'une geishaOn ne peut pas nier que sur le plan scientifique, c’est un livre bien détaillé. Beaucoup de termes techniques (ne serait-ce que pour les noms des différentes pièces de vêtement utilisées pour habiller une geisha !) sont utilisés et expliqués. Toutes la vie d’une geisha, de sa vente à l’okiya jusqu’à la cérémonie par laquelle elle annonce qu’elle cesse d’exercer ce métier, est racontée sans fioriture et sans romance. La vie culturelle à Kanazawa, ville du Japon de l’envers située entre deux rivières et pas très éloignée de la mer, est également très développée. On apprend quelles fêtes y étaient célébrées, pourquoi, les noms des différents quartiers, les habitudes surtout dans les « quartiers réservés » (où se situent les maisons de plaisirs, les okiyas, les maisons de thé…), mais aussi à la fin du livre comment a été vécue la Guerre.

J’ai donc appris plein de choses (j’espère réussir à en retenir durablement quelques unes…), et j’ai pu vérifier que la version d’Arthur Golden est très light (de toute façon, je n’aime pas ce type, trop narcissique). La vie d’une petite fille destinée à devenir geisha, puis d’une apprentie, et enfin d’une geisha confirmée, est très difficile. C’est loin d’être la joie. Et justement, je regrette que Yuki Inoue conserve un ton aussi détaché. On dirait presque qu’elle se fiche de ce qu’elle écrit, et presque aucune émotion ne transparaît à travers les pages. Malgré les choses très difficiles vécues par Kinu et son entourage, je suis restée de marbre. Je pense que l’auteure n’a pas su choisir entre faire une biographie pure, la démarche d’une historienne, et faire un roman. Résultat, un livre assez bancal et très certainement ennuyeux pour quelqu’un qui n’est pas curieux sur ce sujet (des fois ça me gonflait un peu, et pourtant ça m’intéresse beaucoup et le livre est court !). Je vais donc tenter de lire d’autres ouvrages sur les geishas, plus factuels peut-être, ou bien Ma vie de geisha, de Mineko Iwasaki, qui aurait inspiré Arthur Golden pour son roman. Petite déception pour moi donc…
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3 réflexions sur “Kuruwa no Onna – Inoue Yuki

  1. Je ne connaissais que le best seller de Golden (que je n’ai d’ailleurs pas encore lu). Dommage que l’émotion n’ait pas été au rendez-vous pour toi, ce qui me fait réfléchir pour une éventuelle découverte je dois bien l’avouer ^^ Merci pour cet avis intéressant 🙂

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  2. J’ai justement prévu de lire ce titre-ci ce mois-ci mais en fait j’avais plutôt en tête le livre d’Arthur Golden, je m’en rends compte maintenant. Je lirai les 2 de toute façon. Je suis assez curieuse par le sujet car je ne m’y connais pas donc il ne devrait pas trop m’ennuyer. Enfin, je l’espère !

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