Devoirs de Bruxelles – Emily Brontë

[Chronique de janvier 2013]

devoirs-de-bruxellesJe crois que j’étais en prépa lorsque j’ai acheté ce petit livre de la collection Mille et une nuits intitulé Devoirs de Bruxelles. Je l’avais acheté après avoir lu La nouvelle de Goethe dans la même collection, que j’avais beaucoup aimé. Ces Devoirs donc sont comme leur nom l’indique des devoirs faits par Emily Brontë, l’avant-dernière des sœurs, lors de son séjour à Bruxelles avec sa sœur Charlotte en 1842. Elles séjournaient dans un pensionnat de jeunes filles pour parfaire leur éducation alors qu’elles avaient largement dépassé l’âge des autres pensionnaires. Ce sont des écrits demandés par leur professeur Constantin Héger pour améliorer leur maîtrise de la langue française. Il existe des devoirs de Charlotte, mais ici seuls ceux d’Emily sont mis en avant. Une préface explique comment ces précieux documents ont été retrouvés.

Ces devoirs rendent compte de l’imagination d’Emily, de sa capacité à étudier la nature humaine, de son intelligence, de son humour et aussi de sa conscience féministe. On sent aussi son déplaisir à se plier à ces exercices qui se veulent techniques et qui brident son esprit. Le Chat est un texte drôle mais surtout très piquant qui compare cet animal à l’être humain d’une façon très ingénieuse. Le Siège d’Oudenarde n’a d’autre intérêt qu’historique au regard de la Belgique. Le Portrait du roi Harold avant la bataille de Hastings m’a davantage interpellée du fait de mon intérêt pour l’histoire de l’Angleterre et parce qu’Emily prend plus de libertés dans son écriture. Les Lettres montrent tantôt le déplaisir à se plier à des exercices ennuyeux, voire la tristesse et la colère de leur auteure à se trouver loin de chez elle. L’Amour filial et la Lettre d’un frère à un frère sont dans le même état d’esprit, mais mêlent davantage de questions religieuses. Le Papillon est une réflexion sur la vie et sur la religion. Quant au palais de la mort, c’est une dictée de Constantin Héger, qui permet de nous assurer une fois de plus de la maîtrise d’Emily de la langue française. Certes il y a des fautes par moment dans ces textes, mais je ne connais personnellement aucun Français qui serait capable d’écrire anglais avec une telle finesse et en faisait si peu d’erreurs.

Les Devoirs sont suivis d’une note d’Augustin Trapenard, qui a établi l’édition de ce livre, où il nous parle des deux sœurs et de l’analyse à faire des textes. Le livre se finit avec une petite biographie d’Emily, dont le seul roman connu à ce jour reste Les Hauts de Hurlevent.

J’aime toujours en apprendre plus sur des auteurs que j’apprécie, ce petit livre m’a donc procuré un (court) moment de plaisir. C’était une lecture-métro, pour éviter de balader ma liseuse jusqu’à la fac, et aussi un intermédiaire avant de me lancer dans les deux romans d’Anne Brontë, la plus jeune sœur, que j’ai reçus à Noël. J’ai très envie de découvrir d’autres livres de la collection Mille et une nuits. Les Lettres à Léonie de Victor Hugo me font tout particulièrement de l’œil !

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3 réflexions sur “Devoirs de Bruxelles – Emily Brontë

  1. Il y a tellement d’oeuvres annexes des auteurs anglaises dont on entend peu parler, comme ce texte-ci. Je ne le connaissais pas mais je vois souvent des écrits des soeurs Brontë autres que les romans que l’on connaît tous. Je le note évidemment !

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