Britannicus – Jean Racine

[Chronique de mars 2013]

J’ai découvert Racine au lycée, avec Phèdre. Même pas une lecture obligatoire ! Je m’en souviens très bien, c’était en avril ou en mai (ou peut-être même en juin, je ne me souviens plus si j’allais si tard au lycée) parce qu’il faisait très beau, et je me suis dit que je n’avais jamais lu Racine, alors j’ai emprunté Phèdre à la bibliothèque du lycée et me suis installée sur un banc dehors pour le lire. J’avais adoré, et les années suivantes j’ai lu Andromaque, Iphigénie et Bérénice. Britannicus traînait dans ma bibliothèque depuis un moment et il faisait partie du Baby Challenge Théâtre, donc j’ai fait d’une pierre deux coups avec cette lecture.

britannicusDe quoi ça parle ? Le théâtre de cette pièce est la Rome des Césars, l’Empire en somme. Nous sommes justement sous le règne de Néron, bien connu pour les nombreuses atrocités qu’il a commises. A cet instant cependant, il n’est pas empereur depuis très longtemps et n’a pas encore accompli ses plus grands méfaits. Sa mère, Agrippine, est inquiète parce qu’il se détourne d’elle, ce qui lui fait perdre les faveurs de la cour, qu’elle aimerait bien conserver. Elle va donc s’opposer à lui quand ses caprices le poussent à aimer Junie, une belle jeune femme qui aime et est aimée de Britannicus, l’héritier de l’Empire écarté de la succession par Néron et sa mère.

Comme je ne connaissais pas cette histoire, je suis allée voir après ma lecture de la pièce ce qu’en dit Wikipédia : « Tiberius Claudius Caesar Germanicus, appelé ultérieurement Britannicus (12 février 41 – v. le 11 février 551), est le fils de l’empereur Claude et de sa troisième femme Messaline. Selon Tacite, il est assassiné à l’âge de quatorze ans par son frère par adoption, l’empereur Néron, lors d’un banquet. La vie de Britannicus illustre les problèmes de succession au début de l’Empire romain et les implacables luttes pour le pouvoir au sein de la dynastie julio-claudienne. » J’ai parcouru un peu tout l’article, et ça me fait dire que même si Racine a romancé, dans l’ensemble c’est conforme à l’idée qu’on a généralement de cette histoire, surtout que les historiens s’écharpent à ce sujet.

Racine a simplement changé le catalyseur. En vrai, il semble que ça ait été la rivalité de deux « frères » concernant le contrôle de l’Empire, et Racine y a substitué une rivalité amoureuse, autour du personnage de Junie. L’un comme l’autre, cette pièce illustre les « méthodes » des politiciens romains pour se débarrasser des gêneurs, et marque le caractère de Néron, qui commençait déjà à virer fou à ce moment-là. Néanmoins, c’est ici l’affranchi Narcisse qui le pousse, Néron lui-même semble se laisser porter par les évènements, et je n’ai pas vraiment reconnu le personnage affreux qui est resté dans les mémoires et que je connais grâce à l’étude fragmentaire de Suétone et de Tacite faite en cours de latin (ça a d’ailleurs été reproché à Racine par ses contemporains, mais en même temps, difficile de savoir exactement qui était Néron et ce qui se passait à cette époque !). Cette tragédie est plus « douce » que les autres que j’ai pu lire. Le personnage à la fin ne meurt pas sur scène, il y a finalement assez peu de tensions, et la pièce est vraiment très courte. J’y ai retrouvé un Racine pas au meilleur de sa forme, sa langue est toujours belle, mais j’ai remarqué moins d’envolées littéraires qui me retournent le cœur. Il y avait deux ou trois très belles tirades mais qui concernaient le pouvoir et les luttes qu’il entraîne plutôt que l’amour.

Mon édition de Folio plus classiques comprenait entre autres choses une courte biographie de Racine, que j’ai évidemment trouvé très intéressante. J’adorerai lire toute une biographie de cet auteur mais je ne crois pas qu’il en existe à des prix raisonnables… Dramaturge à la Cour de Louis XIV et historiographe du roi, il a dû en voir des choses !

Britannicus m’a moins plu que Phèdre, Andromaque et Bérénice, c’est une pièce que je mets au niveau d’Iphigénie, qui n’avait pas su non plus emporter totalement mon adhésion. Par contre, cette lecture m’a rappelé que j’ai deux livres dans ma bibliothèque sur les douze Césars, celui de Suétone et un ouvrage récent de Régis F. Martin paru chez Tempus. J’ai bien envie d’enfin me lancer dans la lecture intégrale de ces livres ! J’ai également rajouté à ma liste d’envies les Annales de Tacite, que je n’avais jamais songé à y mettre alors qu’elles y ont toute leur place.

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