Journal d’un marchand de rêves – Anthelme Hauchecorne

Je ne peux pas commencer cette chronique sans remercier encore une fois Anthelme Hauchecorne qui a la générosité de m’envoyer chacune de ses nouvelles parutions, à chaque fois pour mon plus grand plaisir de lectrice ! Je vous invite à aller lire mes avis sur ses autres romans si ce n’est pas déjà fait, en suivant ce lien. Alors, qu’ai-je pensé de ce nouveau texte ? La première impression est déjà favorable : la couverture est jolie et les en-têtes de chapitres stylisés.

le-journal-dun-marchand-de-reves  Journal d’un marchand de rêves présente Walter Krowley, deuxième du nom, jeune Hollywoodien qui, après un accident traumatique, découvre qu’un autre univers, pendant du nôtre, existe lorsqu’il est endormi. Il découvre rapidement que Doowylloh (le pendant d’Hollywood) est loin d’être accueillant, entre le Gouverneur et sa Garde de nuit, les électrons libres tels que l’aventurière Speen, les Outlaws aux sombres commerces, Banshee la mécano… Ce serait même plutôt dangereux. Mais quand l’Éveil est décevant, vivre dans l’Ever ne serait-il pas la clé ? À moins d’user du sable…

Ce roman est rédigé, comme son titre l’indique, sous forme de journal. Néanmoins, ne vous attendez pas à l’aspect journal intime avec à chaque nouvelle entrée le jour et l’heure. Walt saisit une occasion particulière pour coucher sur papier la réalité de l’Ever, raconter ses mémoires en quelque sorte, mais pas tant pour sa gloire personnelle que pour ne pas oublier, ne pas l’oublier. Et je n’en dis pas plus. Cette forme en tout cas permet la narration à la première personne est d’amener le•a lecteur•rice au plus près du personnage principal qui va nous raconter sans fard ses (més)aventures. Le style est bien travaillé, que ce soit dans le langage des personnages ou dans les descriptions de l’Ever et de ses habitants. Les nombreuses références musicales, cinématographiques et de culture américaine sont un vernis de réalité quand on se perd trop de l’autre côté.

20161002_174052Le roman est classé en steampunk, et il est vrai que l’Ever, ce drôle d’équivalent dans le sommeil de notre monde, en a de nombreuses caractéristiques qui plairont aux amateur•rices du genre, dont je suis. Mais je préfère avertir : l’histoire ne se passe pas au XIXème siècle et le progrès des sciences n’est pas vraiment un thème principal du roman, qui ne correspond donc pas à la définition restreinte du steampunk. On est plutôt sur un roman d’aventure, des histoires de trahison, de famille, d’amour bien sûr, de haine aussi, de confiance dans l’autre, de nature humaine, de devenir un adulte, la meilleure version de soi qu’on puisse être, de puissance créatrice… Vous voyez, les sujets ne manquent pas. J’ai beaucoup aimé les éléments fantastiques, notamment les Ça, des entités attachées aux Rêveurs qu’on ne voit que dans l’Ever. Je regrette même qu’ils n’aient pas été encore plus développés. L’ambiance est un peu sombre, parfois franchement glauque (miam les miasmes de Brumaire !) mais le roman est moins monstrueux que d’autres du même auteur. On penche plus vers l’onirisme avec cet étrange monde des Rêves.

img_20160927_165837Le récit est bien rythmé et les 550 pages passent vite. De nombreuses fins de chapitre terminent sur des twists qui poussent naturellement à commencer la page suivante. En bref, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer. J’avoue qu’au début, je craignais une chose : ne pas accrocher à ce narrateur, personnage pas particulièrement sympathique, fils de stars irresponsable, mais il s’avère au fil des pages qu’il a un humour plaisant, pas méchant, et surtout qu’il est en fait attachant. Plus d’une fois, je me suis dit que certes, il avait besoin d’être un peu secoué, mais la vie, des deux côtés du sommeil, ne l’épargnait guère. J’ai aussi beaucoup apprécié les deux figures féminines les plus récurrentes du récit, Spleen et Banshee, qui sont loin d’être de petites choses fragiles.

Je ne vois pas quoi dire de plus pour vous allécher sans gâcher la surprise de découvrir vous-même ce roman qui m’a beaucoup plu dans tous ses aspects et dont, en plus, le livre-objet est soigné.

Publicités

7 réflexions sur “Journal d’un marchand de rêves – Anthelme Hauchecorne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s