Charlotte Collins – Jennifer Becton

[Chronique d’avril 2013]

Il y a de cela un moment déjà, j’ai gagné Charlotte Collins, roman de Jennifer Becton, grâce à Mlle Alice. J’étais super contente, de un parce que c’est une austenerie, et de deux parce que je ne connaissais pas du tout avant que Milady ne se charge de traduire et publier ce roman. J’étais également très curieuse de voir ce que donnerait cette suite d’Orgueil et Préjugés consacrée à un personnage que je n’ai jamais vraiment apprécié : Charlotte Lucas, devenue Collins de par son mariage avec cet idiot de Mr Collins. C’est donc avec pas mal d’appréhensions que je me suis lancée dans ce roman… Et finalement, ce fut une très agréable surprise !

charlotte-collinsNous retrouvons Charlotte lors d’un évènement bien particulier : les funérailles de Mr Collins ! Voici que Charlotte est veuve, et malgré sa petite rente, elle parvient à être indépendante. Elle loue un petit pavillon dans lequel la rejoint sa sœur Maria, dernier enfant à charge de leurs parents. Charlotte accepte de servir de chaperon à sa sœur dans la petite société de Westerham. Maria cherche l’amour, Charlotte ne demande rien d’autre que de garder son indépendance, le mariage est pour elle hors de question. 35 ans et veuve, vous n’y pensez pas ! Mais voilà, les deux sœurs vont se retrouver embarquées dans de drôles d’histoires…

Premier constat : quel plaisir, Mr Collins est mort ! Charlotte n’est plus une charge pour ses parents, et maintenant qu’elle a sa propre maison, son seul souci est de prendre soin de sa sœur, qui avec ses idées un peu trop romantiques, pourrait bien s’attirer des ennuis. Justement, dès le premier bal on rencontre plusieurs gentleman qui risquent fort de bousculer leur vie. Dès cette première rencontre, je pouvais dire qui allait finir avec qui, mais étrangement mon plaisir à la lecture ne s’en est pas trouvé gâché ! J’ai suivi les péripéties avec plaisir, et je me demandais vraiment comment tout allait s’arranger. Pas de surprise de ce point de vue-là, mais un bon moment de détente, qui me seyait parfaitement pendant un moment aussi ennuyeux que des révisions.

Concernant les personnages, Charlotte n’est plus tout à fait la même. Elle est devenue une femme mûre, qui a confiance en elle et qui a compris que si son mariage lui avait apporté ce qu’elle désirait (ne plus être à la charge de ses parents), il ne lui avait pas apporté un mariage heureux comme il peut en exister. L’amour, elle ignore ce que c’est, mais s’est rendue compte qu’être romantique pouvait apporter de bonnes choses… A condition de ne pas se montrer trop sotte. C’est là que Maria intervient. Elle est tout l’opposé de ce qu’était sa sœur étant jeune, elle veut l’amour, le vrai, l’unique, quitte à ne pas toujours faire bien attention à ses agissements. Très souvent donc, Charlotte réprimande sa sœur. Cette impression de sœur catéchèse s’efface heureusement assez vite devant l’amour que se portent Charlotte et Maria. Par certains égards, elles m’ont un peu rappelé Elinor et Marianne de Raison et sentiments. Sans me faire adorer Charlotte, Jennifer Becton a réussi à me faire apprécier de suivre son histoire et à la faire évoluer sans dénaturer le personnage de Jane Austen. Les autres personnages inventés par Jennifer Becton ne sont pas forcément très marquants (il faut bien dire que Jennifer Becton est loin d’avoir le talent de Jane Austen pour dépeindre les caractères), malgré tout j’ai beaucoup apprécié Mr Basford, je l’ai trouvé bien réussi !

Parlons du roman en tant qu’austenerie. C’est là-dessus que je l’attendais, et il a plutôt bien répondu à mes attentes. Certes il n’y a pas beaucoup de rapport avec Orgueil et Préjugés, mais c’est bien expliqué. Après tout, Charlotte Lucas n’avait que peu de liens avec les autres personnages du roman de Jane Austen. Après son mariage, elle s’est éloignée de Lizzy, ce qui est plus que plausible vu les relations entre les deux couples. On croise tout de même Mr et Mrs Darcy à deux reprises, Charlotte essaie de renouer avec Elizabeth par lettre, et on voit également Lady Catherine, toujours prompte à faire sa duchesse quand elle peut. Les codes austeniens sont respectés, on retrouve les schémas habituels avec quelques changements plutôt bien faits, on a la happy end qu’on voulait, et c’est assez bien écrit. C’est mignon et frais, en bref ça m’a plu, et je pense que je relirai le roman dans quelques années. Cette romance et austenerie n’a rien d’extraordinaire mais elle remplit son rôle. Détente et lecture rapide ! Je suis d’autant plus curieuse de voir ce que Jennifer Becton a fait de Caroline Bingley, personnage détestable à souhait !

Nous sommes veuves, Mrs Collins, pas mortes. Il nous est encore donné d’apprécier la beauté masculine, surtout chez un gentleman de bonne famille, qui plus est à la tête d’une considérable fortune.

Challenge Austenien

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