Anges d’Apocalypse, tome 1 : Le Tourment des Aurores – Stéphane Soutoul

[Chronique de mai 2013]

Voilà une chronique bien malaisée à faire que celle du Tourment des Aurores, le premier tome d’Anges d’Apocalypse, nouvelle saga de Stéphane Soutoul. Après avoir adoré Le cycle des âmes déchues (il me reste le dernier tome à lire), je voulais bien entendu découvrir son nouveau roman. L’auteur m’a gentiment proposé la version numérique de son ouvrage, que j’ai terminé hier.

anges-dapocalypse-t1De quoi ça parle ? Nous suivons Syldia, qui est en réalité Famine, l’un des quatre cavaliers de l’Apocalypse (ses sœurs étant les trois autres cavaliers). C’est une immortelle, et pourtant, une malédiction, sous la forme d’un sort qui lui a été jeté, la force à changer d’enveloppe corporelle chaque fois que vient l’aurore. Elle se retrouve alors pour la journée dans le corps de Sam, une adolescente de 16 ans. Ce n’est déjà pas facile à vivre, mais les choses se compliquent encore quand son job de garde du corps tourne au vinaigre. Pour remettre sa petite entreprise à flots, elle accepte une mission dangereuse : protéger le lord de la cour des sorciers de Toronto pendant une semaine délicate.

Cette série s’inscrit donc dans le genre de l’urban fantasy/bit-lit. C’est un genre que j’apprécie en divertissement, mais ce n’est pas mon préféré (le classique gothique du Cycle des âmes déchues est plus mon style). Ce roman est écrit à la première personne et alterne assez fréquemment entre le corps de Syldia et celui de Sam. Malgré des chapitres assez longs (ce qui n’est pas pour me déplaire), on a donc une bonne dynamique. Il se passe toujours quelque chose, on a à chaque fois un nouvel élément pour reconstituer le tableau. L’action se passe à Toronto, au Canada donc. C’est sympa de changer de lieu, de ne pas être quelque part aux Etats-Unis ou dans un lieu indéterminé. L’histoire se déroule sur un cours laps de temps – une dizaine de jours –, au début de l’automne. J’espère que le prochain tome se déroulera sous le vigoureux hiver canadien, ça m’intéresserait bien.

Parlons un peu des personnages. Syldia et Sam sont la même personne, partagent la même âme, et pourtant, un bouleversement aussi profond, quoique récurrent, que constitue le changement de corps fait que Famine tend à avoir deux personnalités, de plus en plus distinctes. C’est très intéressant à voir, et ça se ressent très bien dans la narration, selon que l’en-tête du chapitre indique Syldia ou Samantha. Des deux types de chapitres, j’ai préféré ceux avec Sam. Il se passe pourtant moins de choses – forcément, aller au lycée est moins palpitant que de protéger un sorcier à qui on veut faire la peau ! – mais l’intrigue qui se développe avec le personnage de Nathan (qui m’a bien plu, soit dit en passant, ce genre de garçon était tout à fait mon genre quand j’étais au lycée !) m’a prise au dépourvu et m’a beaucoup intéressée. Et c’est loin d’être fini !

Syldia est encore plus grande gueule que Sam (elle peut se le permettre en même temps, c’est plus facile quand on n’est pas facile à éliminer !) et pour maintenir un cap dans sa vie, se consacre à des choses futiles et égoïstes (fric, shopping…) qui ne la rendent pas forcément très sympathique, malgré la poisse qui lui colle aux basques. Néanmoins, la fin de ce premier tome présage une évolution de son personnage (après tout, un tome 1, même avec une intrigue et un dénouement, reste une introduction). Dans l’entourage de Syldia, il y a un peu de tout. Des personnages adorables, comme Jillian, qui m’a beaucoup touchée. Des bizarres, comme Desmond (en effet, je crois n’avoir jamais vu un personnage aussi lunatique !). Malgré sa beauté parfaite, je préfère largement Nathan, qui fait plus « vrai ». Des flippants, comme Nolhan (j’aimerais pas le croiser). Comme je l’ai dit à Stéphane Soutoul sur le stand Rebelle aux Imaginales, je n’ai pas du tout aimé Raven. Son batifolage à un moment m’a vraiment gênée, c’était malsain, et malgré ses « bonnes » actions par la suite, je me méfie d’elle. Difficile de donner un avis tranché sur Eve pour le moment. Un reproche que j’aurai à faire, c’est peut-être le manichéisme de certains personnages de la cour de Toronto. Syldia sait immédiatement qui est gentil et qui est méchant, c’est noir ou blanc (même si celui en blanc est méchant, bref). Elle se targue d’être un excellent juge de la nature humaine grâce à ses six cents ans d’existence, et pourtant elle se laisse berner bien facilement… De même, elle dit être une excellente observatrice et tout ça, et pourtant il lui faut un temps infini pour reconnaître un symbole. Est-ce que cela fait partie de sa prise de conscience qui commence à la fin du tome ? Je l’espère.

Il y a de nombreux points d’originalité que j’ai apprécié comme le lieu de l’action, la nature ambigüe des cavaliers, la diversité des personnages, et en même temps par moments on reste trop dans le schéma classique de l’urban fantasy, avec forcément les scènes érotiques par exemple. Là aussi, l’auteur m’a dit qu’il y avait une certaine attente de l’éditeur et des lecteurs de cette littérature, mais je trouve ça dommage d’abandonner un peu ce qui faisait sa patte. Je l’ai trouvé moins à l’aise que dans ses autres écrits. Un temps d’adaptation nécessaire peut-être ? Je verrai ça avec le tome 2. L’écriture est plus soignée que pour un roman bit-lit de base, mais semble elle aussi « entre deux eaux ». En fait, si j’avais découvert Stéphane Soutoul avec Le Tourment des Aurores, je pense que je n’aurais pas relevé ces petites choses.

Enfin, l’histoire. Autant il y avait quelques éléments très prévisibles, autant il y a des choses que je n’ai pas vues venir du tout. Stéphane Soutoul pose tout un tas de pierres dans ce premier tome, et j’attends de savoir quelle construction va en résulter avec une impatience certaine. C’est une intrigue variée et originale qui nous est offerte, et qui change agréablement des sentiers battus en la matière.

J’attends donc la suite, parce que de toute manière, Stéphane Soutoul est un auteur à suivre. Et j’espère trouver bientôt Le Tourment des Aurores en occasion pour l’avoir dans ma bibliothèque. Avoir la version numérique ne me suffit pas quand il s’agit de mes auteurs favoris ! Rendez-vous cet automne pour le tome 2, Le Frisson des Aurores. Et les Halliennales, yeah !

Mon esprit n’abaisse que rarement sa garde pour se détendre. Pourquoi donc ? Par crainte de trop cogiter quant à la personne que je suis vraiment. Trop de fantômes s’agrippent à moi pour cela.

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