♥ Wuthering Heights – Emily Brontë

[Chronique de juin 2013]

Comme je suis en Picardie pour tout l’été ou presque, je ne peux pas assister aux réunions du club de lecture L’île aux livres (et donc je ne peux pas voir les copines, snif). Je me tiens tout de même au courant des LC du club. Je n’ai pas eu le temps de lire L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman, et en plus je ne l’avais qu’en VO sous la main, alors je l’ai remis à une date indéterminée. Par contre, quand j’ai vu que la réunion de juillet allait porter sur Les Hauts de Hurleventd’Emily Brontë, impossible de passer à côté ! Je voulais relire ce classique que j’avais adoré il y a quelques années mais dont mes souvenirs étaient très flous. Qu’à cela ne tienne, je me suis lancée dans la relecture, mais tant qu’à faire, en VO. C’était absolument génial, mais je ne le conseille pas du tout pour ceux qui tâtonnent encore à lire en anglais, surtout si vous ne connaissez pas déjà l’histoire, car si l’écriture est magnifique, elle est aussi très difficile. Je précise que j’ai commencé ma lecture avec la version numérique gratuite sur ma liseuse, puis, arrivée aux trois-quarts, je me suis rendue compte que j’avais la version papier à Lille, et j’ai terminé comme ça.

whJe vous fais un petit synopsis, mais je vous préviens, comme c’est un classique, ma chronique contiendra des spoils. Vous voilà prévenus ! Les Hauts de Hurlevent sont la demeure ancestrale de la famille Earnshaw, perdue dans des landes désolées de l’Angleterre. A la fin du XVIIIème siècle, Mr Earnshaw y vit avec son épouse et leurs deux enfants, Catherine et Hindley. Parmi leurs domestiques se trouvent Joseph et Nelly. De retour d’un voyage en ville, il ramène un petit garçon de l’âge de Catherine, dont on ignore d’où il vient, qui sont ses parents, son âge et même son nom. Un enfant probablement abandonné, qui ressemble physiquement à un gitan. Calme et taciturne, le garçon, finalement appelé Heathcliff, se lie d’amitié avec Catherine et s’attire les faveurs de Mr Earnshaw, mais Hindley ne supporte pas que l’affection de sa famille lui soit volée ainsi, et martyrise Heathcliff, qui disparaîtra quelques temps après la décès de Mr Earnshaw. Des années plus tard, il revient, déterminé à rendre la monnaie de sa pièce à tous ceux qui lui ont causé du tort, Hindley le premier, mais aussi les Linton, habitants de Thrushcross Grange et proches de Catherine. Cette histoire nous est racontée par Mr Lockwood, au début du XIXème siècle, alors qu’il est locataire de Thrushcross Grange, et qu’il en apprend tous les détails par Nelly, devenue gouvernante de la demeure.

Parlons d’abord de la structure du récit, qui semble avoir dégoûter plus d’un lecteur au fil des années ! 90% du temps, la narration est une mise en abîme. Les premiers chapitres, c’est Mr Lockwood qui parle. Comme il est curieux et que très rapidement il se retrouve confiné dans sa chambre, il demande à Nelly de lui raconter l’histoire des habitants desHauts de Hurlevent. La majorité des chapitres sont donc en fait la voix de Nelly, rapportée par Mr Lockwood au lecteur. Et bien sûr, Nelly fait elle-même parler les différents personnages de l’histoire. Ajoutons à cela que l’histoire se déroule sur un laps de temps assez long, et donc sur deux générations, et que la deuxième génération est nommée d’après la première, avec des noms qui se ressemblent ou sont identiques (prénoms ou noms de famille). En général, à ce stade, on a perdu tout le monde. Parce que oui, Les Hauts de Hurlevent est un livre qui demande au lecteur de suivre. Ce n’est pas compliqué ; mais si vous en tentez la lecture à un moment où vous êtes fatigués, ou vous n’avez pas envie, ou vous n’êtes pas du tout bien disposés envers ce roman, bah c’est fini. Par contre, si vous faites un effort, si vous vous laissez emporter par cette histoire violente et cette écriture toute en beauté, vous serez subjugués.

Ceci étant dit, passons aux personnages. Mr Lockwood, narrateur officiel et locataire de Thruschross Grange, n’est pas très intéressant de mon point de vue. Je le vois comme figurant le lecteur : il arrive presque à la fin de l’histoire, et nourrit rapidement une fascination assez malsaine pour les drames des Hauts et de la Grange. Il montre un peu ce qu’on est censés penser et ressentir, mais personnellement je ne suis pas toujours d’accords avec lui. D’ailleurs, il se contredit assez facilement. Mais je crois qu’il a été inséré pour nous aider à prendre de la distance de temps à autres par rapport à l’histoire, pour nous secouer et nous ramener quelquefois à la réalité, mais aussi pour que l’on s’interroge sur les réelles motivations des personnages.

J’ai beaucoup aimé Ellen Dean, dite Nelly. Si je ne dis pas de bêtise et si j’ai bien tout compris, elle était la sœur de lait de Hindley, le fils de Mr Earnshaw. Elle a vécu la majeure partie de sa vie aux Hauts, et est la mieux placée pour connaître toute l’histoire, et nous la raconter. Sans être bigote, elle possède un grand sens moral et une réserve d’amour et de compassion quasi-inépuisable. Elle est également très courageuse, se battant pour ce en quoi elle croit et pour protéger autant que possible ses maîtres et maîtresses successifs. Dans toute cette folie et cette violence, elle est la voix de la raison et la voie à suivre. Elle m’a émue plus d’une fois dans les sentiments qu’elle porte aux gens qui l’entourent, même lorsqu’ils ne le méritent pas vraiment. Elle m’a par exemple touchée lorsqu’on l’a forcée à abandonner Hareton, dont elle s’occupait depuis la naissance. Sa relation avec Cathy Linton est aussi très belle : nourrice, confidente, amie… Et pas un instant elle ne faillit.

Do you believe such people are happy in the other world, sir? I’d give a great deal to know. (Nelly à Mr Lockwood)

Mr et Mrs Earnshaw ont peu d’importance. Ce sont les premiers à mourir, à être emportés par la valse qui nous devient rapidement familière. Cependant, c’est bien Mr Earnshaw qui a tout déclenché en ramenant Heathcliff chez lui et en le traitant comme l’un de ses enfants. On ne voit quasiment pas son épouse, mais il me semble qu’elle se comporte plutôt mal envers le petit gitan entré chez elle, ce qui constitue sûrement l’une des causes de la noirceur d’Heathcliff, leur fils aîné Hindley étant sûrement le responsable principal. Dès le début, il ne peut supporter Heathcliff et le martyrise autant que possible. La placidité du garçon l’énerve encore plus. Il fait tout pour le faire enrager, le faire gronder par les adultes, et pour le séparer de Catherine, qui elle nourrit rapidement une profonde affection pour son nouveau compagnon de jeu. Je ne crois pas qu’Hindley soit véritablement quelqu’un de mauvais. Il nourrit la jalousie des enfants envers ceux qui reçoivent plus d’attention, fait de mauvais choix et finit très mal. Il n’aurait peut-être pas si mal tourné sans le décès de sa femme, Frances, personnage qui ne sert qu’à porter Hareton dans le monde. Et puis l’alcool, ça n’a jamais aidé personne (ni l’addiction au jeu). Je n’arrive tout de même pas à l’apprécier, car à un moment il traite quasiment Heathcliff comme un esclave, et surtout il se comporte très mal envers son propre fils, Hareton. Le passage où il le lâche au-dessus de ma balustrade de l’escalier m’a bouleversée…

wh-copie-2Dans les serviteurs, celui qui reste tout du long, en plus de Nelly, c’est Joseph. Je crois que c’est le seul personnage que je déteste vraiment. Il est l’exemple type des gens étroits d’esprit, qui se veulent pieux et profondément religieux mais n’ont aucune bonté d’âme et provoquent toujours des catastrophes. Il pousse au vice chaque personne un peu faible qu’il fréquente. C’est le cas pour Hindley, qu’il sert bien mal, mais surtout d’Hareton, qu’il « éduque » de la pire façon possible. Je ne pense pas non plus qu’il ait encouragé la clémence d’Heathcliff… Je ne me souviens plus comment sont traduits les passages où il parle dans la version française, mais en tout cas en VO c’est quasiment incompréhensible, un patois vulgaire de paysan. Je ne comprenais qu’un mot sur trois, mais suffisamment pour saisir le sens (de toute façon toujours méchant) de ce qu’il disait. Ma version papier était pas mal parce qu’il y avait des petites notes qui expliquait certains mots difficiles de vocabulaire. Le dictionnaire d’Oxford dans la liseuse est très pratique aussi, mais pas pour les mots de patois.

Il faut que je parle un peu des Linton tout de même. Propriétaires originels de Thrushcross Grange, ils ne sont pas méchants, mais un peu sots, manquent de tact et blessent eux aussi Heathcliff, en se comportant comme s’ils lui étaient infiniment supérieurs, les parents comme les enfants. Il y a une sorte de parallèle avec la famille Earnshaw, car là aussi on trouve deux enfants, l’aîné et la cadette, Edgar et Isabella. Ils sont plutôt d’une nature douce, contrairement aux Earnshaw et à Heathcliff, facilement brutaux. Edgar se révèle un très bon père et semble avoir voué une véritable affection à Catherine, en dépit de son comportement un peu regrettable lorsqu’il était adolescent. Isabella a moins de chance que lui finalement, car elle s’entiche de la mauvaise personne, vit des moments très difficiles et voit son caractère se durcir à force de subir des méchancetés. Elle finit par s’échapper et mettre au monde un fils, mais quel fils… Sa fin est peut-être bien l’une des moins enviables du roman. Seule, exclue de la seule famille qui lui reste… Je vais parler ici rapidement de Linton Heathcliff, son fils donc. Il hérite à la fois de la fragilité physique des Linton et du caractère mauvais de son père, Heathcliff. Là encore, s’il avait vécu avec son oncle Edgar Linton et sa cousine Cathy, peut-être que sa personnalité aurait pu évoluer dans un meilleur sens. Emily Brontë nous fait croire pendant un moment que l’affection que Cathy lui porte pourrait être une bonne chose, nous détournant ainsi du but principal et de l’homme véritablement destiné à Cathy.

Don’t be afraid, it is just a boy – yet the villain scowls so plainly in his face; would it not be a kindness to the country to hang him at once, before he shows his nature in acts as well as features?”(Mr Linton à Mrs Linton, à propos d’Heathcliff) Comment voulez-vous qu’un gosse à qui on dit ça grandisse sainement ensuite ?

‘He’s not a human being,’ she retorted; ‘and he has no claim on my charity. I gave him my heart, and he took and pinched it to death, and flung it back to me.’ (Isabella à Nelly, à propos d’Heathcliff)

Heathcliff, if I were you, I’d go stretch myself over her grave and die like a faithful dog. The world is surely not worth living in now, is it? You had distinctly impressed on me the idea that Catherine was the whole joy of your life: I can’t imagine how you think of surviving her loss.” (Isabella à Heathcliff)

Only the deity he implored is senseless dust and ashes” (Isabella à Nelly, à propos d’Heathcliff)

Venons-en au noyau dur : Heathcliff, Catherine, Hareton et Cathy. Heathcliff, avec Nelly et Joseph, est le personnage qui vit le plus longtemps dans cette histoire. Tout commence avec son arrivée. Difficile de dire qui il est vraiment. Je pense au départ un être taciturne, facilement solitaire, mais capable de fortes affections et d’une nature très intelligente. Les trop nombreuses vexations subies dans son enfance l’ont transformé enune sorte de monstre humain, où un seul sentiment domine : la passion, sous toutes ses formes. Lors de son retour, les choses auraient pu se passer différemment. Certes, il gardait rancune aux Linton et à Hindley pour ce qu’ils lui avaient fait, mais si Catherine n’avait pas été mariée, s’ils avaient pu s’avouer leurs sentiments, les évènements auraient pris un tour très différent. A sa mort, il ne reste que l’aveuglant désir de vengeance, de soumettre chaque être à un sort aussi peu enviable que le sien propre, précipitant ainsi les Hauts et la Grangedans un cercle de malheur. C’est son personnage qui donne lieu aux plus beaux monologues du roman.

I saw they were full of stupid admiration; she is so immeasurably superior to them – to everybody on earth, is she not, Nelly? (Heathcliff à Nelly) La candeur d’un jeune garçon amoureux, déjà passionné, et déjà plein de haine envers ceux qui ne sont pas l’objet de son amour exclusif.

I’m trying to settle how I shall pay Hindley back. I don’t care how long I wait, if I can only do it at last. I hope he will not die before I do!
‘For shame, Heathcliff!’ said I. ‘It is for God to punish wicked people; we should learn to forgive.’
‘No, God won’t have the satisfaction that I shall,’ he returned. ‘I only wish I knew the best way! Let me alone, and I’ll plan I out: while I’m thinking of that I don’t feel pain.’ (Heathcliff à Nelly) J’ai envie de dire, à ce moment-là (on est au début du roman) c’est déjà le commencement de la fin.

I never would have banished him from her society as long as she desired his. The moment her regard ceased, I would have torn his heart out, and drunk his blood! But, till then – if you don’t believe me, you don’t know me – till then, I would have died by inches before I touched a single hair of his head! (Heathcliff à Nelly, à propos d’Edgar Linton) Petit côté vampire…

‘You suppose she has nearly forgotten me?’ he said. ‘Oh, Nelly! You know she has not! You know as well as I do, that for every thought she spends on Linton she spends a thousand on me!’ (Heathcliff à Nelly)

Finalement, on voit très peu Catherine en comparaison, car c’est sa mort qui « déclenche » Heathcliff et change le destin des autres personnages. Mais on la voit suffisamment pour comprendre qu’elle est l’exact alter ego d’Heathcliff. La même passion, la même violence, les mêmes humeurs, mais un statut différent : bien née, et femme. L’un des thèmes abordé à travers son personnage m’a cette fois beaucoup marquée, alors que je n’en avais aucun souvenir de ma première lecture, et peut-être même n’avais-je pas compris la chose comme ça. A mon sens, Catherine fait un bon gros déni de grossesse. Elle a épousé Edgar Linton parce que c’était le meilleur parti possible d’un point de vue rationnel, et puis de toute façon Heathcliff s’était barré. Mais elle ne l’aime pas, et c’est à peine si elle a du respect pour lui. Le petite Cathy arrive sans crier gare ou presque, et le sujet est tellement passé sous tabou… Le rapport à la maternité est en général traité de façon très particulière, les mères ne sont pas vraiment aimantes, les grossesses ne sont pas mentionnées ou sont carrément cachées… Peut-être est-ce dû au fait qu’Emily Brontë n’a pas connu de véritable figure maternelle. En même temps, Nelly est une « maman de substitution » géniale, et représente certainement l’idéal d’Emily en la matière.

It would degrade me to marry Heathcliff now; so he shall never know how I love him: and that, not because he’s handsome, Nelly, but because he’s more myself than I am. Whatever our souls are made of, his and mine are the same; and Linton’s is as different as a moonbeam from lightning, or frost from fire. (Catherine à Nelly) Si ça c’est pas de la déclaration d’amour…

I want to cheat my uncomfortable conscience, and be convinced that Heathcliff has no notion of these things. He has not, has he? He does not know what being in love is! (Catherine à Nelly) L’incompréhension totale entre deux êtres pourtant si semblables et également amoureux…

‘He quite deserted! We separated!’ she exclaimed, with an accent of indignation. ‘Who is to separate us, pray? They’ll meet the fate of Milo! Not as long as I live, Ellen: for not mortal creature. Every Linton on the face of the earth might melt into nothing before I could consent to forsake Heathcliff. Oh, that’s not what I intend – that’s not what I mean! I shouldn’t be Mrs. Linton where such a price demanded! He’ll be as much to me as he has been all his lifetime. (Catherine à Nelly) Ces déclarations, ils les déclament à d’autrui, mais l’un à l’autre, jamais ou presque.

My great miseries in this world have been Heathcliff’s miseries, and I watched and felt each from the beginning; my great thought in living is himself. If all else perished, and he remained, I should still continue to be; and if all else remained, and he were annihilated, the universe would turn to a mighty stranger: I should not seem a part of it. (Catherine à Nelly)

My love for Heathcliff resembles the eternal rocks beneath: a source of little visible delight, but necessary. Nelly, I am Heathcliff! He’s always, always in my mind: not as a pleasure, any more than I am always a pleasure to myself, but as my own being. (Catherine à Nelly)

I’m afraid the joy is too great to be real! (Catherine, quand elle apprend le retour d’Heathcliff)

Génération suivante, Hareton et Cathy. Hareton a un bien triste sort : il paye les fautes de son père, Hindley. J’ai toujours un grand moment d’émotion et de stress lors du passage de la balustrade que j’ai déjà mentionné. Pourtant, au début, on pourrait croire que ça va aller, là encore grâce à la bonne Nelly. Mais Heathcliff ne l’entend pas de cette oreille et exerce la majeure partie de sa vengeance sur lui, en le réduisant à l’état dedomestique dans sa propre maison, en lui dissimulant son passé, en le spoliant de tous ses biens, et en le privant de la culture la plus élémentaire. Le pauvre Hareton se trouve alors à la portée de Joseph et devient un rustre. Heureusement, les choses finissent bien pour lui, et ça reste un petit bonheur chamallow pour moi.

I kissed Hareton, said good-by; and since then he has been a stranger: and it’s very queer to think it, but I’ve no doubt he has completely forgotten all about Ellen Dean, and that he was ever more than all the world to her and she to him! (Nelly à Mr Lockwood) Un passage qui m’a vraiment serré le cœur.

Cathy Linton aussi s’en tire très bien par rapport aux autres : son père l’adore littéralement, Nelly lui pardonne tous ses caprices, toutes ses fautes et toutes ses petites méchancetés. On sent combien l’influence de Nelly est bénéfique. Cathy aussi est courageuse, parfois même un peu téméraire, et si elle se montre mauvaise à certains moments, elle garde toujours la capacité d’aimer sans faire souffrir les autres. Elle aussi tombe dans les pièges posés par Heathcliff, mais à un moment où le cercle de la vengeance s’est épuisé. Heathcliff a fait tout ce qu’il pouvait pour tout détruire mais Catherine le hante toujours, et sa dernière solution réside dans la mort. En disparaissant, il laisse le champ libre à Cathy et Hareton, il les libère sans le vouloir (et sans le savoir même, puisqu’il me semble qu’il voulait faire un testament de telle sorte qu’ils n’auraient rien, mais n’en a pas eu le temps). Certes, à part Nelly ils n’ont plus personne, mais il ne tient qu’à eux de bien repartir, de se construire un bel avenir, et c’est comme ça que j’entends la fin du roman.

A golden afternoon of August: every breath from the hills so full of life, that it seemed whoever respired it, though dying, might revive. Catherine’s face was just like the landscape – shadows and sunshine flitting over it in rapid succession; but the shadows rested longer, and the sunshine was more transient. (Nelly à Mr Lockwood)

Linton is all I have to love in the world, and, though you have done what you could to make him hateful to me, and me to him, you cannot make us hate each other! And I defy you to hurt him when I am by, and I defy you to frighten me. (Cathy à Heathcliff)

‘I know he has a bad nature,’ said Catherine, ‘he’s you son. But I’m glad I’ve a better, to forgive it; and I know he loves me, and for that reason I love him. Mr Heathcliff, you have nobody to love you; and, however miserable you make us, we shall still have the revenge of thinking that your cruelty arises from your greater misery! You are miserable, are you not? Lonely, like the devil, and envious like him? Nobody loves you – nobody will cry for you when you die! I wouldn’t be you!’ (Cathy à Heathcliff)

You have left me so long to struggle against death, alone, that I feel and see only death! I feel like death! (Cathy à Heathcliff)

LogolectureanglaisQuelques mots sur l’écriture et l’ambiance, tout de même. Une plume superbe, torturée, très imagée et imaginative aussi. Les sentiments sont décrits à la perfection et toujours de manière subtile. Emily Brontë nous fascine pour le destin d’un être qui se comporte très, très mal, et nous interroge sur la nature humaine, dans une espèce de huis clos de landes magistralement mis en scène, malgré la faiblesse de certains personnages qui ne sont pas assez travaillés. On en parle souvent comme d’un roman gothique, dans l’acceptation du XIXème siècle, et je suis d’accord. C’est sombre, ténébreux, avec les résurgences de spectres ici et là, des mentions de créatures folkloriques et des personnages qui perdent de vue le réel pour les fantaisies de l’esprit.

Je crois que je vais m’arrêter là, ce n’est plus une chronique, c’est un véritable commentaire de texte ! Maintenant qu’il est fait, je pourrais lire la préface du roman quand j’en aurais envie sans être influencée. J’ai relevé tout un tas de citations pendant ma lecture, j’espère qu’elles vous plaisent autant qu’à moi ! Maintenant que j’ai bien l’histoire en tête, je vais pouvoir enfin regarder les adaptations !

I’ve fought through a bitter life since I last heard your voice; and you must forgive me, for I struggled only for you! (Heathcliff à Catherine)

I want you to be aware that I know you have treated me infernally – infernally! Do you hear? And if you flatter yourself that I don’t perceive it’, you are a fool; and if you think I can be consoled by sweet words, you are an idiot: and if you fancy I’ll suffer unrevenged, I’ll convince you of the contrary, in a very little while! (Heathcliff à Catherine)

‘Don’t you see that face?’ she inquired, gazing earnestly at the mirror. And say what I could, I was incapable of making her comprehend it to be her own. (Catherine et Nelly)

Oh, I’m burning! I wish I were out of doors! I wish I were a girl again, half savage and hardy, and free; and laughing at injuries, not maddening under them! Why am I so changed? Why does my blood rush into a hell of tumult at a few words? I’m sure I should be myself were I once among the heather of those hills. (Catherine à Nelly)

I’ll not lie there by myself: they may bury me twelve feet deep, and throw the church down over me, but I won’t rest till you are with me. I never will! (Catherine à Heathcliff)

Heathcliff had knelt on one knee to embrace her; he attempted to rise, but she seized his hair, and kept him down. ‘I wish I could hold you,’ she continued, bitterly, ‘till we were both dead! I shouldn’t care what you suffered. I care nothing for your sufferings. Why shouldn’t you suffer? I do!’ (Catherine à Heathcliff)

Catherine, you know that I could as soon forget you as my existence! Is it not sufficient for your infernal selfishness, that while you are at peace I shall writhe in the torments of hell? (Heathcliff à Catherine)

‘Let me alone. Let me alone,’ sobbed Catherine. ‘If I’ve done wrong, I’m dying for it. It is enough! You left me too: but I won’t upbraid you! I forgive you. Forgive me!’ ‘It is hard to forgive, and to look at those eyes, and feel those wasted hands,’ he answered. ‘Kiss me again; and don’t let me see your eyes! I forgive what you have done to me. I love my murderer – but yours! How can I? (Catherine et Heathcliff)

And I pray one prayer – I repeat it till my tongue stiffens – Catherine Earnshaw, may you not rest as long as I am living; you said I killed you – haunt me, then! The murdered do haunt their murderers, I believe. I know that ghosts have wandered on earth. Be with me always – take any form – drive me mad! Only do not leave me in this abyss, where I cannot find you! Oh, God! It is unutterable! I cannot live without my life! I cannot live without my soul! (Heathcliff à Nelly)

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