Darcy’s Story – Janet Aylmer

[Chronique de juillet 2013]

Je suis toujours à la recherche de nouvelles austeneries à découvrir. J’ai repéré Darcy’s Story il y a un bon moment, à la fois chez Alice et chez Méli. J’ai fini par le commander chez Book Depository, et je l’ai commencé en début de semaine. J’ai passé un très bon moment avec cette lecture, et en même temps j’ai certains reproches à faire à l’auteure, Janet Aylmer.

darcys-storyDarcy’s Story : Pride and Prejudice told from a whole new perspective. Tout est dans le titre. Nous suivons donc l’histoire d’Orgueil et préjugés, mais du point de vue de Darcy. Cette fois, ce n’est pas un journal comme en a fait Amanda Grange. Ce n’est pas Darcy qui parle, le narrateur lui est extérieur, comme dans le roman de Jane Austen. Mais au lieu de suivre Elizabeth, on suit Darcy. L’histoire commence assez vite et commence, logiquement et assez classiquement, avec ce qui s’est passé à Ramsgate avec Georgiana. Puis Darcy est contacté par son ami Bingley, qui lui propose de venir avec lui passer quelques temps dans le Hertfordshire, à Netherfield Park, demeure qu’il a louée. Il fait la rencontre de Lizzie à l’assemblée de Meryton et l’histoire se déroule.

It is a consequence of possessing an income of ten thousand pounds a year that a man may order his life to his own liking, and choose his own society. C’est la phrase qui ouvre le roman, et je la trouve très bien ! Une bonne idée que de modifier celle du roman initial tout en conservant cette structure.

 Qu’y a-t-il de nouveau dans cette version ? L’évolution des sentiments et des réflexions de Darcy est particulièrement bien rendue. On le comprend vraiment de A à Z. La façon dont les changements qui s’opèrent en lui est très intelligente. Il s’interroge, regarde son passé, la manière dont on l’a élevé, et a des prises de conscience successives. On le voit torturé par les paroles que prononce Elizabeth à Hunsford, sous forme de citations reprises plusieurs fois. Ses mots lui reviennent sans cesse, il se désespère un peu plus à chaque fois, et continue d’analyser toute cette entrevue, ainsi que les précédentes. À force, ça devient vraiment répétitif. Certaines phrases sont reprises trop de fois et ont fini par me laisser. Janet Aylmer a clairement écrit un roman pour les Janéites, des personnes qui connaissent déjà bien l’histoire de P&P, c’était donc inutile d’insister autant.

Had Darcy been able to consider the matter dispassionately, he would have realised that he had never been so bewitched by any woman as he was by her.

LogolectureanglaisÀ la place, elle aurait pu mieux développer d’autres aspects. Les personnages du colonel Fitzwilliam et de Georgiana par exemple sont davantage présents, et j’ai aimé voir ses relations avec eux, mais je pense qu’elle aurait pu leur laisser encore bien plus de place ! Le rôle de Georgiana était très sympathique, et éveillait beaucoup mon intérêt, mais les scènes sont courtes et peu nombreuses. De la même manière, nous avons quelques détails de plus sur Bingley, mais rien de très développé. Janet Aylmer, à mon sens, a été frileuse. Comme elle l’indique après la fin du roman, il était très important pour elle d’être parfaitement fidèle au roman, et en cela je lui rends justice. Mais à trop coller à son modèle, elle ennuie parfois. J’attendais impatiemment les grandes scènes du roman d’origine et ne trouvait que peu d’intérêt aux passages entre deux, des vides que l’auteure a essayé de combler avec des résultats mitigés. Des dialogues entiers de P&P sont recopiés et très peu sont inventés. Lorsqu’Elizabeth et les Gardiner se trouvent à Pemberley par exemple, il y aurait eu matière à inventer les conversations qu’ont pu avoir Elizabeth et Georgiana. C’est très bien de rester fidèle au roman, mais dans ce cas je pense qu’elle aurait pu être originale sans changer la trame écrite par Jane Austen.

When a man has been accustomed since his earliest years to command what he desires, a disappointment in matters nearest to his heart must come as more than a severe shock.

Je pense que ce roman est très agréable et plaira aux janéites. J’y ai pris beaucoup de plaisir, mais je m’attendais à trouver des choses en plus que ce qu’on voit déjà dans P&P et ses adaptations, et s’il y en a, c’est trop peu. Il faut quand même que je termine en soulignant la qualité de l’écriture de Janet Aylmer, qui a bien pastiché celle de son modèle. Il y a quelques inégalités, le style n’est pas toujours parfait, mais j’en garde le souvenir d’une plume soignée et agréable. J’avais peur d’avoir du mal à suivre, mais j’ai été étonnée de me faire très facilement à ce style plus difficile que l’anglais moderne. Je crois que c’est un roman abordable pour les gens qui ont déjà lu P&P.

They were within twenty yards of each other, and their eyes instantly met, the cheeks of each being overspread with the deepest blush.

Challenge Austenien

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