Grabben i graven bredvid – Katarina Mazetti

[Chronique de juillet 2013]

L’été dernier, à la Nuit des livres d’Esquelbecq, je suis tombée sur Le Mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti en occasion. Comme j’en avais pas mal entendu parler, et qu’il était à 2€, je l’ai pris. Je l’ai prêté à l’amie avec qui j’étais allée à cet événement très sympathique, et elle a bien aimé, mais sans plus. En septembre, nouvelle classe, nouvelles rencontres, et une fille me dit que c’est l’un de ses livres préférés. Vu comment a tourné notre « amitié », j’aurais dû me douter qu’elle était de mauvais conseil. Bon, en fait j’ai repensé au fait qu’elle me l’avait conseillé alors que j’en étais déjà à la moitié.

Désirée est une veuve qui approche de la quarantaine. Son mari, Örjan, ne lui manque pas vraiment. Elle travaille dans une bibliothèque et est plutôt fière de son niveau de culture. Leur relation était stable mais pas passionnante du tout. Benny a perdu sa mère récemment et vit en célibataire depuis toujours. Il tient la ferme héritée de son père et aime les choses simples. Ces deux êtres vont se rencontrer au cimetière et, sur un malentendu, vont commencer à se fréquenter. Leurs différences vont-elles permettre à leur relation de fonctionner ou au contraire la condamneront-elles ?

Alors que maintenant, qui suis-je ?

Une femme totalement livrée à ceux qui par hasard la voient. Pour les uns, je suis une électrice, pour les autres, piétonne, salariée, consommatrice de culture, capital humain ou propriétaire d’appartement.

lemecdelatombe.inddJe crois bien que c’est mon premier roman d’un auteur scandinave, de nationalité suédoise pour être plus précise. Je savais que la littérature de ces pays est un peu particulière, le style n’est pas celui auquel on peut être habitué, aussi ça ne m’a pas choquée. Le roman est à deux voix. Il alterne à chaque chapitre entre Désirée et Benny. Le langage alterne des métaphores ou des comparaisons assez déjantées et des passages plus crus. La vie n’est pas ici idéalisée mais montrée telle qu’elle est, du moins telle qu’elle est perçue par deux personnages qui pourraient très bien exister (je me demande si l’auteure s’est inspirée de sa propre expérience ou de personnes de son entourage, ou si elle a tout inventé). Ce sont donc deux réalités qui nous sont dépeintes. L’humour de ce roman est généralement très souligné. C’est vrai qu’il est présent, quelques formulations m’ont faire sourire, mais rire certainement pas, et la plupart du temps il ne sert qu’à « cacher la misère ».

Le roman est court, et se lit très vite. Malgré cela, je me suis ennuyée. Je n’ai pas trouvé l’histoire intéressante. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, malgré qu’on soit dans leur tête et qu’ils s’expriment directement. Je les ai trouvés insipides et franchement ch*ants. Ils ne sont pas sympathiques du tout, mais Désirée est encore pire que Benny, elle est juste insupportable. Leur relation m’a encore plus ennuyée, car pour moi elle n’est pas probable. Certes, on dit que les opposés s’attirent, et se complètent, mais pour en voir fait l’expérience quand j’étais plus jeune, ce n’est jamais une bonne chose. Alors s’enticher de quelqu’un de très différent de par son mode de vie, sa culture et en gros tout son être, c’est plausible quand on est adolescents. Mais quand on a la trentaine, qu’on sait plus ou moins consciemment ce qu’on veut dans la vie, je trouve que ce genre d’histoire fait « faux ». Je crois beaucoup plus au « qui se ressemblent s’assemblent ». Non pas qu’il faille être parfaitement identiques, les goûts peuvent diverger, c’est comme ça que l’on enrichit le couple. Mais n’avoir rien en commun et envisager une relation sérieuse, c’est se mettre profondément le doigt dans l’œil. La fin est pour moi du grand n’importe quoi. C’est censé être original, je trouve ça stupide. Ajoutons à cela que le déroulement de l’histoire n’est absolument pas surprenant, et bien ça fait un livre pour lequel je regrette un peu d’avoir passé du temps à le lire.

J’ai regardé rapidement ce qui se disait sur la suite de ce roman, Le Caveau de famille. Il m’a l’air encore pire vu ce qui m’a ennuyée dans ce premier tome. Je ne devrais pas le lire vu que je n’ai pas aimé, et pourtant je me connais, je suis trop curieuse et je finirais sûrement par le lire un jour. En tout cas, je ne conseillerai Le Mec de la tombe d’à côté à personne. J’espère que mes prochaines expériences avec des auteurs scandinaves se passeront mieux.

Mieux vaut franchir les minutes

une à une

les avaler comme des pilules amères

essayer de ne pas penser

à toutes celles qui restent

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