A Rare Interest in Corpses – Ann Granger

[Chronique de septembre 2013]

Cet été, on a beaucoup entendu parler d’une nouvelle parution chez 10-18 : Un intérêt particulier pour les morts d’Ann Granger. Le résumé me plaisait franchement, la couverture est très belle, et donc j’ai craqué dessus au détour d’un rayon. Sur une impulsion, je l’ai commencé le week-end dernier et pouf !, le voilà fini ! En plus, c’est ma première participation pour le challenge XIXème siècle, je suis contente !

uninteretparticulierNous sommes à Londres, au printemps 1864. Miss Elizabeth Martin arrive à la gare, prête à démarrer sa nouvelle vie. A vingt-neuf ans, sans argent suite à la mort de son père, elle a pris la place de demoiselle de compagnie de Mrs Parry, la veuve de son parrain. Très vite, elle apprend que la précédente demoiselle de compagnie, Madeleine Hexham, a disparu du jour au lendemain, et son cadavre est retrouvé alors que Lizzie vient à peine d’arriver. Son intelligence et sa bonté la poussent à s’interroger sur cette affaire, et elle n’est pas la seule. L’inspecteur de Scotland Yard Benjamin Ross tient également à comprendre ce qui est arrivé à Madeleine, et Lizzie pourra compter sur lui.

Ce roman est paru en Grande-Bretagne en 2006. Pourquoi avoir attendu sept ans avant de le traduire en France ? C’est un petit bijou ! J’ai été prise dedans dès le début. Première surprise : le roman est narré à la première personne et à deux voix (Lizzie et Ben, mais il y a plus de chapitres avec Lizzie). Dès les premières lignes, je me suis trouvée propulsée à Londres en 1864. Les descriptions sont si précises et pleines de vie, sans s’étaler sur des paragraphes, que nous sommes plongés directement dans l’ambiance, comme si nous y étions. L’écriture est très agréable, soignée sans être compliquée, et comme je l’aimais beaucoup, j’ai été déçue de voir des erreurs de français de-ci de-là.

Dès le début également, le caractère de Lizzie m’a énormément plu. Elle a la tête sur les épaules, elle est pleine de bon sens, gentille avec ceux qui le méritent, n’a pas la langue dans sa poche, ne manque pas d’humour et se montre à l’occasion impertinente. Il lui arrive de parler trop vite, ce qui lui cause parfois des ennuis, mais cela ne l’empêche pas de réfléchir correctement. J’ai apprécié qu’elle ait vingt-neuf ans et ne soit pas une petite minette. Je ne serais pas étonnée si Ann Granger est une grande fan de Jane Austen et d’Elizabeth Bennet, car sa Lizzie a de nombreux communs avec cette Lizzie-là. Ben m’a plu également, pour des raisons assez similaires. Il est honnête, cherche à bien faire son travail, il est lucide sur le monde qui l’entoure mais il ne manque pas non plus de gentillesse et il peut se montrer maladroit dans certains circonstances. En bref, des héros qui m’ont beaucoup plu et que j’ai hâte de retrouver dans de prochains romans !

Les personnages secondaires sont également tous intéressants et en quelques mots Ann Granger les rend palpables, on se les imagine parfaitement, au niveau du physique comme du psychique. On ne peut s’empêcher de chercher le coupable parmi eux et personnellement, l’auteure m’a bien bernée ! Elle détourne habilement l’attention du lecteur du personnage concerné, nous perd sur de fausses pistes en même temps que ses deux héros grâce à sa mise en scène des travers de l’être humain. Car oui, on a tous nos défauts, et dans un contexte d’enquête pour meurtre, chacun peut devenir suspect à cause de l’un de ses travers. La seule chose qui m’a paru un peu étrange, c’est que Londres est quand même une ville énorme, et pourtant Lizzie tombe souvent sur quelqu’un, au meilleur comme au pire moment, ce qui à mon avis manquait un peu de réalisme.

C’était une excellente lecture, très divertissante et enrichissante à la fois, et je pense que la suite atterrira directement dans ma bibliothèque dès sa parution !

Telle une vieille dame desserrant son corset, la locomotive émit un long soupir, puis elle enveloppa tout et tout le monde dans un linceul de vapeur et de fumée. La nuée tourbillonna au tour du quai et monta jusqu’au plafond de la gare où elle resta piégée.

ChallengeXIXeme2

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s