Caroline Bingley – Jennifer Becton

[Chronique de septembre 2013]

Samedi, j’ai terminé l’une de mes lectures en cours, et aussitôt je me suis lancée dans une autre lecture détente, une austenerie cette fois : me voilà partie dans Caroline Bingley. Il ne m’a pas fallu vingt-quatre heures pour en venir à bout. Certes, j’avais décidé de glander tout le week-end (et je ne le regrette pas une seconde vu le lundi pourri que je viens de me taper), mais c’est dû également au fait que j’ai véritablement passé un bon moment avec ce roman para-austenien de Jennifer Becton. Pour mémoire, j’avais déjà beaucoup apprécié Charlotte Collins. Celui-ci ne m’a pas autant plu, mais ça reste un bon roman consacré pourtant à cette détestable Caroline !

caroline-1Nous sommes juste après le mariage de Bingley et Jane : Caroline est en route pour Kendal, dans le nord du pays, envoyée en exil par son frère qui ne lui a pas laissé d’autre choix puisqu’elle a refusé de présenter ses excuses à Elizabeth, devenue Mrs Darcy. Aussitôt sur place, Caroline fomente ses plans pour retrouver une place plus élevée dans la société, mais ses plans ne vont pas bien se dérouler…

Consacrer tout un roman à cette peste de Caroline, qu’on a (que j’ai en tout cas) envie de gifler tant en lisant le roman qu’en visionnant les adaptations ? Pari risqué pour Jennifer Becton, mais je dois dire, pari réussi ! Avoir son point de vue sur la situation permet déjà de relativiser sa « méchanceté ». Certes, ce n’est pas une sainte, elle n’est pas gentille et ne vise que ses propres intérêts ; mais comment s’en sortir autrement dans une société où les hommes décident encore de tout ? Comment réfléchir autrement quand on a été conditionnée dès l’enfance à se trouver le plus beau parti imaginable et à briller en société ? Si on n’en vient pas à aimer Caroline, malgré tout on peut la comprendre, et personnellement j’ai même apprécié certains de ses traits d’esprit.

L’écriture de Jennifer Becton est telle que je m’en souviens : agréable, fluide, sans accroc. Globalement, les conventions sont bien respectées, même si deux-trois choses m’ont paru un peu exagérées. L’auteure a su distiller un peu d’humour dans une histoire pourtant pas si drôle, et c’est agréable. Les nouveaux personnages ne sont pas trop nombreux et ont tous leur place dans cette nouvelle configuration des choses. Je regrette seulement qu’on ne voie pas davantage les personnages principaux d’Orgueil et préjugés, qui sont tout de même présents, bien lus que dans les livres d’Elizabeth Aston. Sur l’histoire en elle-même, eh bien, je dois dire que j’avais tout deviné dès l’apparition d’un certain monsieur. Les péripéties diverses et variées menant à l’inévitable mariage ne m’ont pas moins divertie, j’étais ravie de voir Caroline se tromper, chuter, se relever, ouvrir enfin les yeux… Et trouver sa propre fin bien elle, indépendante de tous.

Je suis décidément très étonnée par cette auteure américaine qui, sans révolutionner le genre des austeneries, est parvenu par deux fois à me faire passer un très bon moment de lecture. Je me suis d’ailleurs lancée dans sa nouvelle intitulée Maria Lucas: A Short Story in the Personages of Pride & Prejudice Collection, qui fait « suite » à Charlotte Collins et dont je vous parlerai bientôt. Je ne serai absolument pas contre d’autres romans du même style, sur Kitty ou Mary Bennet peut-être ? Rien ne semble prévu de ce genre chez l’auteure pour l’instant, et c’est bien dommage.

ChallengeXIXeme2

Challenge Austenien

Publicités

Une réflexion sur “Caroline Bingley – Jennifer Becton

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s