Captain Wentworth’s Diary – Amanda Grange

[Chronique de novembre 2013]

Je continue avec plaisir la lecture des Journaux d’Amanda Grange. Le journal sorti ce mois-ci est celui du Capitaine Wentworth. Vous le savez peut-être, Persuasion n’est pas mon roman préféré de Jane Austen. C’est le seul livre de l’auteure que j’ai lu en entier deux fois pour l’instant. L’héroïne, Anne Elliot, m’exaspère, et jusqu’à il y a peu, je n’appréciais pas particulièrement le Capitaine Wentworth non plus (même Rupert Penry-Jones ne me convainquait pas !). J’ai réfléchi, lu des articles très enthousiastes sur le roman et l’adaptation, et j’en suis venue à comprendre l’engouement pour cette histoire. La fidélité des personnages, la situation difficile d’Anne, les huit années de séparation… Et puis les filles (je pense à Alice et Méli notamment) n’ont pas tort,  Rupert Penry-Jones fait un héros austenien très séduisant. Ma lecture de cette histoire du point de vue du capitaine a-t-il achevé de changer la donne ?

lejournalducapitainewentworth308735250400Le roman d’Amanda Grange commence en 1806, alors que Frederick Wentworth, capitaine en permission, rend visite à son frère dans sa paroisse. Lors des soirées mondaines, il rencontre Anne Elliot et sera rapidement fasciné par elle, mais leur histoire va tourner court. Huit en plus tard, le Capitaine Wentworth revient à terre et rencontre Anne à nouveau…

Ce roman reprend la trame qui m’avait tant plu dans Le Journal du Colonel Brandon : l’auteure revient sur des faits qui sont seulement mentionnés dans le roman de Jane Austen et les détaille sur des dizaines de pages. Ici, on revient donc sur la naissance de l’amour qui lie Frederick et Anne. On découvre des jeunes gens plein d’entrain, aux nombreux points communs, qui sont heureux ensemble. Mais déjà, on rencontre les insupportables Elliot (le père et la sœur aînée) ainsi que Lady Russell, marraine d’Anne. Des moments m’ont sérieusement échauffé les oreilles, j’étais en colère contre ces trois personnages qui prennent vraiment Frederick pour de la m****, mais aussi Anne, en ce qui concerne les deux premiers. J’ai vraiment eu mal au cœur pour le capitaine, la rupture des fiançailles est vraiment un moment douloureux où je m’identifiais énormément au héros. Et, comme lui, j’en voulais à Anne pour sa faiblesse. J’ai beaucoup apprécié cette première partie.

La deuxième partie colle davantage à Persuasion, néanmoins on voit peu Anne. Très effacée même quand elle est l’héroïne, elle reste peu visible, s’occupant de son neveu, logeant chez Lady Russell, partie à Bath… On côtoie bien plus l’Amiral Croft et son épouse, ainsi que les Musgrove au grand complet, et aussi les amis de la Marine, Harville, Benwick et un dénommé Jenson. J’ai trouvé les réflexions du capitaine très plausibles. Blessé dans son orgueil et dans son amour, il décide de profiter de la vie en faisant le paon, quitte à blesser Anne par ses attentions à d’autres jeunes filles. Puis le drame survient, et il se rend compte de sa sottise. Il n’a alors de cesse de réparer ses erreurs. Contrairement à moi, le héros pardonne à Anne sa faiblesse d’antan. Il a raison après tout, ça fait huit ans ! Et en même temps, moi je ne peux pas. Certes, Anne s’affirme davantage sur la fin et prend ses décisions sans y glisser de conditions dépendant d’autres personnes. Néanmoins, elle reste très bonne poire. Son père et sa sœur continuent de lui infliger des  soufflets et elle ne dit rien. Tout le monde l’utilise (« tiens, Anne n’a qu’à jouer pour que nous dansions » ou « Anne peut s’occuper des enfants »…) et elle se laisse faire. Oui elle est intelligente et rit intérieurement de la bêtise des autres, mais ça ne suffit pas pour me convaincre. A la place du capitaine, je ne pense pas que j’aurais choisi Anne.

Donc voilà, j’ai passé un très bon moment avec ce roman, que j’ai dévoré samedi, et j’apprécie finalement beaucoup Frederick Wentworth, amoureux transi et fidèle, homme valeureux qui commet aussi ses erreurs, mais le fait que sa moitié se trouve être Anne Elliot continue de me déplaire. Il faut que je relise Mansfield Park, car il me semble que j’avais fait un reproche similaire à Fanny Price lors de ma lecture il y a… au moins cinq ans. Peut-être détrônera-t-elle Anne ! Déjà, Edmund Bertram ne vaut pas Frederick Wentworth…

Challenge Austenien

ChallengeXIXeme2

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