♥ Mr Harrison’s Confessions – Elizabeth Gaskell

[Chronique de janvier 2014]

Au début de l’année dernière, j’ai découvert Elizabeth Gaskell avec son roman le plus connu, Nord et Sud. Depuis, je n’ai pas lâché l’idée de mieux connaître cette auteure anglaise du XIXème siècle. Je n’ai pas résisté lorsque je suis passée au Furet je ne sais plus quand, et j’ai acheté Les confessions de Mr Harrison, un tout petit roman de 150 pages.

confessionsLe roman s’ouvre lors d’une soirée. Mr Harrison (de son prénom Will, ou Frank, l’auteure elle-même semble s’être embrouillée !) reçoit Charles (son frère ? cousin ? il me semble que ce n’est pas précisé, mais il s’agit d’un membre de sa famille proche), qui lui demande comment il s’est dégoté une épouse aussi agréable. Ainsi commence le récit de Mr Harrison de son arrivée et de ses premiers mois dans la petite bourgade de Duncombe…

Je dois dire que j’ai été très surprise par ce livre. La quatrième de couverture annonce un roman léger, où les femmes pépient et se battent pour le nouveau célibataire en ville. Je m’attendais à une histoire vraiment frivole, vu qu’elle couvre peu de pages. En fait, c’est vraiment un roman complet, qui comprend tout ce que j’attends d’un bon livre. Au début de ma lecture, j’étais assez neutre, je lisais avec plaisir mais sans empressement, sans réelle curiosité pour la demoiselle qui remporterait la main du jeune homme, qui est en plus un nouveau médecin en ville. Et puis, au fur et à mesure, j’ai été vraiment prise dans l’histoire.

Elizabeth Gaskell sait nous dépeindre avec vivacité cette petite communauté où Mr Harrison apprend à évoluer. Certes, il y a des personnes vraiment futiles dans son entourage et Mr Harrison a ses défauts aussi, mais le roman en lui-même est loin d’être futile. L’épisode du petit Walter, par exemple, est tout ce qu’il y a de plus sérieux, ainsi que le passage sur John Bouncker. La pratique de la médecine, au-delà de l’aspect technique, n’est pas chose aisée et l’auteure non seulement l’a bien compris, mais le fait aussi bien comprendre à son lecteur. Les personnages sont nombreux pour une petite histoire, mais bien identifiés. On les cerne rapidement, grâce aux précisions pertinentes du narrateur, et on se concentre sur ceux qui vont avoir un rôle à jouer dans le destin de Mr Harrison.

Le résumé promettait un livre drôle, et au début je ne trouvais pas vraiment, encore moins avec les deux passages cités ci-dessus. Et puis d’un coup, la situation a basculé, et là je n’ai pas cessé de rire, et en même temps je m’inquiétais vraiment pour ce pauvre Mr Harrison, qui se retrouve dans une situation vraiment cocasse mais aussi très difficile à démêler. La fin m’a pleinement satisfaite et contrairement à ce qui m’arrive souvent, je n’ai pas trouvé que le roman se finissait trop rapidement ou brutalement. J’étais très contente en refermant le roman. Evidemment, comme cette lecture m’a beaucoup plu, j’aurais voulu que le livre fasse le double de pages, et en même temps il est très bien ainsi, Elizabeth Gaskell a parfaitement géré son affaire.

Vous ne retrouverez pas dans ce roman ce qui plaît tant dans Nord et Sud parce qu’il ne s’agit pas du tout du même type d’approche. Pas d’histoire d’amour magnifique (même si Mr Harrison est vraiment cute en amoureux éperdu), pas de psychologie des personnages extrêmement approfondie (mais présente tout de même dans une juste mesure), mais un roman drôle et émouvant, très vif dans sa peinture d’une petite communauté, et un roman qui mérite vraiment d’être lu et apprécié.

[…] [Mr Morgan] me fit don d’un crâne à poser au sommet des rayonnages […] où tous mes ouvrages médicaux, bien alignés, garnissaient les étagères les plus en vue, alors que Miss Austen, Dickens et Thackeray étaient adroitement déposés par Mr Morgan lui-même, avec une apparente négligence, la tête en bas ou le dos contre le mur.

*****

« Quel plaisir de vous voir, Mrs Munton, commença Mrs Rose, vous qui êtes si rarement assez bien portante pour sortir. » Par la porte mal fermée, j’entendis le murmure indistinct de Mrs Munton : Patati, patata, blablabla, gnagnagna.

ChallengeXIXeme2

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