Austenland – Shannon Hale

[Chronique de février 2014]

Je suis d’un œil plus ou moins intéressé les sorties des éditions Charleston. Certaines me font carrément baver (bon j’exagère, je suis propre quand même), d’autres me laissent indifférente. L’an dernier, à la sortie de Coup de foudre à Austenland traduit pour la première fois en français, j’avais regardé le résumé, des avis, mais je n’étais pas très motivée vu que je ne suis pas très chick-lit et que mes austeneries préférées pour le moment sont les sequels. Cependant un film est sorti, adapté du bouquin, et je me suis dit que quand même, je n’allais pas regarder une austenerie sans l’avoir lue d’abord, question de principe.

For Colin Firth
You’re a really great guy, but I’m married, so I think we should just be friends.

austenland2Jane Hayes a trente-deux ans lorsque sa grand-tante Carolyn vient la voir avec sa mère à New-York. Jane est pétrifiée : sa vieille parente a percé son secret. Elle sait qu’elle est obnubilée par Mr Darcy. D’ailleurs, elle en a honte et cache le DVD vu et revu de l’adaptation de 1995 de Pride & Prejudice derrière une plante. Un an plus tard, sa tante meurt en lui léguant un étrange cadeau : trois semaines de vacances à Pembrook Park, une demeure dans Austenland, où on vit comme au début du XIXème siècle. Jane hésite un peu, et finalement se décide à y aller, avec l’objectif de se guérir de sa fantaisie sur Mr Darcy.

It is a truth universally acknowledged that a thirty-something woman in possession of a satisfying career and fabulous hairdo must be in want of very little, and Jane Hayes, pretty enough and clever enough, was certainly thought to have little to distress her.

J’ai hésité à le lire en français ou en anglais, et puis j’ai opté pour l’anglais, en m’en tenant à mon idée de lire plus dans cette langue et en espérant que la langue serait facile. C’est le cas. Je n’ai pas eu de mal à comprendre l’écriture de Jane Hayes, très fluide. Les chapitres vont tout seul. Je n’ai commencé à regarder de temps à autre le dico quand Jane arrive à Pembrook Park, pour apprendre plus de vocabulaire sur les vêtements, les réactions, etc. Je crois que j’ai vraiment bien fait de choisir la VO car j’ai tout l’impression que la traduction n’est pas folichonne, mais je me trompe peut-être. C’était amusant de constater les sauts de l’anglais à l’américain. Je n’ai sans doute pas repéré tous ces changements mais généralement ça se voit bien et le décalage fait rire. C’est d’ailleurs lié à un autre décalage, celui entre le XIXème siècle et entre le XXIème. J’ai d’ailleurs trouvé que l’auteure avait beaucoup d’humour, ou en tout cas un humour qui fonctionne sur moi ! Je ne me suis pas écroulée de rire mais je me suis très souvent esclaffée et j’avais quasiment toujours le sourire aux lèvres pendant ma lecture, sauf aux passages où on apprend les mensonges, trahisons et autres tromperies, et là j’étais plutôt genre : naaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! la pauuuuuuuuuuuuuuvre !

J’aimerais parler un peu de la construction de la narration, que j’ai trouvé très sympa. Le livre commence « 1 year ago », puis on passe à 6 mois, 1 mois, et quand Jane arrive à Pembrook Park, chaque chapitre est précédé d’une explication (souvent très drôle) sur les différents petits-amis qu’elle a eus. Les chapitres sont décomptés à partir de là en jour (puisqu’elle passe trois semaines à Austenland). Cette façon de construire le récit fait qu’il se lit très vite. L’auteure emploie une narration à la troisième personne très libre, ce qui fait que la plupart du temps on sent bien que ce sont les pensées de Jane qu’on lit, même si l’auteure se permet des commentaires !

austenlandConcernant le personnage principal, j’avais un peu peur de ne pas l’aimer. J’avais vu la BA du film et l’actrice m’avait laissé une impression désagréable. C’est vrai qu’elle a ses défauts, elle est parfois un peu ridicule, a parfois un côté un peu looser, mais Shannon Hale nous amène à la comprendre. Pas à la plaindre par contre. C’est à elle d’ouvrir les yeux et de se pousser aux fesses pour ne pas laisser son admiration pour Mr Darcy et les romans de Jane Austen en général lui pourrir la vie. Il faut dire qu’Austenland aide bien à la prise de conscience qui ne manque pas d’arriver. Certes, le concept fait rêver, mais sa mise en œuvre est détestable à mon avis ! Rien que Mrs Wattlesbrook, la propriétaire de Pembrook Park, est insupportable. Certains autres personnages sont simplement ridicules, comme Tante Saffronia. D’autres jouent très bien leur rôle. Tout le monde semble jouer un rôle à Austenland, et démêler qui est sincère de qui ne l’est pas s’avère bien difficile pour Jane, mais j’ai bien aimé Miss Charming, qui m’a fait rire et qui était claire dès le début ! Je dois bien parler de lui un peu… Bah, j’vais pas charrier, il est vraiment un chouette type. On les préfère renfrognés et détestables au début et romantiques à souhait à la fin, non ?

“How do you do, Miss Erstwhile, what-what?” said Miss Charming, her tightened lips trembling with the effort of approximating a British accent.

LogolectureanglaisParlons du côté romantique d’ailleurs. J’avais vu beaucoup de chroniques déplorant le côté too much de la fin. C’est pas faux (Cassie je t’entends venir, si j’ai tout compris !), l’histoire perd en crédibilité, mais personnellement ça ne m’a pas dérangée, parce que je ne recherche pas cet aspect dans les comédies romantiques faites de nos jours. C’était mignon, ça collait avec le reste, ça apportait la happy end qu’on voulait. Quant à l’aspect Janéite, on n’est pas dans une réécriture moderne de l’un des romans d’Austen, mais il se retrouve dans les rapprochements que fait l’héroïne. Elle compare les situations qu’elle voit dans Austenland avec des scènes des romans austeniens par exemple. Et bien sûr, il y a le personnage qui « incarne » Mr Darcy, même s’il n’a pas tout à fait le même caractère. Evidemment, il y a aussi tout le décor XIXème, factice mais prenant. Pendant 30 jours, Jane ne porte sur des robes Empire et des petites chaussures, a toujours un bonnet lorsqu’elle sort, le rituel du dîner, les conversations tantôt pleine d’esprit, tantôt insipides…

Je ne sais pas si cette chronique est très claire ni même intéressante, en tout cas tout ça c’est pour dire que j’ai vraiment apprécié cette lecture, qui m’a embarquée à fond le temps qu’elle a duré ! C’est presque un coup de cœur, c’est pour dire. Je serais plus encline dorénavant à lire ce genre d’austenerie. J’ai vu le film, mon avis viendra bientôt j’espère !

They wore the high-collared vests, cravats, buttoned coats with long tails, and tight little breeches that had driven Jane’s imagination mad on many an eventful Tuesday night.

Challenge Austenien

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