Fangirl – Rainbow Rowell

[Chronique de mars 2014]

Chaque nouvelle parution agite la toile d’une manière ou d’une autre. Celle de Fangirl, un roman américain de Rainbow Rowell traduit chez Milady il y a peu, avait retenu mon attention pour une raison assez floue. Ayant eu envie à un moment de lire quelque chose de facile, je me suis lancée dans cette histoire, sans trop savoir à quoi m’attendre. Je vous donne le résumé tout fait parce que je n’ai pas trop d’idées pour en faire un différent.

fangirl« Cath est fan de la série Simon Snow, comme le reste du monde. Sauf qu’elle ne se contente pas d’endosser le costume de son héros favori à chaque avant-première, elle va jusqu’à écrire la suite des aventures du jeune mage, et publie ses histoires sur un site où sa fanfiction est suivie par des milliers de lecteurs.

Tout bascule le jour où Wren, sa sœur jumelle, qui partage sa passion depuis toujours, décide de faire chambre à part sur le campus universitaire. Alors que Wren s’apprête à profiter dignement des joies de la vie étudiante, Cath est soudain projetée dans un univers hostile où elle va devoir se confronter à des gens bien réels : son père, publicitaire qui frise le surmenage, une prof de littérature qui méprise la fanfic, et une coloc un peu revêche, au petit ami omniprésent…« 

Pourquoi écrivons-nous de la fiction ? […] Pour que tout s’arrête, pensa Cath. Pour ne plus être qui que ce soit… où que ce soit…

J’ai vraiment apprécié cette lecture, et en même temps je reste un peu mitigée, sans trop savoir dire pourquoi. La façon dont le récit est mené est un peu surprenante. L’histoire commence le jour où Cath s’installe dans sa chambre sur le campus universitaire, et on est projeté dans sa vie sans pouvoir poser de question. Bien sûr, on va en apprendre plus sur Cath et sa famille au fur et à mesure, mais il y a vraiment quelque chose d’étonnant dans la façon dont c’est fait, et je ne saurais pas dire en quoi. Néanmoins, dès le début je me suis attachée à Cath. Je me suis souvenu de mes angoisses à chaque rentrée, de mes difficultés à rencontrer des gens, de mes peurs irraisonnées… Cath est comme ça, comme moi, mais en pire, car elle vivait auparavant dans un milieu assez sécurisant, entre son père et sa jumelle. En plus, elle adore, adule la série Simon Snow.

Cette saga inventée par Rainbow Rowell n’est pas sans rappeler Harry Potter : un orphelin vient suivre des cours dans une école où on enseigne la magie et il est celui qui doit vaincre le grand ennemi des mages. L’auteure tout à la fois se moque gentiment de ces fans qui virent un peu foufous et qui ne voient parfois même pas les aspects un peu too much de leur passion et nous amène à les comprendre. Cath vit pour Simon et Baz, elle vit pour les faire vivre eux, à travers ses fanfictions. Et elle est vraiment douée pour ça, mais la fanfiction n’a pas vocation à devenir un métier, un auteur de fanfic ne peut pas être publié. Pour Cath, écrire autre chose est impensable, et c’est pourtant bien ce que Mme Piper, la prof d’écriture de fiction, lui demande. On la voit lutter tout au long du roman contre les autres et contre elle-même, perdue quant à ce qu’elle veut faire et ce qu’elle peut faire.

Ses relations avec les autres m’ont généralement beaucoup touchée. J’ai beaucoup aimé sa coloc Reagan, qui est une forte tête au bon cœur. Lévi avec son sourire jusqu’aux oreilles est LE type qu’il faut rencontrer en première année, quand on est paumé et qu’on a besoin d’aide pour s’adapter. Le père de Cath m’a aussi fait beaucoup de peine. Il fait de son mieux pour tout gérer, mais ça ne suffit pas toujours. Son amour pour ses filles est vraiment beau. Quant à Wren, c’est avec elle que j’ai eu le plus de mal (si on met de côté Nick et Courtney qui sont nuls de toute façon). Elle veut grandir, mais elle fait n’importe quoi, se comporte de manière encore plus égoïste que Cath et au final fait du mal à tout le monde. J’évite de vous en dire plus parce que j’ai peur de gâcher des pans entiers du roman à ceux qui ne l’ont pas lu.

Cela dit, je peux te faire quelque chose si tu veux. Des œufs, par exemple.
Lévi sourit de toutes ses dents.
– Je pourrai te regarder les pondre ?
Cath sourit.
– Pathétique.

En fait, ce que j’ai aimé, ce sont les personnages, souvent touchants, drôles et vrais, la façon dont est abordée cette période délicate de la vie entre l’adolescence et l’âge adulte (je suis en plein dedans en même temps) et le thème de la fanfiction, sur lequel l’auteure nous livre plein de réflexions intéressantes. Je suis plus circonspecte sur le style, qui a vraiment un truc étrange. C’est bourré de références actuelles et de moments sympathiques. Un bon roman pour les jeunes gens, à mi-chemin avec une romance, et qui m’a donné envie d’essayer d’autres romans de Rainbow Rowell, peut-être en VO.

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