Saisons Païennes, Beltane : Pour que l’histoire s’achève – Stéphane Soutoul

[Chronique de mai 2014]

Troisième billet pour la lecture commune de Saisons Païennes, cette fois consacré à la célébration de Beltane. J’étais enthousiaste pour la nouvelle correspondante, puisque c’est celle de Stéphane Soutoul !

beltaneJe commence à bien connaître les textes de cet auteur, mais là j’ai été très surprise ! Nous suivons Sellina, jeune femme en début de trentaine qui a renié s famille, dont les représentantes féminines ont perpétué les traditions païennes jusqu’à notre époque moderne. Quand un évènement privé vient bouleverser sa vie bien ordonnée et qu’elle se met à rêver de ses défuntes parentes, elle commence à douter.

Stéphane Soutoul a décidé de traiter la célébration de Beltane sous un angle bien particulier. Pour fêter le renouveau de la vie et le retour à la lumière après un très long hiver, pas de feux de joie autour desquels on danse, mais un feu beaucoup plus métaphorique, ce qui donne une nouvelle au caractère érotique affirmé ! Cela en gênera certains, mais pour ma part j’ai trouvé ça bien fait, très croustillant ! Il existe de nombreuses informations sur Beltane mais l’auteur, tout en conservant le sens originel de cette fête, ne tombe pas dans la facilité en reprenant les pratiques les plus connues, tout en faisant le lien avec de grands thèmes proches de Beltane, comme la fertilité et l’image du cerf, que je lie avec Cernunnos, divinité gauloise dont le peuple fêtait aussi une variante de Beltane. Et oui, pour cette fête, pas besoin d’aller dans des contrées spécifiquement gaéliques ! J’ai aussi apprécié la façon dont le « rituel » profite à la vie de Sellina mais aussi à tous, en remettant les choses dans leur ordre naturel.

Petite chronique, mais difficile d’en dire plus sans vous spoiler le contenu ! En tout cas j’ai beaucoup aimé. Petite citation pour finir :

Très jeune, je fis le choix de ne pas gâcher mes belles années à célébrer des fêtes en l’honneur d’un panthéon occulté des mémoires. Je ne voulais pas me sacrifier, sentir peser sur mes épaules le fardeau d’une responsabilité aux raisons qui m’échappaient. Dès ma majorité, je pris les études comme prétexte pour quitter le fief familial et ne plus jamais y remettre les pieds.

A présent, passons aux éléments que j’ai réunis sur le fête Beltane. Là encore, je ne suis pas spécialiste, et pour le coup je vous conseille l’article de Cassie sur le sujet, qui est très beau !

Beltane, c’est le 1er mai dans toutes les cultures européennes. « The May Day » chez les Britanniques, la fête du Travail chez nous, accompagnée du traditionnel muguet, tout ça vient des anciennes pratiques de Beltane. C’est l’une des quatre fêtes gaéliques principales (autour des saisons) avec Samhain, Imbolc et Lughnasadh. Cette célébration marque toujours le début des beaux jours avec l’arrivée proche de l’été, et donc la fin du froid, de l’hiver souvent rigoureux et aussi la reprise de la vie : les plantes poussent, les fleurs éclosent, les animaux ont plein de petits. Chez les Géaliques, on pensait que c’était un moment de l’année où le voile entre notre monde et celui des créatures féeriques était très mince, il fallait donc éviter les lieux réputés pour être fréquentés par « le Petit Peuple ».

Dans les coutumes les plus répandues, on trouve les grands feux et la conduite du bétail autour de ces foyers, dans un rituel fait pour protéger les cultures, les animaux et les gens au début de la saison où l’on fait paître. C’était également censé encourager la croissance des cultures et la fertilité. On décorait les maisons, les arbres et les animaux avec des fleurs. Il existait en France la tradition de l’arbre de mai et surtout de la « Belle de mai ».

En Gaule, cette fête était mois liée aux saisons. C’était une célébration sacerdotale conduite par les druides en rapport avec Belenos, qui représente le dieu primaire Lug sous sa forme lumineuse, et avec Belisama, « la Très Brillante », pendante du précédent. C’est essentiellement une fête du renouveau qui marque une rupture dans l’année, avec le changement du rythme de vie par rapport à l’hiver, bien plus calme. Avec le passage à la saison claire, on reprenait la chasse, la guerre, les razzias, les conquêtes et aussi les travaux agraires et champêtres. C’est quelque part l’exact opposé de Samhain. On peut y voir aussi la symbolique de la mort psychique et de la renaissance spirituelle. Comme en Irlande et d’autres contrées gaéliques, des feux étaient allumés, au travers desquels on faisait passer du bétail (ou entre deux feux, ou par-dessus les cendres), toujours dans cette optique de s’attirer la protection des dieux, à qui l’on faisait d’ailleurs des sacrifices d’animaux.

Dans les autres pratiques, on peut aussi mentionner la danse autour d’un mât de mai (un grand poteau planté dans le sol qui remplace l’arbre, symbole phallique, avec des rubans de toutes les couleurs attachés en son sommet et chaque participant tournant autour du mât avec un ruban dans la main), la pratique de la divination, les rituels de protection des maisons, les cueillettes de plantes (en particulier des orties) ou encore les sauts au-dessus des feux pour s’assurer bonheur et fertilité.

Au final, comme pour Ostara, le folklore s’est emparé de cette fête, qui a au fil des années perdu son nom et son caractère païen, pour devenir une fête populaire, la fête du 1er mai.

Mes sources sont, comme d’habitude, les Wikipédia anglais et français. Et comme d’habitude, je ne me suis pas penchée sur le côté wicca de la chose, donc si ça vous intéresse, n’hésitez pas à fouiner ailleurs !

lcsaisonspaiennes

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