Al’bert – Léon Tolstoï

[Chronique de juillet 2014]

Ce sera une petite chronique, normal vu qu’Un musicien déchu est une nouvelle de Tolstoï, achevée en 1858. Son sujet principal en est, bien sûr, la musique… Lors d’une soirée privée qui s’est éternisée jusqu’aux dernières heures de la nuit, où le beau monde de Saint-Pétersbourg essaie de se divertir, une sorte de vagabond fait irruption et se met à jouer du violon, remuant jusqu’à l’âme des personnes présentes. Délessov n’y sera pas insensible et va décider de l’aider à sortir de la rue.

unmusiciendechuJ’adore cette petite collection chez Mille et une nuits, les ouvrages sont généralement pleins de petites choses intéressantes. Ici, il y a d’abord le texte tel que finalisé par Tolstoï, puis une annexe comprenant un passage qu’il n’a pas décidé de garder mais qui était pleinement rédigé. On trouve aussi une petite explication qui éclaire la nouvelle et une chronologie de la vie de Tolstoï. Tout ce qu’il faut pour apprécier au mieux ce court texte !

On retrouve la structure que j’avais remarquée chez Anna Karénine : des chapitres courts et des phrases bien construites, jamais trop longues. La lecture est donc très fluide, facile et agréable. Il n’était pas encore au sommet de son art mais son écriture était déjà magnifique.

Sur le fond, c’est une nouvelle vraiment très riche. Tolstoï y retranscrit son rapport très particulier, très passionné à la musique. Il s’est inspiré d’un homme qu’il avait rencontré et qui était presque fou de son art, et qui n’avait pu faire autrement que de chuter jusqu’à vagabonder malgré son talent incommensurable. La musique qui touche l’âme, transporter le lecteur dans des visions presque oniriques, réfléchir à la place de l’art, mais aussi à la vanité à travers le personnage de Délessov, qui veut se sentir bien au sujet de lui-même en aidant Albert. On n’est donc pas ici dans la peinture d’une société mais bien dans une nouvelle réflexive, où l’auteur plonge en lui-même et nous invite à faire de même. C’est très intéressant et court mais pas forcément facile d’accès sans les clés de compréhension, heureusement données dans cette édition.

Encore un beau texte de Tolstoï, qui me fait penser que je devrais me bouger pour relire La Mort d’Ivan Ilitch et pour découvrir Guerre et paix

ChallengeXIXeme2

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