Kaguya-hime no monogatari (2014)

[Chronique de juillet 2014]

Mon chéri voulait absolument voir Le conte de la princesse Kaguya, le dernier film d’Isao Takahata, grand habitué du studio Ghibli avec Hayao Miyazaki. Il a vu plusieurs de ses films mais pour moi c’était le premier.
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Ce film d’animation est tout simplement l’adaptation d’un conte éponyme du Xème siècle, rédigé apparemment par une dame de la cour impériale (toutes mes informations à ce sujet sont tirées de Wikipédia) et qui raconte l’histoire d’une petite fille trouvée dans une pousse de bambou par un coupeur de bambous, qui la recueille et essaie de l’élever en princesse. C’est un pilier de la littérature nippone que tous les Japonais connaissent.

Comme je le disais sur Facebook, je n’ai pas trouvé ce film mauvais, je n’ai pas détesté, mais je pense que je ne le reverrai jamais. L’histoire est très fidèle au conte d’origine, Takahata a simplement rajouté quelques éléments, pour l’essentiel les amis de la princesse qu’on voit au début du film. La structure ressemble beaucoup à celle d’un conte occidental, on n’est pas perdu de ce côté-là. Mais l’essence même de ce conte est japonaise, et pas d’une époque récente en plus. On pourra dire ce qu’on veut, la façon de penser d’un Occidental et d’un Japonais sont parfois à l’opposé l’une de l’autre. Je connais un peu cette culture, je me suis donc remise dans le « bon » contexte, et pourtant c’est passé difficilement, malgré les messages très modernes que fait véhiculer Takahata. Kaguya tient tête à son père adoptif et aux codes très stricts de la société médiévale japonaise par exemple, ce qui n’est pas rien. Miyazaki parvient à mon avis à faire avec du matériau essentiellement nippon des histoires universelles, alors que Takahata n’a écrit que pour ses compatriotes. Certes, il a rajouté les amis de Kaguya pour étoffer un peu le conte, déjà assez long, mais il n’a pas changé la fin, qui m’a vraiment fait buguer. Si j’avais lu Wiki avant d’aller voir le film, ça serait peut-être mieux passé, mais je n’en suis pas sûre. Je pense qu’il était nécessaire de l’adapter au moins un peu, de faire quelque chose de moins littéral que le conte médiéval.

kaguyaLe dessin est certes très léger, épuré, et dispense une belle esthétique. L’ennui, c’est qu’au bout d’un moment c’est très monotone et ça en devient même figé. Les mouvements rapides sont très étranges, mélangeant différentes techniques pour un résultat pas toujours heureux selon moi. La longueur du film, plus de deux heures, participe aussi à cette impression je pense. C’est trop, en 1h45 ça aurait suffi. En tout cas, je ne considère pas que ce film soit destiné aux enfants. La gosse à notre droite est restée sage, mais on voyait bien que ça ne la touchait pas, qu’elle ne comprenait pas. Les musiques sont très chouettes, que ce soient celles de fond ou les chansons, et notamment le thème principal qui prend vraiment à la gorge. En dépit de ce que j’ai dit sur la fin, un de ses passages m’a émue jusqu’à faire monter les larmes. Les messages sont intéressants comme je l’ai déjà dit et sont servis par pas mal d’humour et certaines scènes très mignonnes. L’art et le raffinement sont célébrés en même temps que critiqués lorsque l’éducation leur donne toute la place, jusqu’à annihiler la personnalité.

Voilà voilà, je ne vais pas vous assommer davantage. J’ai envie de voir d’autres films de Takahata, mais heureusement qu’ils ne sont pas tous comme celui-là, c’est trop particulier. Ma préférence va nettement à Miyazaki pour l’instant…

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