Les belles images – Simone de Beauvoir

[Chronique d’août 2014]

lesbellesimagesMême si je n’ai pas pu assister à la réunion du club de lecture du mois d’août (et que je ne pourrai plus jamais y aller, ouiiiiiiiiiiin !), j’ai tenu à lire le roman choisi pour cette séance vu que c’est un ami qui l’avait proposé et que c’était Les belles images de Simone de Beauvoir. Je ne connaissais pas ce titre, mais ça faisait longtemps que je voulais découvrir un de ses textes, d’autant plus depuis que j’ai lu Beauvoir in love d’Irène Frain.

Dans Les belles images, Laurence est une femme qui, en apparence, a une vie idéale. Elle bosse dans la pub, son mari est un architecte qui gagne beaucoup de sous, elle a son père, sa mère, sa sœur et ses deux filles. Mais voilà, Laurence se sent vide. Lorsque sa fille aînée Catherine commence à poser des questions et se trouve bouleversée devant ce qu’elle comprend du monde, Laurence décide que Catherine ne sera pas comme elle, une femme sans cœur, sans sentiment.

C’est sa mère, elle a de l’affection pour elle. Mais c’est aussi une étrangère. Derrière les images qui virevoltent dans les miroirs, qui se cache ? Peut-être personne du tout.

Quelle lecture ! Je me suis trouvée embarquée par Simone de Beauvoir dès le début. Dawn m’avait prévenue que la narration était spéciale et qu’il était très difficile de s’y retrouver dans les premières pages, donc je m’y attendais et ça ne m’a pas dérangée. J’ai même apprécié de chercher qui était le narrateur, et d’essayer de deviner les relations entre les personnages, leur âge, leur situation… Heureusement tout de même que tout le roman n’est pas ainsi. Au bout d’une dizaine de pages, on sait clairement qui est la narratrice, mais la narration reste dédoublée. On saute de la troisième personne à la première. Tout le roman est émaillé de discours direct et j’ai trouvé que le rendu était extrêmement bien réussi. Je ne ressemble pas à Laurence (enfin je ne crois pas !) mais avec ce procédé de narration, je me suis identifiée à elle aussitôt. La plume de Simone de Beauvoir m’a enchantée !

Concernant le fond, c’est extrêmement intéressant. En 180 pages, j’ai l’impression que l’auteure a parlé de tout ce qui importe dans une vie. Elle slalome aisément entre tous les sujets, nous donnant à réfléchir sans partir ans des dissertations insupportables, sans imposer son point de vue. Ce roman date de 1966 mais je l’ai trouvé affreusement actuel, tout en ne pouvant être dissocié de son contexte. Les personnes adultes à cette époque avait connu la Seconde guerre mondiale, ce qui n’est plus le cas de la majorité de la population aujourd’hui. Vraiment, ce roman fout une claque, mais une douce.

 Pourquoi elle a régressé pendant les premières années de son mariage, elle l’a compris, le cas est classique. L’amour, la maternité, c’est un choc émotionnel violent, quand on se marie très jeune, et qu’entre l’intelligence et l’affectivité il ne s’est pas encore établi un harmonieux équilibre.

J’avais un peu peur de la manière dont ça allait se finir vu les différentes intrigues qui se nouent. Je me méfie toujours quand on aborde de trop près certains sujets ! Pourtant, la fin m’a vraiment satisfaite. On ne sait pas exactement ce qui va se passer, mais à mon idée ça va dans le bon sens. Malgré la peinture bien triste de notre société et du monde, il y a de l’espoir, on peut faire quelque chose, pour soi ou pour les autres.

Je pourrais parler des personnages, du début des intrigues, des réflexions menées, mais je ne le veux pas, car le roman est court et ce sera bien meilleur pour vous si vous ne savez pas exactement dans quoi vous plongez ! C’est réellement un excellent livre, que je vous recommande vivement si vous êtes intéressés par ce genre de lecture.

Jean-Charles a-t-il raison ? Est-ce de moi qu’elle tient ce caractère inquiet ? C’est effrayant de penser qu’on marque ses enfants rien que par ce qu’on est. Pointe de feu à travers le cœur. Anxiété, remords. Les humeurs quotidiennes, les hasards d’un mot, d’un silence, toutes ces contingences qui devraient s’effacer derrière moi, ça s’inscrit dans cette enfant qui rumine et qui se souviendra, comme je me souviens des inflexions de voir de Dominique. Ça semble injuste.

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