My Sister’s Keeper – Jodi Picoult / My Sister’s Keeper (2009)

[Chronique de juillet 2014]
mysister3En 2009, je suis allée voir au cinéma Ma vie pour la tienne, un film de Nick Cassavetes avec Cameron Diaz et Abigail Breslin dont la BA m’avait donné envie. J’ai appris ensuite que c’était une adaptation d’un roman de Jodi Picoult, et je me suis dit que comme j’avais bien aimé le film, ce serait sympa de tenter le livre un jour. Je suis tombée dessus en occasion lors de mon voyage en Écosse en 2012 mais je ne l’avais pas pris avant finalement de le récupérer au club de lecture et ça y est, je l’ai enfin lu !

My Sister’s Keeper s’ouvre alors qu’Anna, la benjamine de la famille Fitzgerald, demande à l’avocat Campbell Alexander de l’aider dans sa démarche en justice : elle veut obtenir l’émancipation médicale, afin que ses parents ne puissent plus prendre à sa place des décisions concernant sa santé. Car Anna est née dans un but bien précis, celui d’être un donneur parfaitement compatible avec sa sœur aînée Kate, atteinte d’une rare forme de leucémie. Depuis qu’elle est toute petite, Anna fait des dons à sa sœur, et à présent les reins de Kate ne fonctionnent plus, mais Anna refuse d’effectuer le don.

maviepourlatienneafficheLa narration alterne les points de vue à chaque chapitre, ce qui me plaît souvent beaucoup, et ici aussi j’ai apprécié cette construction. Les narrateurs sont Anna, Campbell, Sara (la mère), Brian (le père), Jesse (le frère aîné) et encore Julia (la tutrice pour l’instance). Dès le début, on note l’absence de Kate. Elle n’a pas la parole, alors qu’elle est au centre de tout. Les personnages se croisent sans cesse et chacun permet de voir l’histoire et les problématiques qu’elle pose sous des angles différents. Le récit est dynamique et même s’il ne se passe pas grand-chose (la totalité du « présent » se site sur deux semaines environ), notamment du fait qu’une bonne partie du livre raconte en fait des souvenirs (en particulier les passages avec Sara qui raconte le diagnostic de Kate, puis la rémission, les rechutes…), je ne me suis pas ennuyée du tout, c’est prenant.

LogolectureanglaisConnaître l’histoire ne m’a pas du tout gênée, au contraire j’étais contente d’en découvrir de nouveaux aspects et de constater que des personnages diffèrent de ceux du film. Jesse en particulier change beaucoup d’un support à l’autre. Gamin dyslexique un peu paumé entre ses deux sœurs qui concentrent toute l’attention de ses parents dans le film, il est dans la version originale un véritable délinquant et ses parents ont laissé tomber. Mon avis sur Brian a un peu évolué. Il me paraît très passif dans le film, à part un peu à la fin, mais ici on comprend mieux son rôle, ses décisions, et ce pompier passionné par les astres est finalement très attachant. Difficile de donner mon avis sur Sara, c’est de loin le personnage le plus controversé. Elle est bien interprétée dans le film par Cameron Diaz, on l’admire et on la désapprouve à la fois. Elle le dit, elle ne laissera pas mourir Kate, et pour ça elle fera tout, même si ça revient à quasiment détruire sa famille, abandonner son fils, affronter son mari, ignorer sa fille. Julia était une découverte car le personnage n’a pas été gardé pour le film, ce que je peux comprendre vu qu’elle n’apporte rien d’essentiel à l’histoire des Fitzgerald, même si elle les voit d’un œil neuf, extérieur et donne donc un avis plus objectif de la situation. Elle a toute son importance dans une seconde intrigue, qui les concerne elle et Campbell. Le juge DeSalvo, présenté comme une femme dans le film, est en réalité un homme. C’était sympa de chercher toutes les petites différences et d’approfondir les personnages et les sujets que je connaissais par le film, que dans l’ensemble je ne trouve pas mal du tout pour une adaptation.

I realize then that we never have children, we receive them. And sometimes it’s not for quite as long as we would have expected or hoped. But it is still far better than never having had those children at all. Sara

mysister2-copie-1Avec cette histoire, on se demande facilement ce qu’on ferait à la place de Sara et de Brian, et bien sûr elle provoque des sentiments très ambivalents voire opposés. On est horrifiés de voir qu’ils ont été jusqu’à faire un autre enfant pour avoir un donneur 100% compatible sous la main pour Kate et on condamne leur comportement envers Anna (celui de Sara surtout). Ce roman pose des questions d’éthique médicale, parle de la souffrance de la maladie pour la personne concernée et pour son entourage, l’attente, le retour des traitements, la peur constante de la mort, les « surprises » que nous réserve la vie… Difficile de rester indifférent ! Le titre original du roman est particulièrement bien trouvé, avec cette référence à Abel et Caïn. Étonnamment, c’est Jesse qui prononce cette phrase dans le roman et pas Anna, qui serait plus légitime à le faire, mais je pense que c’est justement pour ça que c’est Jesse qui le dit. Les personnages sont très réalistes, l’auteure ne fait pas de concession et ne leur épargne rien. On est très proches d’eux puisqu’ils sont narrateurs et le style renforce encore cette impression en étant proche du langage parlé et ancré dans notre époque avec des références modernes (que je n’ai pas toujours comprises, étant Française et non pas Américaine !). L’anglais est très facile, j’ai seulement eu quelques soucis avec des expressions familières américaines mais globalement c’est très abordable.

mysister1Je termine en disant attention, la fin du roman n’est pas celle retenue par le film ! Je me suis bien fait avoir, ça a été un vrai choc. Je comprends que l’équipe du film ait décidé de la changer, elle n’est pas forcément « satisfaisante » dans le roman, et encore, c’est une question de goût. Je ne saurais dire laquelle je préfère, je garde les deux en tête et puis c’est tout. En tout cas je vous conseille le livre et le film, qui quelque part se complètent bien. La BO du film et les moments partagés en famille mettent quand même du baume au cœur, alors que le livre est plus sombre, les rayons de lumière passent plus difficilement je trouve. Le traitement de la fin ne laisse pas du tout la même impression a posteriori.

C’était une bonne lecture même si elle n’est pas particulièrement joyeuse. C’est le genre de livre qu’il faut lire de temps en temps seulement, ne surtout pas en enchaîner plusieurs comme ça ! J’ai un autre roman de Jodi Picoult dans ma PAL, Nineteen Minutes, qui m’a l’air aussi joyeux, donc je le lirai avec plaisir mais pas tout de suite.

If there was a religion of Annaism, and I had to tell you how humans made their way to Earth, it would go like this: In the beginning, there was nothing at all but the moon and the sun. And the moon wanted to come out during the day, but there was something so much brighter that seemed to fill up all those hours. The moon grew hungry, thinner and thinner, until she was just a slice of herself, and her tips were as sharp as a knife. By accident, because that is the way most things happen, she poked a hole in the night and out spilled a million stars, like a fountain of tears.

Horrified, the moon tried to swallow them up. And sometimes this worked, because she got fatter and rounder.. But mostly it didn’t, because there were just so many. The stars kept coming, until they made the sky so bright that the sun got jealous. He invited the stars to his side of the world, where it was always bright. What he didn’t tell them, though, was that in the daytime, they’d never be seen. So the stupid ones leaped from the sky to the ground, and they froze under the weight of their own foolishness.

The moon did her best. She carved each of these blocks of sorrow into a man or a woman. She spent the rest of her time watching out so that her other stars wouldn’t fall. She spent the rest of her time holding onto whatever scraps she had left. » Anna

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