Becoming Jane Eyre – Sheila Kohler

[Chronique de novembre 2014]

Ce livre m’a fait envie dès sa sortie en français. Un roman intitulé Quand j’étais Jane Eyre est plein de promesses pour une enthousiaste des sœurs Brontë comme moi ! J’ai lu Jane Eyre il y a 3 ans déjà, mais grâce aux adaptations et aux nombreuses références qui lui sont faites, j’en garde des souvenirs assez précis. J’ai lu plus récemment Agnès Grey et The Professor, et relu aussi Wuthering Heights, sans compter les Devoirs de Bruxelles et Le Palais de la Mort. Comme j’ai tout aimé, voire adoré pour certains, j’avais des attentes assez élevées pour ce roman biographique de Sheila Kohler.

quandjetaisLe livre commence alors que Charlotte, l’aînée, est à Manchester. Elle veille sur son père qui a été opéré des yeux. Dans la pénombre de la chambre, Charlotte a tout le temps de songer à son passé et à ses écrits. Peu à peu, un nouveau roman se forme dans son esprit, et elle commence à écrire Jane Eyre.

J’avoue que je n’accrochais pas trop au début. Le style est très impersonnel, froid et distant, et ne me paraissait pas convenir pour parler de cette famille et de Jane Eyre, roman passionné s’il en est. Mais cette écriture n’est que le reflet de la vie des personnes dont ce livre parle. Charlotte en particulier cache les tourments de son âme sous des dehors secs et peu avenants. La violence qui a dû l’animer devant toutes les injustices vécues est au final extrêmement bien rendue. Je crois que Sheila Kholer a très bien réussi à enfiler la peau des gens qu’elle fait vivre dans son livre : Charlotte, Patrick, Emily, Anne et Branwell Brontë, mais aussi des personnages encore plus secondaires, la mère et la tante, l’infirmière…

Je n’ai jamais lu de biographie pure sur la famille Brontë mais à force de lire des préfaces, postfaces et annexes et de traîner sur le net, j’ai quelques connaissances à ce sujet. Je ne pense pas que l’auteure ait beaucoup inventé. Elle a donné des détails à des faits connus (grâce à la correspondance de la famille notamment) qu’elle a interprétés et racontés davantage sous la forme d’une fiction que d’un ouvrage historique ; cela ne leur retire pas leur pertinence pour autant. Ces femmes se sont forcément inspirées de leurs lectures et de leur vécu, ainsi que de celui de leur entourage, pour créer leurs histoires. Mettre en avant leurs œuvres pour raconter leurs vies me paraît tout à fait intéressant.

Pour leurs admirateurs, s’entend, ou au moins ceux qui les connaissent un peu, car il est évident que quelqu’un qui n’a jamais lu leurs textes et ne s’intéresse pas un peu à ces trois sœurs hors du commun n’aura pas beaucoup de plaisir à lire ce roman, contrairement à moi qui l’ai dévoré dès que j’ai réussi à entrer dedans.

Ce format de roman/documentaire ou biographie permet d’apprendre plein de choses sans avoir l’impression de lire un bouquin de cours ou autre, tout en ressentant la passion qui a habité cette étrange famille, faite d’amour et de violence mêlés. Je ne peux que vous conseiller Quand j’étais Jane Eyre, qui frôle le coup de cœur pour moi !

Elle s’inspirera de tous ceux qui l’ont rabrouée ou ignorée. Elle écrira en s’appuyant sur sa rage, sur la conscience de sa propre valeur, sur l’injustice que représente le rejet de ses écrits. Elle traitera de quelque chose qu’elle connaît bien : la passion.

ChallengeXIXeme2

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