Frankenstein or The Modern Prometheus – Mary W. Shelley

[Chronique de novembre 2014]

Pour Halloween, j’ai voulu me lancer dans un classique parfois oublié de la littérature fantastique/horrifique : Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary W. Shelley. Il traînait depuis plusieurs années dans ma PÀL, il était temps de l’en sortir !

frankensteinWalton a entrepris de découvrir les mystères que la Nature cache encore loin au Nord. Un jour, un traîneau accoste son bateau sur l’océan de glace, un homme qui va lui raconter une étrange histoire.

En commençant le roman avec les lettres de Walton à sa sœur Margaret, je me suis attendue à un roman épistolaire mais finalement ce n’est qu’une façon de donner la parole à Walton. Après quelques dizaines de pages, c’est Victor Frankenstein qui raconte son histoire à Walton, lequel retranscrit toute l’histoire pour l’envoyer à sa sœur. Au sein du récit de Frankenstein, un autre personnage prendra la parole sur plusieurs chapitres, constituant ainsi un récit par mises en abîme successives. La narration respecte ainsi une sorte de jeu de miroirs. J’ai trouvé cette construction très intéressante, d’autant plus qu’elle est éclairée par la préface (que j’ai bien pris garde de lire après le roman cette fois, et j’ai bien fait sinon j’étais spoilée !).

J’hésite un peu quant à ce que je dois penser du fond du roman. Je crois qu’au final, l’auteure met en garde les lecteurs contre les dérives de la science et ainsi fait la promotion d’une certaine éthique de l’être humain. Cependant, son message est un peu confus à mes yeux vu l’ensemble des personnages qu’elle a mis en scène. Pendant ma lecture, j’ai cru plusieurs fois qu’elle nous proposait un modèle à travers l’un des protagonistes, mais au final il n’y en a pas un à qui j’aimerais ressembler, et aucun que j’ai aimé. Beaucoup sont décrits comme les gens les plus vertueux qui soient mais font preuve au final de défauts bien plus rédhibitoires que ceux de héros plus récents. Je préfère croire qu’elle a voulu se moquer des personnes qui se croient supérieures aux autres, mais j’avoue que son texte me laisse un peu perplexe, et les explications de la préface qui mêlent des éléments biographiques et des analyses littéraires ne m’éclairent pas tout à fait.

Le rythme est très lent, et même ma curiosité ne suffisait pas toujours pour me faire reprendre ma lecture, j’ai dû me « forcer » un peu. Le style assez lourd ne m’a pas aidée non plus il faut dire. L’auteure insère plein de petits récits au sein de l’histoire plus générale de Frankenstein, et certains sont vraiment ennuyeux. J’ai eu du mal à en saisir l’intérêt, surtout qu’on en revient à la même chose. En revanche, je comprends très bien l’effroi qu’a pu susciter ce roman à l’époque. En s’appuyant sur des éléments réels (comme ses visites en Suisse ou les travaux de scientifiques de son époque), Mary Shelley a créé une histoire qui devait paraître affreusement vraisemblable, et donc, effrayante. Aujourd’hui certains éléments convainquent moins car nos vies sont désormais bien éloignées de celle des bourgeois européens du début du XIXème siècle, mais l’ensemble est bien conçu.

En résumé, c’est une lecture intéressante mais certainement pas passionnante, qui souffre de lenteurs, de lourdeurs d’écriture et du passage du temps, mais dont certains aspects universels valent le détour. Je ne regrette pas ma lecture mais je ne pense pas le relire un jour.

Un être humain qui veut se perfectionner doit toujours rester lucide et serein, sans donner l’occasion à une passion ou à un désir momentané de troubler sa quiétude. Je ne pense pas que la poursuite du savoir constitue une exception à cette règle. Si l’étude à laquelle vous vous appliquez a tendance à mettre en péril vos sentiments et votre goût des plaisirs simples, c’est que cette étude est certainement méprisable, c’est-à-dire, impropre à la nature humaine. Si cette règle avait toujours été observée, si les hommes renonçaient à toute tâche qui serait de nature à compromettre la tranquillité de leurs affections familiales, la Grèce n’aurait pas été asservie, César aurait épargné son pays, l’Amérique aurait été découverte par petites étapes, sans que fussent anéantis les empires du Mexique et du Pérou.

ChallengeXIXeme2

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