Saisons Païennes, Samain : Les Danses de Samain – Céline Guillaume

[Chronique d’octobre 2014]

Faut le dire, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de lire cette nouvelle, car mes précédentes expériences avec les écrits de Céline Guillaume ne se sont pas très bien passées (Le Ballet des Âmes et La Baronne des Monts-Noirs).

Une jeune femme mise au ban de la société médiévale dans laquelle elle vit à cause de sa chevelure rousse nous raconte son premier amour…

Premier soulagement : pas de grosse faute dans ce texte. La langue est soignée sans en faire trop, et j’ai aussi aimé le fond, malgré que cette nouvelle soit l’une des plus courtes du recueil. On ne peut pas dire où va nous mener l’auteure. J’aurais même aimé avoir plus de détails à la fin, en apprendre plus sur les divinités qui peuplent cet univers. La thème de Samain est respecté mais se trouve un peu détourné, ce qui permet la surprise de la chute (*se marre toute seule*). Cela me confirme que je n’ai pas eu de chance avec mes deux précédentes lectures de Céline Guillaume, à l’occasion je retenterai peut-être, si une âme charitable me prête l’un de ses autres livres.

samhainoct2000Passons à la fête de Samain en elle-même. Dans la mythologie celtique irlandaise, Samain (le mot s’écrit Samhain en Irlande, Samhuinn en Écosse et Sauin sur l’île de Man), est la fête religieuse qui célèbre le début de la saison « sombre » de l’année celtique (pour les Celtes, l’année était composée de deux saisons : une saison sombre et une saison claire). C’est une fête de transition — le passage d’une année à l’autre — et d’ouverture vers l’Autre Monde, celui des dieux. Elle marque à la fois la fin d’une année et le début de la suivante (ce qui explique que la nouvelle de Céline Guillaume soit la première du recueil). Samain n’appartient ni à l’année qui se termine ni à celle qui commence : c’est un jour en dehors du temps qui permet aux vivants de rencontrer les défunts. Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, de par sa définition, elle est propice aux événements magiques et mythiques. Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu’on la retrouve en Gaule sous la mention Tri nox Samoni (les trois nuits de Samain), durant le mois de Samonios (approximativement le mois de novembre).

Le nom de Samain signifie « réunion », c’est une fête obligatoire de toute la société celtique qui donne lieu à des rites druidiques, des assemblées et des banquets rituels ; son caractère païen la place sous l’autorité de la classe sacerdotale des druides et la présidence du roi.

La notion de passage se retrouve aussi à ce moment, entre le monde des humains et l’Autre Monde, résidence des dieux (le Sidh). On a relaté l’aventure de héros, ou d’hommes exceptionnels, qui se rendent dans le Sidh (généralement à l’invitation d’une Bansidh), et y passent quelques agréables heures. Le temps des dieux n’étant pas le même, leur séjour est, en fait, de plusieurs siècles et, quand ils reviennent chez eux, ils ne peuvent vivre puisqu’ils sont morts depuis longtemps.

Elle permet aussi aux défunts, non réincarnés, de passer dans le monde des vivants pour y retrouver les lieux et les personnes qui leur étaient chers. L’époque de la Samain annonçait la fin des récoltes, l’arrivée du froid et la fameuse nuit où le Dieu de la Mort permettrait aux morts de vivre le temps de quelques heures aux côtés des vivants. On situe ce jour au premier Novembre de notre calendrier. Mais comme toutes les principales fêtes celtiques, Samain compte trois jours de solennités : le premier est consacré à la mémoire des héros, le deuxième à celle de tous les défunts, et le troisième est livré aux réjouissances populaires et familiales marquées par des réunions, des banquets, des festins de toutes sortes qui pouvaient se prolonger pendant une semaine.

La fête de Samain connaîtra plusieurs métamorphoses au cours des siècles, jusqu’à la fête d’Halloween qui en reprend plusieurs caractéristiques. Remontant à 500 avant J.C., cet événement majeur dans la vie des celtes représentait en vérité un enjeu spirituel fort où les vivants, entraient en communication avec les morts le temps d’une nuit… Bien moins commercial qu’aujourd’hui, cet événement était pris très au sérieux par la population celte, et constituait un moment majeur dans leur vie quotidienne.

Samain n’est ni plus ni moins le jour de l’an celte même si celui-ci ne sera jamais vraiment fixe. On le situe entre le 25 octobre et le 20 novembre ce qui correspond au 6ème jour de la lune montante. Cette nuit là, un immense banquet est organisé, et chacun se doit d’être présent sous peine de mort. Des feux sont allumés et des sacrifices de chevaux (Irlande) ou de taureaux (Gaule) sont pratiqués. Si l’on se penche sur la grande épopée des celtes, on constatera que nombre d’événements ont eux lieu un jour ou une nuit de Samain : la guérison de Cûchulainn, la victoire des Tuatha à la bataille de Mag Tured.

La christianisation des peuples celtes signa l’arrêt de mort temporaire de cette fête déclarée païenne en l’an 610 par le Pape Boniface IV. En l’an 835 Grégoire IV créa la Toussaint et Odilon de Cluny fixera en 1048 la date du 1er novembre pour cette fête. La veille de la nuit sainte « all hallow even » ou « all hallow’s eve », selon les versions, deviendra plus tard Halloween. La migration de la fête aux USA se fera en même temps que l’exode des irlandais fuyant la grande Famine de 1840. Cependant, les rites changent, et de nos jours, Halloween est devenue une fête commerciale, où les enfants, déguisés, frappent à toutes les portes du voisinage pour quémander des bonbons.

La veille de la nuit de Samain, avait lieu la cérémonie de la renaissance du feu. Chaque foyer se devait d’éteindre le feu de la maison, et se plonger dans l’obscurité. Cette acte permettait de prendre conscience de l’état de mort : sans la lumière, la vie est impossible. Cette prise de conscience permettait d’apprivoiser la Mort, et d’entrer en contact avec les Anciens (hommes ayant déjà passé l’Au-Delà), afin de demander conseil, bienveillance et sagesse. Par la suite, les membres du villages se réunissaient dans le noir sur la place du village, place où les druides allumaient alors un nouveau feu en frottant quelques bois secs du chêne sacré.. Ce feu sacré, symbolisait un recommencement, le début de la vie, de l’année celtique, et la victoire contre la mort.

Ce n’était que par la suite, que les druides allumaient d’autres feux autour du village, sur les collines, afin de protéger les habitations de toute menace maléfique. Ensuite, chaque villageois prenait quelques braises du feu sacré, et repartaient chez  pour faire repartir le feu de leur âtre, qui devait durer jusqu’à la prochaine fête de Samain et protéger ainsi le foyer tout au long de l’année.

Pour ce qui est de la Citrouille, elle est aussi d’origine irlandaise. La légende de Jack O’Lantern raconte que Stingy Jack, un ivrogne notoire ne peut pas entrer au paradis, car il est avare et ne peut pas non plus aller en enfer, car il s’est moqué du diable ! Il n’a pas d’autre choix que celui de se promener avec sa lanterne tout autour du monde, jusqu’au jour du jugement dernier. Il fut contraint de faire un pacte avec le diable pour obtenir de lui des braises incandescentes qu’il introduisit dans un navet creusé pour éclairer son chemin.

Source : Wikipédia ; http://mythologica.fr/ ; http://www.guide-irlande.com/

lcsaisonspaiennes

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