Sanditon – Jane Austen & Juliette Shapiro

[Chronique de novembre 2014]

J’ai lu il y a quelques mois la version de Sanditon « terminée par une autre dame », soit Marie Dobbs. Un peu plus tard je me suis plongée dans la version VO de Sanditon, tel que laissée par Jane Austen. Milady a sorti une autre version, achevée également, cette fois par Juliette Shapiro.

sanditonPour rappel (bah oui, vous n’êtes pas obligés de connaître cette histoire), Sanditon est un petit village de la côte anglaise, dont les bienfaiteurs, Mr Parker et Lady Denham, veulent faire une station balnéaire en vogue. Charlotte Heywood est invitée par Mr Parker et son épouse à séjourner chez eux. Charlotte trouvera-t-elle à Sanditon le bonheur promis par l’enthousiaste Mr Parker ?

Pour mon avis sur la partie du texte de Jane Austen, je vous renvoie aux deux chroniques ci-dessus. Je ne parlerai ici que de la partie « achevée » par Juliette Shapiro.

Il faut être honnête. Dès qu’on laisse le texte de Jane derrière une page, ça devient n’importe quoi. Vraiment, dès les pages qui suivent, ça ne tarde pas. Ce n’est d’abord qu’une bizarrerie ici ou là, mais bientôt ça part dans tous les sens. Plusieurs arcs narratifs sont développés, beaucoup trop éloignés de l’héroïne (enfin, si tant est qu’on puisse dire ça, mais j’y reviendrai) pour être fidèle à l’esprit des romans de Jane Austen.

On sent pourtant que l’auteure a essayé d’imiter son modèle, mais elle ne peut même pas prétendre être une pâle copie. Rien ne va, tout est de travers, c’en est absolument ridicule. (Comme les passages qu’elle essaie d’adresser au lecteur ! Argh ! une calamité !) Les personnages ne sont pas du tout austeniens, les péripéties non plus (certaines se rapprochent plus de celles des romans gothiques et d’aventure je trouve). Les caractères qu’Austen avait eu le temps de brosser rapidement en début de roman ne sont même plus respectés. Et de toute façon, Charlotte n’est rapidement plus le personnage central. Trop de divagations nous éloignent d’elle, des passages entiers sont narrés d’un autre point de vue, ce qui fait que cette héroïne qui promettait d’être si attachante demeure finalement une inconnue pour nous.

Aurai-je le courage de vous parler de l’histoire d’amour ? Il le faut pourtant… Eh bien, on voit son futur époux si peu que pas, mais vraiment. Leur relation n’est absolument pas vraisemblable, tout va vite, et ce n’est absolument pas touchant. Le « héros » m’énerverait presque. Je ne trouve pas du tout que Juliette Shapiro ait su exploiter les nombreux indices prometteurs présents dans les chapitres écrits en 1817. Elle a même plutôt réussi à les mettre en bouillie.

Je crois tout simplement que Juliette Shapiro n’a rien compris à ce que voulait faire l’auteure dont elle se réclame. Elle a tout poussé à l’excès, en particulier l’hypocondrie. Il en va de même pour l’écriture, qui essaie de pasticher celle de Jane Austen, et qui ne parvient qu’à être lourde et horriblement répétitive.

Donc voilà, un gros raté. Je ne sais pas si j’irais jusqu’à dire que c’est aussi mauvais que du Elizabeth Aston vu qu’on est sur des exercices très différents, mais tout de même, ça vole pas haut, et ça s’écrase vite.

ChallengeXIXeme2

Challenge Austenien

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