Me Before You – Jojo Moyes

[Chronique de janvier 2015]

Toujours pendant les vacances (j’ai pris beaucoup de retard dans mes chroniques !), j’ai lu un roman qui avait beaucoup fait parler de lui : Avant toi, de Jojo Moyes. J’ai décidé de me lancer après avoir apprécié sa petite nouvelle de Noël gracieusement offerte par Bragelonne.

avanttoiLou (Louisa) aimait vraiment bien son travail dans un petit café de sa ville anglaise natale, mais du jour au lendemain le patron ferme boutique, et là c’est le drame. Sans qualification particulière, encore hébergée par ses parents, dans une relation amoureuse qui stagne, le chômage est difficile à vivre. Contre toute attente, elle est recrutée comme aide-soignante par Mrs Traynor, dont le fils est tétraplégique depuis deux ans. En aucun cas Will ne va rendre les choses plus faciles pour Lou.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, plusieurs semaines après j’en garde un bon souvenir, mais j’avoue que des choses m’ont laissée assez perplexe, et en premier lieu les relations au sein de la famille Clarke, c’est-à-dire la famille de Lou. Ses parents lui tiennent régulièrement des propos très blessants. Elle est reléguée tout en bas de la hiérarchie familiale, au profit de sa sœur qui « aurait » mieux réussi si elle avait été à l’université, mais elle n’a pas pu, blablabla. Lou ne commence à être bien considérée que lorsqu’elle rapporte un bon salaire ! De même, sa relation avec Patrick… Comment puis-je croire qu’elle serait restée 7 ans avec un type dont manifestement elle n’a pas grand-chose à faire et avec qui elle n’a rien en commun ? L’auteure a peut-être voulu nous montrer des gens « vrais », qui n’avancent dans la vie qu’en boitillant… Cependant c’était un peu trop. Par contre, ça m’a permis de bien m’attacher à Lou et de vouloir son bonheur.

Jojo Moyes a très manifestement voulu créer un contraste entre les Clarke, très modestes, et les Traynor, très riches. Je n’aime jamais beaucoup la mise en avant de personnages ultra-favorisés, ici pas plus que d’habitude. Comment apprécier des gens qui n’ont aucun sens des réalités ? Et malheureusement, Will est comme ça aussi. Je n’ai pas vraiment réussi à l’aimer ; plus que Patrick, ça c’est sûr, mais ce n’est pas difficile. Je suis d’accord avec les propos qu’il tient sur le fond à Lou, mais il fait paraître leur mise en œuvre comme une simple question de bonne volonté. Dans la réalité, combien de personnes rêvent de pouvoir vivre la vie qu’il décrit sans le pouvoir pour la raison pure et simple du manque d’argent ? Ou des responsabilités qui nous incombent ? Et la toute fin du roman m’a laissée un goût semblable, un goût de « c’est trop facile » et de « je n’y crois pas ».

MAIS cette histoire a des allures de conte. Pas le conte de fée à la Disney, non, le conte à la Perrault plutôt, avec ses impossibilités inhérentes au genre, ses aspects lumineux et ses parts d’ombre. Une fois intégrée cette idée, je peux ne penser qu’à ce qui m’a plu dans ce roman, et c’est inconsciemment ce que j’ai fait très tôt dans ma lecture. J’ai aimé Lou et sa bonne humeur, ses idées et tenues farfelues, son comportement avec les Traynor. Il y a des ficelles un peu faciles, des choses que l’on voit venir (nan mais sérieux ? quelqu’un a-t-il cru, ou même ne serait-ce que voulu, qu’elle reste avec Patrick ?), d’autres moins, mais Jojo Moyes ne joue pas sur le suspens, plutôt sur ce que chacun a envie de faire de sa vie, quitte à bousculer un peu les questions d’éthique. Quoique, jusqu’à la fin je me demandais si Lou allait y arriver. Je me demandais comment ça allait finir pour Will et sa famille, pour Lou, pour sa sœur aussi (même si celle-ci m’a plus énervée qu’autre chose la plupart du temps !).

La façon dont le handicap est traité m’a plu (en dehors du fait récurrent que l’argent change beaucoup de choses…). Je n’ai pas du tout pensé à Intouchables en le lisant, mais maintenant que j’ai vu d’autres chroniques faire le rapprochement, effectivement, il y a des ressemblances. Cependant, Intouchables joue surtout sur l’humour, alors que Avant toi est plus dans l’émotion et la sensibilité, ce que l’auteure gère très bien. Je ne dis pas qu’elle n’y met pas un peu d’humour et de légèreté de temps à autres – j’ai d’ailleurs ri plusieurs fois aux réparties de Lou –, mais on est beaucoup plus sur l’autre aspect, très réussi au demeurant, vu que j’ai bien pleuré. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est que Jojo Moyes nous expose la situation qu’elle a imaginée sans juger, sans  prendre parti. On peut être d’accord et ne pas l’être, les arguments des deux côtés sont abordés, avec chaque fois la douleur qui accompagne les décisions dans l’un ou l’autre sens.

En bref, ce que je veux dire, c’est que c’est une belle histoire portée par la plume de Jojo Moyes, qui nous rend facilement attachante son héroïne, nous plongeant dans sa vie et dans ses doutes, avec beaucoup d’espoir et d’optimisme et dont je garde un bon souvenir de lecture qui m’a tenue accrochée les deux jours où j’étais dessus, et ce malgré des facilités qui m’exaspèrent un peu dans les romans contemporains (l’argent à foison de l’un des personnages notamment). Je serai curieuse de voir le film, surtout si le casting dont j’ai entendu parler se confirme, et de lire d’autres romans de Jojo Moyes.

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