Être fière comme un paon d’avoir lu Outlander en anglais ; un pique-nique qui tourne mal en Australie ; les oracles en uchronie romaine

Outlander, book 1 – Diana Gabaldon

Comme le titre de cet article l’indique, je suis vraiment fière d’avoir réussi à lire ce premier tome en VO. Depuis que j’ai vu la série télé, je me disais qu’il fallait que je tente le bouquin, mais la traduction ne m’attirait pas, j’étais sûre de ne pas y retrouver le parler particulier des Scots, et puis je connaissais déjà l’histoire. Il a fallu que je me lance sur un coup de tête, sans réfléchir (et donc sans flipper à la question de savoir si j’allais réussir à aller au bout ou non). Ça m’a pris plus de 2 mois mais j’ai réussi !

Que dire de ce bouquin devenu culte ? Dans l’ensemble, j’ai vraiment adoré. J’ai ri, souri et tremblé, j’ai été aspirée dans les aventures de Claire et bien sûr j’ai pris grand plaisir à retrouver l’histoire déjà connue par la série, tout en traquant les différences. Il y a bien des chapitres qui m’ont moins plu, parce que je m’interroge sur le sens à donner certains passages sous-jacents (la légitimation de la violence domestique par exemple… nous sommes au XVIIIème siècle, difficile d’en vouloir à Jamie, mais en même temps je ne peux pas cautionner ça !).

L’écriture est assez addictive. Malgré la longueur du roman, on ne s’ennuie pas. Je trouve la série extrêmement bien adaptée. Certaines personnes m’ont dit qu’elles trouvaient la série plus soft, d’autres plus hard. Globalement je trouve que ça s’équilibre : certains moments sont pires dans le livre, d’autres dans la série. De même, il y a des scènes que j’ai préférées dans la série et d’autres que j’ai mieux aimées dans le roman.

Il y a moins détails que ce que je pensais sur la vie au XVIIIème, sur les lieux etc., à la place l’autrice développe merveilleusement la psychologie de ses personnages dans des dialogues fructueux entre ses personnages. J’adore absolument les deux héros et je ne comprends pas dans quel univers on pourrait préférer Frank à Jamie mais soit, tous les goûts sont dans la nature.

Bref, je comprends le succès de cette saga et je compte bien lire la suite un jour, mais pas tout de suite parce que c’est quand même très long à lire…

Oh, aye, Sassenach. I am your master . . . and you’re mine. Seems I canna possess your soul without losing my own.


Picnic at Hanging Rock – Joan Lindsay

C’est mon amie Fanny qui m’a donné envie de découvrir ce titre et qui me l’a offert (merci encore !). En Australie, le 14 février 1900, trois jeunes filles et une maîtresse d’école disparaissent lors du pique-nique d’un pensionnat pour filles riches.

La chronique de Fanny m’avait donné envie parce qu’elle me rappelait les romans de Laura Kasischke, que je trouve très sympas à dévorer de temps à autres. Et en effet, le début ressemble fort. Un fait de base inexpliqué, des personnages qui tournent en rond, la pression qui monte, le mystère qui s’épaissit… Mais plus le roman avançait, plus je m’ennuyais. D’autres événements viennent s’ajouter au premier sans donner matière à l’enquête. On fait rapidement le tour des caractères, dont aucun n’est appréciable. J’ai presque trouvé que Joan Lindsay forçait trop le trait : on a bien compris que les apparences respectables sont de l’esbroufe, inutile d’en rajouter des cuillères entières. Plusieurs éléments manquaient également de crédibilité à mon avis.

Je ne suis pas une grande admiratrice de l’Australie, pays qui m’intéresse peu, donc j’espérais que ce livre me donnerait envie d’en connaître plus mais là aussi ça n’a pas fonctionné. Enfin, clairement je n’ai pas apprécié la fin. À mes yeux, c’était une solution de facilité pour l’écrivaine. J’ai fortement pensé en refermant le roman « tout ça pour ça ? ». Pour rien en fait. J’imagine qu’elle souhaitait nous faire réfléchir, mais personnellement j’ai trouvé le livre trop inconsistant pour donner à penser au-delà.

Un coup manqué pour moi donc, je vais rester sur Laura Kasischke pour ce genre.

Pour les habitants d’Appleyard College, le dimanche 15 février fut un jour de cauchemar où l’on balançait entre le rêve et la réalité et où alternaient selon les tempéraments des bouffées d’espoir violent et d’angoisse éperdue.


La Voie des Oracles, tome 3 : Aylus – Estelle Faye

J’ai apprécié les deux premiers tomes (chronique du 1 ici et du 2 là), tout en restant assez mitigée : l’intrigue ne me semblait pas assez claire. Mon espoir pour cet ultime tome était donc de voir tous les fils se rejoindre et éclairer mon cerveau un peu embrouillé. Malheureusement, je resterai sur ma faim avec cette saga.

À la fin du tome 2, Thya a usé de ses pouvoirs pour modifier les fils du temps, avec pour résultat d’avoir créé une nouvelle histoire, où Aylus est devenu Empereur de Rome, un Empereur Devin qui fait reposer toute sa politique sur ce que lisent les oracles. Pensant sauver l’Empire et les personnes qui lui sont chères, Thya les a peut-être menés à un destin plus terrible encore. Peut-elle encore renouer les fils ?

Contrairement au tome 2 dans laquelle l’intrigue me paraissait bien floue, au moins là on suit à peu près bien le but de l’histoire. Par contre, ce serait mentir de dire qu’elle m’a convaincue. L’idée de l’uchronie est certes séduisante et même plutôt bien menée lorsqu’on voit les chemins pris par les différents personnages mais l’ensemble de la saga reste trop brouillonne à mon goût. Au final, on en revient chaque fois à la même chose, dans des versions légèrement différentes, avec un arrière-goût de déjà-vu qui lasse après trois tomes. Je me demande si un dytique plutôt qu’une trilogie n’aurait pas mieux convenu, ainsi qu’un peu plus de consistance sur la quête de Thya et la politique de l’Empire, au lieu de simples différends familiaux. Et après trois tomes, je ne peux pas dire que je me sois attachée aux personnages, c’est bien dommage.

En revanche, je retiendrai de cette saga la très belle mise en scène de différentes mythologies, l’univers cohérent et l’époque rarement mise en avant dans la littérature (quoi que de plus en plus ces dernières années) et l’écriture très sympa malgré quelques maladresses qui subsistent de-ci de-là. Enfin, j’ajoute que le côté jeunesse de la saga compte sûrement pour beaucoup dans les « défauts » que je pointe, et que ce genre de littérature n’est pas mon préféré. J’ai donc hâte de lire Estelle Faye dans un registre plus adulte, avec Porcelaine qui est dans ma PAL par exemple. J’entends aussi énormément de bien des Seigneurs de Bohen.

Mais elle comprenait enfin la vraie nature de l’avenir. Ce n’était pas le terrain de jeu des dieux, ou du hasard, ce n’était pas un labyrinthe d’énigmes. C’était ce que les hommes en feraient. Ce qu’elle et tous les autres en feraient.

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6 réflexions sur “Être fière comme un paon d’avoir lu Outlander en anglais ; un pique-nique qui tourne mal en Australie ; les oracles en uchronie romaine

  1. Félicitations pour Outlander ! J’admire !
    Bon ben, je me ferai ma propre opinion pour Pique-nique à Hanging Rock alors !
    J’ai le premier tome de La Voie des Oracles dans ma PAL, tous le monde est assez élogieux avec cette saga 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Wahou. Outlander en VO *-* mais bon je suis une quiche en anglais donc pour moi c’est impossible :p. Pour la voix des oracles j’ai vraiment aimé les deux premiers et le trois m’attend sagement dans ma pàl. Je n’avais pas ressenti ce problème d’intrigue personnellement. Et j’avais adoré les décors. *Marie*

    Aimé par 1 personne

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