Des amants quasi-légendaires du XIIème siècle

Très sage Héloïse – Jeanne Bourin

 En croisant une chronique sur Le Salon des lettres, je me suis rappelé que j’avais ce petit roman dans ma PÀL depuis des années. Avec la voix d’Héloïse sur son lit de mort, Jeanne Bourin (dont j’ai lu il y a longtemps et beaucoup aimé La Chambre des dames) raconte la vie de cette femme dont le couple avec Pierre Abélard a marqué tous les siècles qui leur ont succédé.

Petit par la taille, ce roman demande tout de même un peu de temps, car la plume de l’écrivaine est très travaillée. Sans tenter de reproduire artificiellement le parler médiéval, Jeanne Bourin emploie un beau style, loin du genre oral qu’on rencontre beaucoup maintenant. D’autres trouveront peut-être les phrases un peu lourdes, moi j’ai aimé. Je regrette seulement parfois trop de pudeur dans les mots.

Je ne connaissais presque rien de ce couple devenu presque mythique, et quelle surprise ! Ces deux-là ont eu une vie extraordinaire. Bien sûr, l’autrice a dû en inventer une partie, combler les trous que l’Histoire n’a pu remplir, mais les grandes lignes sont vraies. Abélard n’apparaît qu’à travers les souvenirs d’Héloïse. De mes rapides recherches sur mon ami Google, je pense que l’écrivaine a une interprétation un peu exagérée de la douceur d’Héloïse (au point qu’elle soit reflétée dans le titre), ou alors c’est simplement que j’ai du mal à apprécier sa dévotion aveugle envers Abélard, qui est loin de la mériter. Il ne m’est pas apparu très sympathique…

En tout cas, ce fut une chouette lecture. Il faudrait vraiment que je me remémore La Chambre des dames pour enfin lire la suite, Le Jeu de la tentation.

Héloïse, Ouille ! – Jean Teulé

Même sujet, même genre (le roman), des décennies plus tard, mais un parti pris résolument opposé ! Avec sa gouaille habituelle, Teulé prend un malin plaisir à nous mettre sur les yeux pendant la première moitié du roman tous les actes sexuels auxquels Héloïse et Abélard ont pu s’adonner. Même si j’ai trouvé cette partie un poil répétitive, je l’ai presque préférée à la seconde, où on s’ennuie un peu. Peut-être parce que j’avais encore bien en tête les événements à suivre du fait de ma lecture récente de Très sage Héloïse. Pourtant, il y avait des choses intéressantes, les débuts de débats scolastiques autour des écrits d’Abélard étaient prometteurs, mais c’est finalement peu exploité.

Des romans de cet auteur, c’est celui que j’ai le moins aimé (j’ai lu Le Magasin des suicides, Le Montespan et Charly 9), mais ça reste une bonne petite lecture.


Dans les deux cas, l’histoire d’Héloïse et d’Abélard m’a passionnée. J’ai regardé un peu ce qu’il existait comme ouvrages « sérieux » sur la question et je pense m’en procurer un jour. J’aimerais bien lire les textes qui restent d’eux. Je suis curieuse aussi de lire La Nouvelle Héloïse de Rousseau, auteur que je n’ai jamais lu par ailleurs.

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2 réflexions sur “Des amants quasi-légendaires du XIIème siècle

  1. Un petit livre que j’ai bien apprécié ! L’une des meilleures manières pour appréhender ce couple mythique. La Chambre des dames aussi était pas mal. Le livre de Jean Teulé est plus « spécial », moins à mon goût du coup.

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