A Mother’s Story – Amanda Prowse

C’est une copinaute qui m’a parlé de ce roman anglais Histoire d’une mère qui traite d’un sujet qui concerne beaucoup de jeunes parents : la dépression post-partum (ou post-natale). Il était disponible pendant la Grosse OP Bragelonne, j’ai sauté le pas et me suis lancée dans la lecture aussitôt.

Jessica a véritablement tout pour être heureuse, et elle l’est : un mari aimant et attentionné avec qui elle rit beaucoup, de supers amis, une famille proche, une belle maison, un métier qui la passionne… Lorsqu’elle tombe enceinte un peu plus tôt que prévu, elle pense que ce ne sera qu’un bonheur supplémentaire. Mais une fois l’enfant né, sa belle vie vole en éclats.

Elle se représentait sa tristesse comme quelque chose en elle, qui rampait dans ses veines et se logeait dans le moindre interstice.

Je suis très, très mitigée sur ce livre. Oui, c’est une bonne idée d’aborder ce sujet difficile sous la forme d’un roman. Cela peut permettre de sensibiliser à la question, de lever un tabou. Certains passages serrent vraiment le cœur et les effets de la dépression sont bien décrits. La structure narrative du récit permet aussi de garder le•a lecteur•rice intéressé•e : les chapitres débutent par le récit à la troisième personne du passé de Jessica et s’achèvent à la première personne, où elle raconte dans un journal où elle en est actuellement. Les deux récits se déroulent chronologiquement du passé vers le présent (le journal commence en 2012 et s’achève en 2015 il me semble) mais convergent vers le même point, vers le récit du drame. Jessica tourne autour dans son journal et s’en approche en cercles concentriques, jusqu’à ce que les deux récits se rejoignent et se complètent et qu’on comprenne en entier ce qu’il s’est passé.

Malgré ces bons points, j’ai relevé de nombreuses faiblesses. L’écriture déjà, au mieux banale, parfois vraiment insignifiante. Ensuite les personnages, que j’ai trouvé bien trop lisses au final, voire carrément antipathiques, à commencer par Matt, le mari de Jessica, qui pourrait recevoir la palme du sexisme ordinaire (quelle bonne idée de pousser sa femme à abandonner le travail de ses rêves pour « se consacrer à la maison et à notre famille » !). On tombe également dans les travers de nombreuses histoires et romances actuelles ; personnellement, il m’est très difficile de m’identifier à des personnages qui vivent dans une telle opulence. Ce n’est même plus crédible. Mais pour donner un air de véracité à tout ça, on va dire que la famille de Jessica est très modeste. Pardonnez-moi de ne pas être convaincue par la magnifique maison de ville pour un couple de 23 ans, la lune de miel à Majorque dans la maison de vacances des beaux-parents… Combien de gens dans la vraie vie ont ce genre de possibilité ? Et puis le début est très long. Il se passe un temps fou avant que le bébé n’arrive et que le sujet de fond soit abordé de front.

Sur le fond, le sujet de la dépression post-partum en lui-même, je le trouve seulement effleuré. Certes, l’autrice insiste bien sur ses effets dévastateurs, sur le mal-être intense de Jessica, sur le fait que cette maladie touche bien plus de personnes qu’on ne veut bien le croire… mais elle ne développe rien, alors qu’il y avait matière à ! Je pense par exemple au frère de Jessica ou au prénom de son bébé, ainsi qu’au déroulé de l’accouchement. Mais surtout, l’histoire racontée est bien trop extrême, exagérée même. Je ne dis pas que ce genre de cas n’existe pas, mais je ne vois pas bien comment une personne souffrant de DPP peut s’y retrouver au-delà des quelques passages décrivant avec justesse la sensation de vide et de douleur. Quel était le but ? Faire peur ? Ou au contraire exposer que même en ayant vécu le pire, on peut s’en sortir ? C’est très bateau tout ça et franchement c’est dommage.

En conclusion, Histoire d’une mère se lit facilement, le sujet abordé est important mais l’ensemble n’est pas réussi.

Parfois, c’était un soulagement de sangloter à voix haute, parce qu’il m’arrivait souvent de croire pleurer, alors qu’en réalité je ne faisais que regarder dans le vide, en pleurant à l’intérieur. C’était la pire sensation du monde.

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Une réflexion sur “A Mother’s Story – Amanda Prowse

  1. Dommage que cela ne soit pas mieux abordé (enfin apparemment puisque je n’ai pas lu le livre). Dans mon métier je suis confronté parfois à cette maladie. ce n’est pas évident surtout que les proches ne veulent pas toujours voir réalité. En général c’est « Tu es mère, tu dois être heureuse »… *Marie*

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